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Le ministre Jeetah attaqué par son propre camp
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Le ministre Jeetah attaqué par son propre camp
Le ministre de l?Industrie, Rajesh Jeetah, qui se retrouve sur le grill? De déjà-vu dans l?hémicycle. Mais hier, s?il a été malmené, c?est par les députés de son propre camp, le Parti travailliste. Lormesh Bundhoo, Chief whip, Suren Dayal et Yatin Varma ont tiré à boulets rouges sur Enterprise Mauritius (EM), entreprise d?Etat tombant sous la tutelle du ministre de l?Industrie.
La question de départ était pourtant plutôt anodine. Suren Dayal, souhaitait obtenir des informations sur EM, sur son actionnariat et son financement. Rajesh Jeetah, indique que le gouvernement finance EM à hauteur de Rs 71 millions par an et indique que l?entreprise compte en son sein, outre l?Etat qui est actionnaire majoritaire, deux institutions privées. Commence alors l?interrogatoire. «N?est-il pas paradoxal qu?un organisme qui s?occupe des petites et moyennes entreprises ne compte pas de représentant de ce secteur sur son conseil d?administration ?» demande Suren Dayal. Lormesh Bundhoo entre dans le jeu : «Le ministre est-il au courant que le nombre de membres du board est passé de 9 à 7 et que le quorum pour pouvoir tenir les réunions du conseil de cinq à quatre?» «Pas au courant», répond Rajesh Jeetah.
Yatin Varma estime pour sa part que le ministère n?a aucun contrôle sur l?entreprise et demande si c?est normal. «Le gouvernement a des membres qui siègent au sein du conseil d?administration», rétorque Rajesh Jeetah. Suren Dayal reprend : «Des sept directeurs, quatre proviennent du gouvernement. Le gouvernement est l?actionnaire principal. Le ministre sait-il que le président d?EM a décidé de manière unilatérale de modifier le nombre de membres pour avoir un quorum afin de pouvoir diriger le board ?» Rajesh Jeetah demande à Suren Dayal de lui faire parvenir des informations à ce sujet, précisant que celles-ci seront examinées. Entre-temps, les députés de l?opposition, habitués eux-mêmes à s?en prendre au ministre de l?Industrie, assistent, plutôt étonnés à la scène.
Yatin Varma revient à la charge : «Le président d?EM s?immisce dans les affaires courantes de l?agence. En avril 2007, il a, lui-même, informé son conseil d?administration qu?il allait prendre la pleine responsabilité de la conduite de certains projets», allègue le député travailliste. «Mais il est plus au courant que moi», ironise alors Rajesh Jeetah.
Suren Dayal continue ses attaques sur le président d?EM, Amédée Darga. Et de demander au ministre si la bonne gouvernance et la transparence sont possibles quand «un président non exécutif annonce à son conseil d?administration qu?il prendra la pleine responsabilité du développement et de la mise en pratique de certains projets ?»
Rajesh Jeetah explique alors que c?est l?EM qui exécute certains projets de l?Empowerment Programme pour ce qui est des PME. Il ajoute qu?Amédée Darga, en sa qualité de président d?un sous-comité du Steering Committee de l?Empowerment Programme, doit veiller à la réalisation de certains programmes de l?Empowerment Programme. Le conseil d?administration d?EM aurait chargé Amédée Darga de la responsabilité de certains projets tombant dans le volet Empowerment Programme. Ces arguments ne satisfont pas les trois députés rouges.
A tel point que Rajesh Jeetah finira par déclarer : «Je vais demander une enquête pour voir ce qui se passe ici. Je trouve qu?il y a beaucoup de choses louches qui se déroulent en ce moment», en se tournant dans la direction du député Yatin Varma qui affiche un large sourire. Rajesh Bhagwan , secrétaire général du MMM, parvient à placer une question et demande si le ministre peut confirmer s?il était un ancien partenaire d?affaires d?Amédée Darga. Rajesh Jeetah reste assis et ne répond pas, tout en continuant à subir les foudres des députés rouges.
Suren Dayal dira ne pas être d?accord lorsque le ministre parle d?affaires louches. «Nous ne faisons que notre travail.» Rajesh Bhagwan insiste. Le ministre finira par concéder avoir «fait une étude avec lui il y a très longtemps pour le compte de la SADC (Southern African Development Community). C?est la SADC qui avait choisi ceux qui allaient faire ce travail.»
Pour Suren Dayal, seule une commission d?enquête permettrait de faire la lumière sur certaines zones d?ombres à Enterprise Mauritius. Une requête balayée d?un revers de main du ministre de l?Industrie.
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