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Le grand dénuement
par Raj Meetarbhan
Le bilan humain de la forte houle du week-end dernier est lourd. Un mort et cinq disparus. En outre, plusieurs habitants du littoral sud et ouest ont subi des dégâts matériels. Il faut tirer les leçons de ce drame afin de répondre au mieux à ces diverses catastrophes naturelles auxquelles notre île serait vulnérable avec le réchauffement global.
Les météorologues de la station de Vacoas doivent prendre le temps d?analyser leurs faiblesses. Ils ont été incapables de prévoir l?ampleur du phénomène. Même quand ils ont commencé à en parler, ils ont sous-estimé la force de la houle. Les prévisionnistes invoquent un manque d?équipements mais le problème est également au niveau de l?encadrement technique. Ils ne devraient pas avoir du mal à le reconnaître et à réfléchir à une solution.
Les données étaient disponibles, mais soit les prévisionnistes ne les ont pas consultées ou alors ils n?ont pas su les interpréter. A l?île s?ur, le service météorologique avait bien anticipé le phénomène. Notre confrère du ?Journal de l?île de la Réunion? rapporte le fait suivant : ?Comme ses collègues météorologues à la station Météo France du Chaudron, Jacques Ecormier, chef prévisionniste, a été d?autant moins surpris par la houle qu?il l?a vue arriver sur ses écrans bien avant qu?elle ne touche la côte réunionnaise? S?appuyant sur ?des modèles numériques performants, les prévisionnistes de la Réunion ont pris l?exacte dimension de la houle? bien avant qu?elle ne déferle sur leurs côtes. Il faut espérer que ce n?est pas un orgueil mal placé qui pousse Vacoas à refuser de communiquer avec la station du Chaudron pour échanger des informations.
Du reste, notre journaliste Bernard Saminaden révélait hier que les windsurfers professionnels étaient prévenus quatre jours à l?avance que des vagues de quatre à cinq mètres de haut allaient s?abattre sur les côtes sud et ouest de Maurice. Ils avaient obtenu ces renseignements sur le site www. windguru.com. Celui-ci est alimenté par des informations provenant d?un satellite américain. La station de Vacoas devrait apprendre à tirer parti des ressources d?Internet.
Il se pose ensuite la question de la diffusion de l?information aux autorités et au grand public. Si le système d?alerte n?a pas fonctionné samedi soir, les responsabilités sont multiples. Le président de la cellule de crise censée se réunir dès qu?une catastrophe survient est le premier agacé par le laxisme des autorités : ?J?ai été surpris d?apprendre, par le biais des informations à la radio qu?il y a eu des dégâts et des disparus en mer. Ni la météo, ni la police ne m?a mis au courant...? s?insurge Suresh Seeballuck.
Un prévisionniste déclarait hier que la station de Vacoas n?a pas de bouée pour mesurer la hauteur des vagues. La station est-elle dépourvue d?équipements au point où elle recommencera bientôt à compter les cafards pour prévoir la force des cyclones ?
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