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Le ministre Dulull mis hors de cause par la police
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Le ministre Dulull mis hors de cause par la police
Le ministre du Logement et des Terres, Asraf Dulull, peut souffler. La police n?a retenu aucune charge contre lui après l?avoir écouté pendant plus de six heures, hier. Il était interrogé après que le chargé des relations publiques de Bel Air Sugar Estate, Anil Nemchand, a soutenu qu?un homme d?affaires, Rafiq Peermamode, lui aurait demandé de l?argent pour faire avancer les dossiers de la propriété sucrière pour ses projets hôteliers et d?Integrated Resort Scheme (IRS) à Rivière-des-Anguilles.
Fatigué et passablement énervé, le ministre quitte le Central Criminal Investigation Department (CCID) vers 20 heures hier. Et il déclare triomphalement : ?Aucune charge n?est retenue contre moi.? Le ministre rappelle également que depuis 14 heures, il collabore entièrement avec la police pour le ?bon déroulement? de l?enquête.
L?interrogatoire, précise Asraf Dulull, était ?bien serré? et portait sur de nombreux aspects de l?affaire. ?Tout cela a été fait dans la transparence et en toute indépendance?, précise-t-il.
Ses hommes de loi, Mes Raouf Gulbul, Jacques Panglose, Panzany Rengasamy et Shawkat Oozeer font ensuite une longue déclaration aux journalistes. Point de presse auquel assistent les enquêteurs de la police.
Me Gulbul précise que son client ?est un homme libre?. ?Ceux qui croient dans les institutions du pays doivent accepter les conclusions de cette enquête?, dit-il.
L?autre avocat, Me Jacques Panglose, soutient que le ministre ?a réfuté toutes les allégations portées contre lui. Il n?y a pas eu d?allégation directe contre le ministre. Il y a eu seulement un double hearsay. Quelqu?un a dit qu?une autre personne lui a demandé pour quelqu?un d?autre. Les preuves sont très faibles. Pour nous, l?affaire est close?.
Raouf Gulbul souhaite pour sa part que le gouvernement légifère sur la question d?allégations car ?ni un juge ni un magistrat, ni un avocat, ni un policier, ni un ministre et ni même le Premier ministre n?est à l?abri d?allégations?. ?Ce n?est pas prudent d?agir sur la base d?allégations pour arrêter les gens?, ajoute-t-il.
Le ministre a été interrogé under warning alors que cette procédure avait fait l?objet de contestation de ses hommes de loi lors de sa première déposition, lundi. Dans la soirée, Me Gulbul fait ressortir que ?la police a décidé à un certain moment de lui donner l?avertissement d?usage avant de prendre sa déposition?. ?Nous aurions pu aller en Cour pour contester cette décision, mais puisque le ministre n?a rien à se reprocher, il nous a donné des instructions de ne pas le faire. Et qu?il allait accepter de répondre aux questions under warning pour ne pas retarder l?enquête?, confie Me Gulbul.
Anil Nemchand, celui par qui tout a commencé, paraissait hier assez déçu par la tournure des événements. ?En quelle capacité, Rafiq Peermamode, a-t-il donc discuté des projets de la société Bel Air ?? s?interroge-t-il.
Retour sur l?interrogatoire du ministre hier. A son arrivée aux Casernes centrales, Asraf Dulull, est tout souriant. Il est accompagné d?un de ses hommes de loi, Me Shawkat Oozeer. Il est clair à ce moment-là que cette fois, il ne compte pas résister aux enquêteurs. Aux journalistes, il lance : ?Je vais collaborer pleinement pour faire avancer l?enquête.?
Visite matinale sur le site de Bel Air S.E.
Quelques minutes plus tard, son avoué, Me Rengasamy et Me Jacques Panglose, le rejoignent au bureau des enquêteurs. Me Gulbul arrive vers 15 heures.
Répondant aux enquêteurs sur ses liens avec l?homme d?affaires Rafiq Peermamode, le ministre dit le connaître en sa capacité de concessionnaire de voitures Subaru. Asraf Dulull affirme qu?il n?est pas au courant que ce dernier discutait avec Bel Air Sugar Estate sur les dossiers d?hôtels et d?IRS.
Interrogé sur la visite très matinale sur les sites des projets le 17 novembre 2005, Asraf Dulull soutient que c?est l?heure qui était la plus convenable à tout le monde. S?agissant du dîner à la résidence du frère de Rafiq Peermamode, il dit avoir été invité tout comme plusieurs personnes et qu?il n?a pas soulevé la question des projets IRS avec d?autres personnes présentes.
Un des points forts de l?interrogatoire : la rencontre du 29 décembre entre le ministre, l?homme d?affaires et le directeur de Bel Air Sugar Estate, Patrick Rountree. Il indique aux enquêteurs que Rafiq Peermamode à travers la secrétaire du ministre, avait fixé un rendez-vous pour Patrick Rountree, avec qui l?homme d?affaires entretenait de bonnes relations. Le ministre déclare aux limiers du CCID que c?est Patrick Rountree qui s?est fait accompagner de Rafiq Peermamode. Le ministre Dulull précise également qu?une décision du Fast Track Committee est toujours attendue sur les dossiers de la propriété sucrière.
?Il n?est pas arrêté?
Entre-temps, les spéculations vont bon train aux Casernes centrales. Même l?heure tardive du départ du commissaire de police laisse imaginer un pire scénario. Vers 17 h 40, quand trois des avocats du ministre, se dirigent vers leur voiture, la tension est palpable. Me Jacques Panglose rassure cependant : ?Il n?est pas arrêté.? Me Raouf Gulbul veut, lui, faire durer le suspense et affiche une mine mystérieuse.
A leur retour, ils ramènent des documents. A ce moment-là, les hommes de loi sont moins discrets. Raouf Gulbul demande d?attendre patiemment le dénouement en soutenant néanmoins que son client n?a rien à cacher aux enquêteurs. Me Jacques Panglose, optimiste, affirme : ?Nous allons sortir tous ensemble et il ne faut pas s?attendre à quelque chose de désagréable. Le ministre a la conscience claire et a agi comme quelqu?un de digne et d?honorable.?
Les avocats reviendront vers 19 heures 10 pour informer qu?une déclaration formelle aura lieu 45 minutes plus tard. Le suspense dure toujours jusqu?à ce que le ministre descende les marches des bureaux de la CCID. Seul. Ses avocats le suivent à distance. Une bataille de gagnée pour Asraf Dulull. Mais alors qu?il affichait jusqu?ici le sourire, il est visiblement tendu à sa sortie des bureaux des enquêteurs.
Et si le volet de l?interrogatoire concernant Asraf Dulull est complété, il reste d?autres aspects des allégations de Nemchand à éclaircir. La police poursuit son enquête.
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