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Le livre unificateur?

14 juin 2006, 00:00

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Les livres ont, dit-on, un parfum. Les effluves du papier, flottant à Port-Mathurin le week-end dernier ont attiré des milliers de personnes lors de la Journée mondiale du livre. Il n?y a pas d?âge ou de problème de couche sociale pour s?adonner à la lecture.

Les livres sont unificateurs : ils ont pu réunir des enfants, des adolescents, des adultes, des ménagères et des fonctionnaires sous le même chapiteau. Ils ont frappé encore plus fort. Ces assemblages de papier imprimé ont été l?occasion d?un aparté entre Nicolas Von Mally, député de l?Assemblée nationale du Mouvement rodriguais et Lélio Roussety, commissaire de l?Assemblée régionale, un adversaire politique. Chose très rare à Rodrigues. Ce brin de causette tournait-il autour des livres ?

Oublions pour une fois la politique pour revenir sur les vedettes du jour. Ils attirent les regards. Tout le monde regarde leurs beaux habits. Leur couverture. On les touche. D?autres les feuillètent. Le froissement du papier couvre les commentaires sur le contenu de chaque publication. Pas besoin de marchander. Les ouvrages sont déjà au rabais. Il y en a pour toutes les bourses. Pas étonnant qu?on se bouscule. Les éditeurs mauriciens ayant fait le déplacement trouvent à peine le temps pour s?adresser aux journalistes.

Les enfants se ruent sur les livres pour le coloriage et les bandes dessinées. Laval Ng, bédéiste ne sait plus où mettre la tête. Il doit tantôt dédicacer ses ?uvres et tantôt répondre aux multiples questions des enfants. Aurélie Leconte, responsable de la branche de l?Alliance française de fait un constat rapide à quelques heures de l?ouverture de ce rendez-vous littéraire. Les stocks s?épuiseront sous peu. La demande est trop grande. Priorité sera donc donnée aux Rodriguais alors que les touristes pouront acheter les BD de Laval Ng à Maurice.

Les livres occasionnent aussi des disputes constructives entre père et fils. ?Tu ne veux pas acheter ce livre pour moi papa ? ? demande un enfant de quatre ans à son père. Celui lui répond : ?Non, j?en ai acheté deux pour toi et j?ai plus de sous.? Alors le petit garçon, malin comme tout, lui montre le billet de Rs 100 qu?il tient dans la main. Mais il ne cédera pas car il veut lui aussi avoir son livre. Ce sera probablement un roman policier ou un magazine de bricolage. En tout cas ce sera une publication rare au pays comme le magazine d?informatique que cherche Joseph Pierre-Louis. L?objectif semble être atteint. A la fin de la journée, quelques boîtes de carton vides traînent dans le coin. ?Vivement la prochaine édition?, déclare Mahmah Mitoo, des Editions Le Printemps.

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