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Le lait fait des vagues
Réaction mercantile ou légitime lever de boucliers contre l?arbitraire ? Trop content de voir son budget pour le lait rétrécir significativement, le consommateur se soucie peu des états d?âmes des importateurs. Imperturbable, le ministre du Commerce Rajesh Jeetah, lui, soutient que la baisse dans la marge de profit des importateurs est amplement justifiée.
Le gouvernement a entériné vendredi jusqu?à 41 % de baisse dans les prix du lait en poudre. Désormais, la livre de lait coûtera entre Rs 40.27 et Rs 50 et le kilo entre Rs 81.15 et Rs 100. Ceci est la conséquence directe d?une baisse dans la marge de profit des importateurs, de 41 % à 14 %.
La décision braque les importateurs. Ils estiment que le ministre Jeetah n?a pas tenu compte des réalités du marché, à savoir, 90 % du lait consommé localement est importé en vrac et est ensaché localement. Cela ajoute aux traditionnels coûts de stockage et de marketing, dont la marge de 6 % revient aux détaillants. Le commerçant affirme devoir compter jusqu?à 16 % de plus sur le prix à l?importation pour rentrer dans ses frais. A l?évidence, la marge de 14 % autorisée par le gouvernement ne suffit pas.
« Je m?élève contre le principe. Le ministre ne nous a pas consultés. L?aurait-il fait, nous aurions pu nous entendre et dégager un compromis », commente Gilbert Kishtoo de Nestlé. Mais cette dernière est la moins touchée par la baisse puisqu?elle importe du lait déjà emballé.
<B>« Qu?on ne me parle pas de pénurie »
La réponse de Rajesh Jeetah ne se fait pas attendre. Cinglant, le ministre affirme avoir amplement consulté tous les acteurs concernés avant de prendre sa décision. « Nous y avons mis deux semaines. Il n?y a aucune ambiguïté. Nous avons étudié la situation dans tous les angles possibles. La baisse de prix est largement justifiée. »
La sortie en règle des importateurs était prévisible. Le ministre ne bronche pas et laisse faire le temps. Il est confiant que tout finira par rentrer dans l?ordre quand les commerçants verront qu?il n?a aucune intention de revenir sur sa décision. Il affirme s?être donné tous les moyens pour parer à un éventuel durcissement de la part des importateurs.
« Il y a actuellement suffisamment de lait en stock, de quoi alimenter le pays pendant deux mois. Qu?on ne s?avise pas de me parler de pénurie ! La loi est sévère contre ce type de délit. » La mise en garde est claire. Un commerçant risque trois ans de prison et Rs 100 000 d?amende s?il est pris pour création de pénurie artificielle.
S?agissant du moyen terme, il n?est pas à écarter que l?Etat intervienne si les importateurs restent hostiles. La State Trading Corporation affûte ses armes.
« Nous sommes obligés d?agir. Il est inconcevable que la fourniture d?une commodité essentielle comme le lait soit contrôlée à 90 % par un cartel. Quelque 70 000 salariés ne gagnent pas plus de Rs 5 000. Eux plus que quiconque avaient besoin d?être protégés », s?explique Rajesh Jeetah.
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