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Le JEC : «Plusieurs secteurs de l?économie sont menacés»

10 octobre 2008, 00:00

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Pour Raj Makoond et Gérard Garrioch, respectivement directeur et président du Joint Economic Council, en termes d?économie réelle, le textile, le tourisme, le sucre et l?offshore pourraient ressentir les secousses de la crise financière.

Seuls les secteurs des technologies de l?information et de la technologie et l?externalisation seraient les moins exposés. Tel est le diagnostic du Joint Economic Council (JEC) sur les incidences de la crise financière internationale sur l?économie mauricienne. C?était lors d?une conférence de presse dont le thème est Global financial crisis and its impact on the economy of Mauritius.

En termes d?économie réelle, la baisse de la croissance au plan mondial qu?entraînera la crise affectera nos marchés d?exportation les plus importants. «Les marchés touristiques, notamment les USA, la France, le Royaume Uni, et l?Allemagne seront affectés. Les derniers mois de l?année et toute l?année 2009 seront des moments difficiles pour notre secteur du tourisme et celui des exportations textiles», selon les deux intervenants. Ils ajoutent que le secteur du sucre, déjà sujet à des baisses substantielles de prix, «sera lui aussi en difficulté». En ce qui concerne le secteur de l?offshore, le JEC estime «que ses potentiels de croissance pourraient aussi être affectés, si la baisse des performances économiques et financières se prolongeait». En revanche, le secteur de la technologie de l?Information et de la communication et celui de l?externalisation «sont supposés maintenir leur trajectoire positif actuel».

Après les USA et l?Europe, le marasme économique qui s?infiltre maintenant dans les places financières asiatiques continue ses méfaits, malgré le plan de sauvetage américain et les diverses mesures prises ça et là.

Le plus dur reste à venir, selon les orateurs. «Tous les indicateurs pointent vers la persistance d?une crise financière mondiale, avec des risques élevés d?une récession longue et encore plus abrupte. Cette situation déclenchera la baisse de la performance de l?économie mondiale, comme l?a déjà souligné le Fonds monétaire international.»

«Aucun risque»</B>

Le JEC estime que les turbulences observées sur les principales places boursières internationales ainsi que les risques de faillite dans certaines banques à l?étranger n?ont cessé de s?accentuer. «La peur d?une récession globale est de plus en plus réelle. L?instabilité sur les marchés financiers à l?international et ses impacts sur les devises principales des partenaires commerciaux de Maurice sont à redouter. Cette situation appelle des actions fortes et concertées au niveau des acteurs des différents secteurs pour protéger l?emploi et l?investissement dans un contexte de stabilité des prix», a suggéré le président du JEC, Gérard Garrioch. Le JEC reconnaît cependant que le secteur bancaire est épargné par la crise financière. Il estime, en effet, que les banques locales continuent d?être bien régulées, avec le ratio des prêts par rapport aux dépôts des clients avoisinant 70 à 75%. Leurs bilans affichent une bonne santé et par conséquent, «le système financier dans le pays est assez élastique et n?est soumis, pour le moment, à aucun risque», d?après le directeur du JEC, Raj Makoond.

Les deux intervenants ont fait part à la presse des propositions du JEC, lors de sa réunion spéciale, tenue quelques jours plus tôt (le 6 octobre) sur l?impact possible de la crise sur Maurice. L?une des mesures serait de maintenir à un niveau stable, le taux des investissements, particulièrement ceux venant de l?étranger.

«Diversification de la base économique» </B>

Pour ce faire il faudrait, par exemple, hâter la mise en application du Business Facilitation Act afin de rendre encore plus attrayant l?environnement des affaires dans le pays. La construction d?infrastructures routière, portuaire, aéroportuaire et des améliorations sur le plan des télécommunications sont à envisager.

Les autres propositions faites par Raj Makoond et Gérard Garrioch, au nom du JEC, sont notamment l?accélération des réformes au niveau économique et la poursuite des opérations de diversification de notre base économique. Ils souhaitent également que la vitesse de croissance économique soit soutenue au cours de l?année prochaine. De toute façon, selon les deux intervenants, le JEC et les autorités gouvernementales se concertent sur les dispositions à prendre pour alléger les incidences de cette crise sur l?économie mauricienne.

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