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Le Japon : Opportunité fragile ?
La Bourse de Tokyo, avec une baisse depuis début avril supérieure à 20 %, a subi l?intense volatilité qui caractérise maintenant les marchés financiers. Pourtant, les conditions économiques semblaient en net progrès et la majorité des observateurs pensait, depuis un an, que le Japon était en train d?opérer une reprise durable, après tant de vains espoirs depuis 1992.
Les dernières statistiques macro-économiques paraissent attractives : le taux de croissance tourne autour de 3,4 % et le taux de chômage n?est que de 4,7 %. Les ventes de détails sont aussi en hausse, ce qui constitue, pour le Japon, la plus encourageante de toutes les statistiques : le Japon a été en situation de déflation de façon quasi-continue au cours des dix dernières années.
Cette situation a conduit à la banqueroute du système bancaire, la valeur des actifs ayant régulièrement diminué et, dans la majorité des cas, cette baisse a englouti les réserves des institutions financières.
Pendant les années de dépression, les exportations japonaises et les politiques libérales des différents gouvernements ont atténué les effets conjugués des faillites d?entreprises et de la chute de la consommation des ménages.
Plus récemment, la production industrielle et les commandes de biens d?équipements ont subi un coup d?arrêt, contrairement à leur progression importante en 2003. Généralement, il semble que les investisseurs considèrent depuis six semaines que le destin du Japon se trouve entre les mains de la Chine et des Etats-Unis.
Les baisses de la croissance chinoise et de la consommation américaine semblent considérées par les marchés comme des événements dramatiques, probablement parce que les investisseurs ont connu tellement de déceptions au cours de la dernière décennie que la moindre inquiétude se transforme en panique, d?où l?extraordinaire volatilité du marché japonais.
Si nous essayons d?analyser le Japon plus froidement, plusieurs signes sont très encourageants : la consommation repart, tout comme le secteur de la construction, les heures supplémentaires augmentent (au Japon, culturellement, on ne licencie pas mais, en contrepartie, les chefs d?entreprises réfléchissent deux fois avant d?employer) et les profits des entreprises sont actuellement en hausse.
Un yen autour de 114 dollars a toutes les chances d?être favorable pour les exportations japonaises. Une reprise à long-terme de la Bourse est dépendante à la fois du contexte international, particulièrement asiatique, mais aussi de la capacité du Japon à remettre en ordre son système financier. Le Japon est tout simplement un pays trop important pour être ignoré. Après dix ans de crise majeure, les baisses récentes constituent peut-être des opportunités d?achat pour les institutions conscientes des risques qu?elles encourent.
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