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Le FMI prévoit une meilleure croissance économique que l?Etat

10 mars 2008, 00:00

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8 % de croissance au lieu de 6 %. Cette évaluation représente l?estimation du taux de croissance du pays faite pour l?année en cours, par la mission du Fonds monétaire international (FMI) qui séjourne à Maurice. L?institution monétaire internationale procède, au titre de l?article IV de ses statuts, à une analyse approfondie de la situation économique et financière dans chacun des pays membres.

Au vu des données recueillies au cours des années précédentes, la mission du FMI, dirigée par Paul Mathieu, explique que cette hausse du taux d?expansion est essentiellement basée sur une augmentation inespérée des recettes fiscales de l?Etat et aussi sur l?évolution rapide du rythme de création d?emplois dans divers secteurs de l?économie.

Les revenus de l?Etat se sont considérablement accrus l?année dernière. D?ailleurs, la Mauritius Revenue Authority (MRA), pour sa première année d?opération, a réalisé une collecte de Rs 34,2 milliards au cours de l?exercice 2006-2007 contre Rs 31,8 milliards de l?exercice précédent (2005-2006), soit une croissance de près de 7,6 %.

Source de cette manne financière inattendue : un contexte de changements structurels du système fiscal mauricien. La réforme a essentiellement porté sur la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qui, à elle seule, a généré 45 % des recettes de l?année écoulée avec Rs 15,4 milliards. Quant à la rubrique «droits de régies» (excise duties) considérés comme étant au deuxième rang des sources de revenus fiscaux après la TVA, elle réalise au cours de la même année, environ sept milliards de roupies de recettes fiscales. Un accroissement des recettes de la TVA de 40 % par rapport aux revenus globaux de l?Etat en une période de quatre années a été observé, bien que le taux soit maintenu à 15 %. Cela découle principalement de la hausse des prix de produits importés, puisque la TVA est une taxe indirecte supportée par le consommateur final d?un bien ou d?un service donné.

Recettes douanières

De façon paradoxale, les recettes de l?Etat ont connu une augmentation sensible malgré le processus de démantèlement progressif des tarifs douaniers actuellement en cours. Selon des observateurs, la baisse graduelle des recettes douanières (une baisse de près de 50 % sur les taxes à l?import en quatre ans a ramené les recettes douanières à 2,1 milliards en 2006-2007) allait affecter les recettes générales de l?Etat qui suivraient, elles aussi, la même tendance en chute libre.

Plus de dix mille emplois ont été créés l?année précédente dans plusieurs secteurs de l?économie dont le tourisme et l?hôtellerie où au bas mot 3 000 nouveaux emplois sont prévus pour cette année. Le textile recrutera près de 2 000 personnes tandis que les technologies de l?information et de la communication recruteront près de 2 000 nouveaux employés. La construction ouvrira de son côté ses portes à 1 000 nouveaux employés, l?industrie du sea-food recrutera à peu près 1 000 personnes et les services financiers embaucheront, quant à eux, plus de 1 000 individus.

Jacques de Navacelle, président du Joint Economic Council, ne se dit pas surpris de l?évaluation du FMI, au vu de la multitude d?emplois créés en 2007 dans le pays et des perspectives de création de nouveaux emplois durant l?année en cours. «Beaucoup d?emplois ont été créés grâce aux nouveaux investissements qui ont été réalisés dans le pays. Les innombrables job fairs organisés par l?Empowerment Programme attirent beaucoup de monde et ont un grand succès, grâce à l?implication de l?Etat. Ce dernier apporte un financement partiel qui encourage les entreprises à prendre à l?essai plusieurs personnes qui, pour la plupart, arrivent à pouvoir s?insérer dans une entreprise», explique Jacques de Navacelle.

Nico PANOU

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