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Le groupe Ciel Textile renoue avec la rentabilité

21 octobre 2004, 20:00

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Une autre bonne nouvelle pour l’industrie du textile-habillement. Après l’obtention de la dérogation pour l’importation du tissu sous l’Africa Growth and Opportunity Act, voilà que le groupe Ciel Textile est de nouveau rentable. Un développement positif qui est le bienvenu dans la conjoncture morose.

Avec près de 10 000 employés, Ciel Textile est le plus grand employeur du textile où il a valeur de symbole. “Cela devrait faire du bien au moral de l’industrie”, commente Arnaud Dalais, président du conseil d’administration du groupe.

Ciel Textile a effectivement renoué avec la rentabilité. Après des pertes de Rs 200 millions en 2003, Ciel Textile a enregistré un bénéfice net attribuable de Rs 300 millions pour l’exercice se terminant à juin 2004. Ce résultat a été réalisé sur un chiffre d’affaires en hausse passant de Rs 3,8 milliards à Rs 4 milliards. Les profits opérationnels pour l’année 2004 se sont élevés à Rs 250 millions.

Le groupe a bénéficié d’un revenu exceptionnel – exceptional item – de Rs 50 millions. La vente des magasins Harris Wilson l’année dernière a rapporté plus que prévu en termes de pas-de-porte. Le groupe a aussi racheté certaines dettes.

Plusieurs facteurs expliquent la bonne performance du groupe cette année et l’inversion de tendance après trois années consécutives de déficit.

“Le travail commencé pour redresser Ciel Textile à travers une restructuration initiée en 2002 porte ses fruits”, se réjouit Arnaud Dalais.

<B>Problèmes résolus</B>

Si la restructuration au niveau du management comme à celui des opérations industrielles a fini par s’avérer payante, l’appréciation de l’euro a aussi donné un coup de pouce non négligeable.

L’un des signes le plus évident du revirement réussi : Tropic Knits, le fabricant de t-shirts du groupe, a retrouvé sa rentabilité. L’année dernière la performance de Tropic Knits avait été décevante, faisant des pertes dans une filière qui avait le vent en poupe. Les problèmes opérationnels internes ont donc pu être résolus.

“C’est la plus grande satisfaction car cela fait deux années que Tropic Knits fait des pertes. Le revirement de la situation a beaucoup contribué au redressement du groupe en général. Nous avons fait des progrès et, ce qui est encore plus encourageant, c’est qu’il y a encore de la marge pour progresser davantage”, commente Harold Mayer, Chief Operating Officer, responsable de l’activité confection du groupe.

Au niveau de la chemise aussi Ciel Textile a de quoi être satisfaite. L’usine Aquarelle a été profitable. “Cela a été une très bonne année. Nous sommes le leader dans ce créneau et nous sommes commercialement bien positionnés avec des clients haut de gamme”, poursuit Harold Mayer.

Floréal Knitwear, le fabricant de pull a, lui, enregistré des pertes. Cette filière reste difficile car elle est à haute intensité de main-d’œuvre. La production d’un pull prend 80 minutes.

Une question de survie

“C’est sur la base de la perte de compétitivité de la compagnie que nous avions décidé en juillet de restructurer Floréal Knitwear. C’était une question de survie”, déclare Arnaud Dalais.

La fermeture de plusieurs sites éparpillés à travers l’île pour une concentration des activités sur quelques unités-clés porte d’ailleurs ses fruits. Un gain d’efficience de 10 % a été enregistré. Harold Mayer est confiant que Floréal Knitwear et Ferney Spinning Mills seront de nouveau rentables l’année prochaine.

Au niveau des activités textiles – filature et tissage – les résultats sont à l’image des activités de confection. Ferney Spinning Mills, le producteur de fil de laine, a souffert des difficultés de Floréal Knitwear. Au niveau de la Consolidated Fabrics Ltd, qui produit du tissu pour Aquarelle, les profits ont été une nouvelle fois au rendez-vous. Ce qui onfirme le redressement après des débuts laborieux, commente Eddy Yeung, Chief Operating Officer, responsable de l’activité textile. Consolidated Dyeing qui produit du tissu pour Tropic Knits a aussi bénéficié de la rentabilité retrouvée de cette dernière.

Le redressement de Ciel Textile le confirme. Sur le métier, il faut sans cesse remettre l’ouvrage.

REGIONALISATION

<B>Aquarelle met le cap sur l’Inde</B>

■ Ciel Textile croit toujours dans la régionalisation de ses activités. La bonne performance enregistrée cette année est en partie due à cette stratégie.

Petit à petit, Ciel Textile a effectivement relancé ses activités à Madagascar, malgré les pertes qu’il y a encourues. Floréal compte aujourd’hui 2 000 employés dans la Grande ile et Aquarelle, 800. Tropic Knits vient tout juste de redémarrer ses activités avec une ligne de production.

“Madagascar a contribué de manière significative aux résultats cette année et tel devrait être le cas l’année prochaine aussi”, commente Arnaud Dalais.

Ciel Textile franchira un autre pas dans sa stratégie régionale l’année prochaine. Aquarelle ouvrira une usine en Inde qui devrait être opérationnelle vers avril-mai 2005. L’objectif est d’y produire une gamme de chemises complémentaires à celle que l’entreprise produit localement.

Mais il s’agit également d’assurer une présence visible dans un pays qui attirera de plus en plus d’acheteurs à partir de l’année prochaine avec l’abolition des quotas.

“Il nous faut être là-bas pour servir nos clients qui y seront mais aussi pour créer des contacts. C’est cette interface qui compte. Après les chemises peuvent être produites en Inde ou à Maurice”, explique Harold Mayer.

Pour Arnaud Dalais, cette régionalisation est stratégique. “La réduction de la production textile à Maurice attire de moins en moins de clients. Ils ne se déplacent pas. C’est nous qui allons vers eux. En étant présents là où ils sont, nous contribuons à maintenir la visibilité de Maurice sur la carte du textile”, commente Arnaud Dalais.

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