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Le gouvernement refuse le gel des salaires ministériels

29 juillet 2003, 20:00

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La situation économique difficile ne justifie pas le gel de l?augmentation des salaires de nos élus. Par ces arguments, le gouvernement rejette avec véhémence la proposition du leader de l?opposition, Navin Ramgoolam.

Les députés ?et les ministres en particulier? méritent une augmentation de salaires et d?allocations, souligne Sir Anerood Jugnauth. Il intervenait lors des débats sur le National Assembly Allowances (Amendment) Bill, qui a été adopté. Pour cause de réformes, leurs responsabilités sont allées crescendo, explique le Premier ministre.

?La rémunération des ministres et députés devrait, tout comme celle des autres fonctionnaires, être revue régulièrement.? Les décideurs sont d?avis qu?un bon salaire est également le moyen de garantir un niveau d?intégrité. De toute façon, ?le gouvernement avait décidé d?appliquer les recommandations du Pay Research Bureau in toto?, ajoute Sir Anerood Jugnauth.

Indicateurs dans le rouge`

L?étalage de ces arguments n?a cependant pas convaincu l?opposition. Elle estime que tout en reconnaissant qu?il faut retenir et attirer des éléments compétents dans la fonction publique, les conditions salariales des élus doivent refléter un tant soit peu la réalité économique du pays.

?Les indicateurs sont dans le rouge. Le Premier ministre avoue lui-même que nous passons par des situations difficiles?, fait ressortir le leader de l?opposition.

La dernière révision salariale des élus avait eu lieu en 1998 lorsque les travaillistes étaient au pouvoir. ? A cette époque, la croissance économique était de 5,8 %. Pour 2002, elle était de 2,3 %. Le taux de chômage était alors que de 6 % contrairement aux 10,2 % d?aujourd?hui?, argue Navin Ramgoolam devant la moue désapprobatrice de Paul Bérenger.

?Certains ont toutes les difficultés à joindre les deux bouts. Ils souffrent des conséquences de l?état de l?économie. On ne peut nier la perception du public devant la hausse des salaires des élus.?

Selon le leader de l?opposition, le gouvernement doit donc geler l?augmentation pour donner un signal. ?Lorsque les conditions seront plus propices, elle pourra être revue.?

Mais les bancs de la majorité rejettent l?idée. Le Premier ministre a, de son côté, bien préparé sa parade. ?Naturellement les temps sont difficiles, mais si nous nous arrêtons sur le mood des gens, alors il ne devrait jamais y avoir d?augmentation. Il n?y aurait pas de PRB.?

Chiffres à l?appui, Sir Anerood Jugnauth a réfuté les dires de l?opposition. En 1998, le salaire du Premier ministre a connu une hausse de 82 % et celui des ministres, de 87, 6%. Accompagné des rires des députés de la majorité, le Premier ministre continue. ?Cette année-ci, la hausse est de seulement

38, 9 % pour le Premier ministre et de 41 % pour les ministres.? Et Navin Ramgoolam de secouer la tête et de dire que la situation n?était pas pareille à l?époque.

Le Premier ministre a aussi souligné que certains députés offrent une partie de leurs salaires à des parties tierces. ?Si l?opposition veut être plus généreuse, alors elle peut laisser ses allocations?, conclut-il.

Le President?s Emolument and Pension (Amendment) Bill a également été adopté par les parlementaires hier. Il concerne l?augmentation des salaires du président et du vice-président de la République.

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