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Le FMI serre la vis : Réductions prévues au budget

7 juin 2006, 20:00

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Le scénario 2005 revient. Le gouvernement est contraint, encore une fois, de réviser à la baisse le budget prévu pour cette année. Les recettes engrangées durant ces cinq premiers mois sont loin d’atteindre les prévisions du premier semestre de la loi de finances 2006.

Le taux de cette nouvelle amputation reste inconnu mais l’information a été confirmée mardi par Pierre Van Den Boogaerde, nouveau représentant résident du Fonds monétaire international (FMI) à Madagascar. Il a rencontré la presse pour la première fois depuis sa nomination, il y a trois mois.

“Les prévisions de la loi des finances 2006 sont trop ambitieuses. L’idée consiste à restaurer l’équilibre dans le budget entre les dépenses et les ressources”, souligne le responsable local du FMI. Cette mesure sera concrétisée par la proposition d’une loi de finances rectificative devant le Parlement, prévue dans la semaine à venir à travers le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget (Mefb).

<B>Causes multiples </B>

Les causes en sont multiples, à commencer par l’existence des impayés durant l’exercice de l’année dernière, un problème déjà soulevé par la mission d’évaluation conduite par Brian Ames au mois de mars.

Faute de moyens, le paiement de ces arriérés a dû attendre le premier trimestre de cette année. “L’État a engagé d’importantes dépenses durant les trois derniers mois de l’année 2005, ce qui a entraîné une forte tension sur le budget en cours”, affirme Pierre Van Den Boogaerde.

La baisse des importations, enregistrée durant ces cinq premiers mois, en est la deuxième cause. Cela a inévitablement influé sur les recettes douanières et donc sur l’approvisionnement des caisses de l’État.

“Le gouvernement a sous-évalué le phénomène de surstockage causé par les deux années de détaxation. En fait, l’importation de biens d’équipements a fortement chuté depuis le retour des taxes, de même que le volume d’importation de certains produits alimentaires, notamment le riz qui abonde déjà sur le marché local”, souligne le patron du FMI.

En outre, les aides budgétaires promises par les bailleurs de fonds ne sont par encore débloquées. Ce, pour diverses raisons, notamment par rapport à leur calendrier respectif et surtout à l’inexistence d’un programme avec le FMI. Ces financements sont attendus seulement au cours de ce deuxième semestre.

Face à cette situation, le représentant du FMI reste optimiste. “L’économie du pays n’est pas mauvaise du tout”, affirme-t-il. Et dans la foulée, Pierre Van Den Boogaerde annonce l’examen du dossier Madagascar par le conseil d’administration du FMI au mois de juillet prochain.

Logiquement, l’annonce de l’avènement d’un nouveau programme de fonds pour la réduction de la pauvreté et la croissance devrait s’ensuivre.

Quant à l’amélioration de la gestion publique, le représentant du FMI a souligné la nécessité d’un meilleur suivi de la chaîne de dépenses. Ce qui permettrait au Mefb d’être informé à temps de l’état réel des dépenses engagées.

<B>Mahefa RAKOTOMALALA</B> L’express de Madagascar</I>

<B>La Banque mondiale au chevet de l’eau et de l’électricité</B>

C’est presque acquis. La Banque mondiale va examiner le 13 juillet l’octroi de dix millions de dollars pour le plan de redressement de la Jirama. L’annonce a été faite mardi par le directeur des opérations James Bond au cours de son habituel petit-déjeuner avec les membres de la presse.

Au cours de la conférence des bailleurs des fonds à Paris, les partenaires financiers ont promis une aide substantielle de 125 millions de dollars à la Jirama. La Banque mondiale s’engage à hauteur de 30 millions de dollars à travers plusieurs projets.

Lors de la présentation des résolutions de la Task-force sur le scénario de l’après-contrat de gestion de la Jirama, l’adjointe de James Bond avait confirmé la disponibilité de la Banque mondiale à soutenir les efforts de redressement de la Jirama.

La même tonalité a été entendue du côté de l’Agence française de développement qui prendra sa décision au mois de septembre. Il s’agit donc d’une récompense au gouvernement, qui a accepté de faire avaler la pilule amère de la hausse des tarifs de l’eau et de l’électricité aux abonnés de la Jirama.

“Nous avons respecté nos engagements. Que chacun fasse de même”, déclarait le ministre de l’Economie, des Finances et du Budget, Benjamin Andriamparany Radavidson, à cette présentation des travaux de la Task-force. Ces 10 millions de dollars de la Banque mondiale serviront à assainir la situation financière de la Jirama dans un état catastrophique. La seconde phase de financement sera affectée aux investissements d’ordre technique.

<B>Éconciliation avec la BN</B>

Traitant un autre sujet brûlant de l’heure, James Bond a évoqué le cas du Fonds d’intervention pour le développement (FID). “L’audit en question relève de la compétence du gouvernement malgache et la Banque mondiale ne s’y mêle pas”, a-t-il précisé.

Le FID a toujours a été présenté comme une réussite parmi les projets de développement financés par la Banque mondiale. Il a été éclaboussé par le départ de son directeur général, David Rajaon.

James Bond rappelle au passage le rallonge de 18 millions de dollars d’allocation financière pour le FID. Ce qui témoigne, en quelque sorte, de l’efficacité de l’exécution de ce programme à vocation rurale par la construction d’écoles, de centres de santé de base, de routes et de marchés.

A l’évidence, James Bond tient un exposé de nature à ne pas éveiller les susceptibilités du président Marc Ravalomanana.

Celui-ci a pris en main la destinée de la Jirama et s’implique beaucoup sur les activités du FID. Ce qui constitue une espèce de réconciliation entre la Banque mondiale et l’administration Ravalomanana dont les relations ont été plus ou moins tendues ces derniers mois.

<B>Eric RANJALAHY</B> <I>L’express de Madagascar</I>

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