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Le fruit à pain s?exporte?
L?exportation des fruits et des légumes est en plein essor. Une nouvelle compagnie, Prestige International Limitée, créée il y a quelques mois, se lance dans ce secteur.
La compagnie, dont le siège est situé à Calebasses, est dirigée par Satish Ramruttun et Vikram Meghu. Ils ont tous deux une certaine expérience dans le créneau de l?exportation.
Les deux directeurs ont investi jusqu?ici environ Rs 2 millions et comptent, dans les mois à venir, aller de l?avant dans la construction d?un grand entrepôt et faire l?acquisition des appareils requis pour une chambre froide.
Letchis, fruits à pains et petits piments sont exportés vers l?Europe, principalement en France, en Angleterre et en Espagne. Si les deux investisseurs exportaient déjà des letchis vers Madagascar dans le passé, pour les fruits à pains, c?est une nouvelle expérience qu?ils tentent. Peu consommé à Maurice, le fruit à pain est un mets très prisé par des européens ressortissants d?origine asiatique qui les importent des pays d?Asie.
Malheureusement, selon Satish Ramruttun, ce fruit devient de plus en plus rare chez nous. Il est aujourd?hui peu cultivé et c?est le premier arbre fruitier qui tombe sous la hache quand on fait une construction dans sa cour. Certains le trouvent encombrant et le fruit à pain est rarement présent sur les étals dans les marchés.
L?arbre est pourtant généreux: il donne deux rapports par an, en été, (surtout pendant les mois cycloniques) et en hiver, entre juin et août). Un grand arbre peut rapporter jusqu?à 400 fruits.
Les fruits à pains sont achetés à Rs 10 pièce. Les acheteurs vont eux-mêmes les cueillir et les transportent chez eux. Donc, peu de frais pour le vendeur.
Les exportateurs visent aussi les letchis. Ayant une bonne expérience dans ce domaine, ils ont déjà des contacts avec des propriétaires de vergers. De plus, à Calebasses, Prestige Ltée se trouve près d?un des plus grands vergers de l?île.
Côté légumes, ce sont principalement les petits piments qu?elle exporte. Satish Ramruttun est confiant que, dans les années à venir, sa compagnie pourra exporter une plus grande variété de légumes.
La compagnie emploie cinq personnes en permanence mais elle a souvent besoin de main- d??uvre supplémentaire, parfois jusqu?à une cinquantaine de personnes. L?emballage des fruits et des légumes se fait à l?entreprise et c?est Ariva Logistic, compagnie transitaire, qui se charge de l?exportation. Satish Ramruttun et son ami ont comme principal objectif de faire Prestige devenir une des principales compagnies exportatrices de l?île. Toutefois, ils évoquent un obstacle : l?exigence de l?Union européenne pour que chaque propriétaire de vergers de letchis, soumette un certificat d?exportation, ce qui représente des frais additionnels pour eux. Une dépense supplémentaire pour la compagnie qui n?est pas sûre de pouvoir vendre ses fruits plus chers.
Satish Ramruttun souligne qu?il leur faudrait alors avoir l?avis d?un consultant, mais comme leur nombre dans ce domaine est restreint, il pourrait réclamer une somme allant jusqu?à Rs 30 000. De plus, ajoute-t-il, les propriétaires des vergers n?ont aucune garantie que des compagnies étrangères achèteront leurs fruits.
Il propose donc que le nombre de consultants dans ce domaine soit augmenté, ce qui pourrait réduire les coûts. Les compagnies exportatrices comme Prestige Ltée sont disposées à financer, en partie, les coûts des consultants quand ils seront sûrs d?obtenir des fruits pour l?exportation. Il souhaite que des pourparlers soient entamées au plus vite entre le ministère de l?Agriculture et l?Union européenne, pour ne pas pénaliser les propriétaires de vergers comme les exportateurs.
L?arbre à pain à bord du ?Bounty?
■ Le fruit à pain a joué un rôle prépondérant dans l?histoire de l?Angleterre. L?affaire du vaisseau ?The Bounty? qui cingla vers les îles du Pacifique en 1879 en témoigne. Son commandant, William Bligh, ayant découvert à Tahiti où le navire avait mouillé, les vertus culinaires de l?arbre à pain (?Artocarpus? de son nom scientifique), résolut d?en rapporter en Angleterre pour en cultiver sur une grande échelle. Mal lui en prit, car sur la route du retour, obsédé par son projet, il préféra priver son équipage d?eau pour arroser les plants d?arbre à pain. L?équipage, mené par son second, le lieutenant Fletcher Christian, se mutina et mit le capitaine Bligh et quelques marins qui lui étaient restés fidèles dans une chaloupe. ?Le Bounty? fila de nouveau vers Tahiti où les mutins se firent accompagner par des Tahitiennes avant de repartir vers une île qui ne figurait pas sur les cartes maritimes où ils s?installèrent. Le capitaine Bligh, lui, très bon marin, réussit à regagner l?Angleterre sain et sauf. Des descendants des mutinés du ?Bounty? vivent encore sur Pitcairn Island où ils ont défrayé la chronique il y a quelques années pour une affaire de m?urs.
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