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Le G4 propose un élargissement du Conseil de sécurité de l’Onu
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Le G4 propose un élargissement du Conseil de sécurité de l’Onu
L’Allemagne, le Brésil, l’Inde et le Japon ont donné, le coup d’envoi d’une grande partie diplomatique, qui débouchera peut-être sur un élargissement du Conseil de sécurité des Nations unies avec, à la clé, un nouveau siège permanent pour chacun d’eux. Ce groupe de quatre pays, surnommé le G4, a présenté un projet de résolution prévoyant l’élargissement du Conseil, principal organe de décision de l’Onu, qui passerait à 25 membres contre 15 actuellement.
Une telle mesure est du ressort de l’Assemblée générale et doit recueillir au moins les deux tiers des voix des 191 Etats membres. Réuni à la mission allemande auprès de l’Onu, le G4 a fait circuler ce texte auprès de pays amis, dont certains sont susceptibles d’apporter leur coparrainage, selon un diplomate d’un pays du G4. Il s’agit d’une première étape, destinée à tester le texte, avant de le soumettre au vote de l’Assemblée générale, dès que les quatre seront assurés d’un nombre suffisant de voix.
Il se contente de les attribuer par zone géographique : un nouveau siège permanent pour l’Amérique latine, deux pour l’Afrique, deux pour l’Asie, un pour l’Europe occidentale. Il prévoit de donner un nouveau siège non permanent à l’Afrique, un autre à l’Amérique latine, un à l’Asie et un dernier à l’Europe de l’Est. Il souhaite ainsi que la nouvelle majorité au Conseil élargi pour l’adoption d’une résolution sera de 14 voix sur 25, au lieu de 9 sur 15 actuellement.
Enfin, il revendique le droit de veto pour les futurs titulaires des nouveaux sièges permanents, au motif que “tous les membres permanents devraient avoir les mêmes responsabilités et les mêmes droits”. Mais, dans un texte explicatif annexé au projet, le G4 affirme que “la question du veto ne doit pas être une cause de blocage d’une réforme du Conseil”, signifiant par là que les quatre seraient prêts éventuellement à renoncer au droit de veto. Actuellement, le Conseil de sécurité compte cinq membres permanents dotés du droit de veto (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et dix non permanents élus pour des périodes de deux ans.
<B>Pression américaine</B>
Le New York Times avait affirmé, dimanche, que Washington avait averti le Japon, l’Inde, l’Allemagne et le Brésil que les Etats-Unis n’appuieraient pas leur démarche en vue de devenir membres permanents s’ils ne renonçaient pas au droit de veto.
Selon des diplomates cités par le journal, les Etats-Unis craignent que l’octroi d’un tel droit aux membres du G4 finisse par paralyser le Conseil. De leur côté, l’Italie, le Mexique, le Canada, la Corée du Sud et d’autres pays de taille moyenne sont partisans de sièges semi-permanents et ils font campagne contre les quatre candidats à des sièges permanents.
L’octroi d’un siège permanent à l’Allemagne ferait de l’Italie la seule grande nation d’Europe occidentale n’en disposant pas. L’Allemagne est le troisième contributeur au budget des Nations unies, après le Japon et les Etats-Unis. La proposition du G4 diffère légèrement de celle du secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, qui, dans ses propres recommandations de réforme, prévoyait un Conseil de sécurité à 24 membres, et non 25. La différence porte sur un seul siège non permanent, celui dévolu à l’Europe de l’Est.“Il s’agit d’un point de départ pour une réforme profonde de l’ONU”, a déclaré un diplomate du G4. “C’est un projet concret, sur lequel les délégations vont pouvoir travailler.”
Les “quatre”, qui font cause commune depuis septembre, avaient annoncé leur volonté d’aller de l’avant en vue d’un élargissement du Conseil, dans le court laps de temps qui reste avant le sommet mondial de septembre à New York, où ils espèrent voir la réforme entérinée. Ils ont adopté une stratégie en trois étapes, correspondant à trois projets de résolution, l’un sur le principe de l’élargissement, le deuxième qui identifiera les destinataires des nouveaux sièges et le troisième qui proposera un amendement à la Charte des Nations unies, point de passage obligé d’une telle réforme. Ils ont fixé un calendrier pour ces trois étapes : adoption de la première résolution en juin, élection des candidats aux nouveaux sièges permanents à la mi-juillet et amendement de la Charte deux semaines après.
<B>© 2005 Le Monde.fr AFP et Reuters-Distribué par The New York Times Syndicate</B>
TIMOR
<B>Djakarta juge inopportune une visite d’enquêteurs de l’Onu</B>
■ Le gouvernement indonésien a jugé hier “hors de propos” la venue d’enquêteurs de l’Onu chargés par Kofi Annan de faire la lumière sur les violences qui ont ensanglanté l’accession du Timor oriental à l’indépendance. Après 24 ans d’annexion indonésienne, la population de la partie anciennement portugaise de l’île s’était prononcée en 1999 pour l’indépendance à la faveur d’un référendum sous l’égide de l’Onu. Mais ce choix avait été suivi d’un défoulement de miliciens indonésiens qui s’étaient livrés, avec la complicité de l’armée de Djakarta, à des exactions, pillages et tueries, faisant, selon l’Onu, un millier de victimes. Le secrétaire général de l’Onu a dépêché à Dakarta et Dili plusieurs juristes pour entendre les versions de l’Indonésie et des autorités de Dili, provoquant l’irritation de Djakarta qui avait, dans un premier temps, refusé des visas d’entrée aux envoyés d’Annan. Le ministre indonésien de l’Information, Sofyan Djalil, a assuré que, du double point de vue du gouvernement de Djakarta et de celui de Dili, la visite des émissaires d’Annan, qui ont commencé à arriver mardi, était “hors de propos”, car les deux parties voulaient tourner la page. “Timor-Est et l’Indonésie sont convenus de considérer leurs relations comme plus importantes pour l’avenir que les problèmes du passé. Cette question n’est donc soulevée ni par l’Indonésie, ni par Timpor-Est”, a-t-il ajouté. Les deux parties ont, de fait, mis sur pied une commission Vérité et Amitié qui, pensaient-ils, auraient évité une enquête des Nations unies, qui ont administré le territoire entre le référendum de 1999 et son indépendance pleine et entière, en mai 2002. Mais cette commission, qui doit entamer ses travaux en août, n’aura pas pouvoir de châtier les coupable des exactions et saccages commis dans la foulée du référendum d’indépendance. Pour sa part, l’Indonésie a traduit 18 personnes devant des tribunaux spéciaux des droits de l’homme, mais la plupart ont été acquittées. Les Etats-Unis ont fait savoir qu’ils ne retabliraient pas des relations militaires complètes avec l’Indonésie tant qu’elle n’aurait pas rendu des comptes sur les violences de 1999 à Timor et si elle ne coopérait pas avec la commission d’enquête de l’Onu.
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