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Le génie constant

20 août 2005, 00:00

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Sa légende grandit encore et toujours. David Constantin, cheville ouvrière de Caméléon production, présentait hier son Bisanvil, un court-métrage de fiction de treize minutes au Centre Culturel Charles Beaulaire à Rose-Hill.

Au fil de ses réalisations, David Constantin conserve le don de nous faire voir les choses de l?intérieur. Il s?inspire des réalités de nos côtes, pour tailler sur mesure, des fictions relevées, avec un parfum de mauricianisme troublant. Il est la preuve que le cinéma mauricien mérite d?être soutenu. Mieux, qu?il mérite d?être reconnu.

Le court-métrage, genre dans lequel il excelle désormais, est devenu le nouvel eldorado du cinéma mauricien. «Le court-métrage est un genre cinématographique à part entière. Il est ce que la nouvelle est au roman et à la littérature, » explique-t-il lors du débat qui a suivi la présentation de trois de ses court-métrages : L?ami constant, ?uvre intimiste dédiée à feu son père, Serge Constantin,

Colas, l?apologie du savoir à travers le regard d?un pêcheur, et enfin Bisanvil, genre de road-movie.

La caméra de David Constantin, enrichit avec rigueur et constance, des ?uvres de fiction profondément ancrées dans la réalité mauricienne. Des scènes de vie ordinaire : la pirogue de Colas perdue au milieu d?une mer couleur azur, un voyage en bus dans lequel sont enfermés des personnages types.

Petits détails qui tuent

Le cinéaste capte des regards, des visages, des sons et une île Maurice plus vraie que nature. David Constantin a le goût des autres. Il décrypte avec une infinie précision, notre île Maurice de l?intérieur, avec ses réalités et ses contradictions.

Et que dire de l?Ami Constant, le documentaire que lui a inspiré feu son père ? «Oublie le détail et va à l?essentiel,» relate-t-il. L?essentiel, dans cette profusion de couleurs, ce sont les petits détails : le craquement du vieux bois du Théâtre du Plaza, la respiration de la ville de Port-Louis, le bruit du pinceau et du crayon sur la feuille. David Constantin, fait ainsi revivre la mémoire de son père, avec ces petits détails qui font un tout. Et quand défilent les diapos des ?uvres du père, que le fils chérit, l?hommage est poignant.

Si l?exploitation des courts-métrages de David Constantin ne se fait hélas que dans des festivals internationaux, il est dommage, qu?il faille patienter deux, voire trois ans, pour voir aboutir ses projets, faute de financement.

Aujourd?hui, le génie du cinéaste est arrivé à maturation. A quand le long-métrage ? «On y pense évidemment ! Après le court-métrage, le passage vers le long-métrage est tout tracé. On voudrait arriver au long-métrage, encore faut-il obtenir les soutiens nécessaires,» explique David Constantin. Et ce soutien ne viendra pas sans des structures précises et sans une réelle volonté étatique de voir un jour éclore le cinéma mauricien.

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