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Le marché du lait en difficulté

24 janvier 2005, 20:00

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Les prix flambent sur le marché mondial et les risques de pénurie sont réelles. Le marché du lait est en pleine difficulté. Déjà, dans les rayons des hypermarchés, le lait en poudre a encaissé une hausse de 10 à 15 %. Et certaines marques de lait très prisées telles Red Cow, Twin Cow qui auparavant étaient à Rs 100 le sachet d?un kilo, se vendent désormais à Rs 116, voire plus. Cette hausse pourrait ainsi se répercuter sur d?autres produits laitiers dont le yaourt, le fromage ou encore les glaces.

Mais à en croire des commerçants, le pire reste à venir. Ces derniers s?attendent à une deuxième hausse de l?ordre de 10 % à 15 % pour le lait en poudre. Paul Ah Lim, représentant des marques Red Cow, Farmland et Anchor confirme : ?2005 sera une année difficile pour le lait à Maurice comme à travers le monde. Les prix vont flamber et les risques de pénurie sont réelles.? La cause ? Selon Paul Ah Lim, deux facteurs expliquent cette instabilité. Il y a d?abord le fait que les deux gros producteurs de lait au monde, l?Australie et la Nouvelle-Zélande, ont connu depuis ces trois dernières années des problèmes de sécheresse. Conséquence : les vastes pâturages s?en sont trouvés appauvris et les vaches ont eu un rendement nettement inférieur.

Hausse des devises

D?autre part, la Chine qui auparavant n?était pas un gros consommateur de lait, se tourne maintenant vers ce produit. Et le pays du dragon affectionne particulièrement celui de l?Australie, son prix étant compétitif et son produit, de qualité. Les Etats-Unis, pour leur part, importent de plus en plus du lait de l?Australie et de la Nouvelle-Zélande pour fabriquer des fromages et d?autres produits à base de lait. Un marché qui est d?ailleurs très lucratif au pays de l?oncle Sam.

Mubarak Sooltangos, directeur de Happy World dont l?entreprise commercialise le lait Twin Cow, explique pour sa part que le fait que les produits laitiers en provenance de l?Union européenne ne soient plus subventionnés est venu compliquer les choses. Et avec l?euro qui grimpe, les produits laitiers en provenance d?Europe deviennent hors de portée pour des Mauriciens au bas de l?échelle de même que pour ceux de la classe moyenne.

Le directeur de Happy World est ainsi d?avis que les risques de pénurie de lait en poudre ?pourraient se faire sentir cette année sur le marché local même si le pays dispose de plusieurs mois de stock?. Il a aussi souligné que cette hausse des prix du lait se répercutera directement sur des produits tels que le yaourt, le fromage, et les glaces qui coûteront inévitablement plus cher.

La situation pourrait toutefois s?inverser, explique-t-il, si la pluie commence à tomber au mois d?août et de septembre dans des régions spécifiques en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Les données ont donc bien changé après la guerre des prix autour de laquelle les Mauriciens ont tiré beaucoup de profits ces dernières années. D?ailleurs, face à la concurrence, plus particulièrement australienne, la marque Everyday, qui a été numéro un sur le marché local pendant plusieurs années, a disparu des rayons des supermarchés et hypermarchés depuis quelques mois. Car alors que plusieurs marques importaient du lait en sacs de 25 kg mis en sachet par la suite, Everyday était de son côté importé dans son sachet original d?un kilo. Ce qui le défavorisait déjà par rapport aux autres marques au niveau du prix.

?On ne pouvait plus continuer à vendre à perte. Au rythme où vont les choses, les prix du lait en poudre vont continuer à augmenter. On ne sera plus compétitif?, explique Gilbert Kishtoo, directeur commercial de la firme Nestlé Products Ltd de Riche-Terre. Ce dernier précise également que la décision finale a été prise par l?antenne de Nestlé basée en Afrique du Sud. Une décision également motivée par le fait que le rand sud-africain a connu une hausse d?au moins 40 % en quelques années.

Toutefois en dépit de ces secousses, le marché reste très lucratif. Il brasse chaque année près d?un milliard de roupies à Maurice avec 9 000 tonnes de lait soit 85 % de lait en poudre et le reste en lait condensé et le lait liquide en brique consommé annuellement. Et Maurice n?est pas auto-suffisant en lait et dépend totalement de l?importation...

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