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Le flair pour saisir les opportunités
La grande classe question décor et le raffinement au niveau de la cuisine cantonaise. C?est ce qu?offre le restaurant Imperial China de Trianon qui a ouvert ses portes en début de semaine dernière. C?est dans cet univers chic de 500 couverts que Charles Li, 51 ans cette année, nous reçoit.
Cet autodidacte qui aime bien manger a de quoi être fier, de son parcours. Fils unique d?une famille de six enfants, il grandit dans la boutique familiale à Belle-Rose où son père Albert s?esquinte pour leur offrir une éducation de qualité que lui n?a pas eu la chance d?avoir. Après l?indépendance, Albert Li quitte Rose-Belle pour Port-Louis et emménage à la rue Royale. Il décide de changer son fusil d?épaule et de distribuer des objets de quincaillerie et des accessoires électriques. La boutique est rebaptisée Albert Trading Ltd.
C?est au collège du St Esprit que Charles effectue ses études secondaires jusqu?en Form V. Il ne va pas au-delà car il sent que son père ne serait pas opposé à un coup de main de sa part. Il n?a jamais regretté sa décision de n?avoir pas poussé plus loin les études. «A l?époque, le monde n?était pas aussi compétitif qu?aujourd?hui et les études supérieures n?étaient pas une obligation. De nos jours, c?est impératif.»
Son père lui laisse la responsabilité de développer les contacts avec les fournisseurs étrangers et pour lui faciliter la tâche, il organise pour lui son premier grand voyage d?affaires à Taïwan. Charles, qui n?a que 20 ans, est avide de connaissances. A son retour, il pense déjà à la modernisation mais en douceur. Il finit par transformer Albert Trading Ltd qui devient importateur-distributeur de luminaires et d?autres accessoires électriques plus sophistiqués.
Charles, qui n?a pas oublié ses rêves d?adolescent, saisit l?opportunité d?avoir son premier restaurant lorsqu?un emplacement lui est offert à la rue Léoville L?Homme, Port-Louis. Sur les conseils de Wilfrid Koon, expert-comptable qu?il considère comme son guru, il s?associe à un ami et les deux font venir un chef cantonais pour que les Mauriciens découvrent l?authentique cuisine cantonaise. C?est ainsi que le restaurant Dragon Palace ouvre ses portes. Son succès est quasi-instantané. Mais Charles, déjà bien pris par l?affaire familiale, n?a pas vraiment le temps de s?en occuper et au bout de quelques années, il le cède à d?autres.
Mais son désir d?être dans la restauration ne le quitte pas. Ami de John Saunde, ancien haut commissaire sud-africain à Maurice, il fait plaisir à ce dernier qui lui demande de recevoir des représentants de la franchise de la steak house Black Steers. Ces derniers veulent développer la marque à Maurice. Charles fait des arrangements pour que les Sud-Africains visitent le Caudan Waterfront qui est encore en construction. Lorsque ces derniers y sont, ils sont émerveillés par le site et surtout par le belvédère. Ils négocient pour un emplacement. Charles qui leur emboîte le pas est tout aussi séduit par les lieux. Et puis, c?est une façon de faire un de ses rêves d?adolescent se matérialiser. «Ils ont tout négocié, jusqu?au contrat de location. Je n?ai eu qu?à apposer ma signature en tant qu?investisseur au bas.»
Lorsque la steak house ouvre au Caudan Waterfront, le succès est également au rendez-vous. Charles l?explique par le fait qu?il a fait confiance à des professionnels du métier. Le restaurant qui fait 200 couverts ne désemplit pas et se taille une solide réputation auprès des Mauriciens. Le hic est qu?à un moment, ils doivent déménager. Charles réussit à trouver un emplacement au Port-Louis Waterfront. Peu de temps après ce réaménagement, Charles encaisse un coup dur : son manager le laisse tomber, entraînant avec lui 15 employés. «Du jour au lendemain, il fallait les remplacer. Même le plongeur était parti. C?était comme si que le restaurant avait été démembré. Ce fut un coup dur pour le business et le chiffre d?affaires s?en est ressenti.»
En outre, une petite partie de sa clientèle est réticente à délaisser le Caudan Waterfront pour le Port-Louis Waterfront. Même s?il reconnaît que c?est du snobisme, Charles est ouvert à la critique. «Ils ont trouvé qu?il n?y avait pas d?ascenseur. Que c?était moins joli. C?est une question de goût. J?aime la franchise et je sais encaisser les remarques.»
<I>«Imperial China s?adresse aux Mauriciens voulant découvrir une authentique cuisine cantonaise, aux propriétaires des villas IRS et aux Chinois qui viendront s?installer avec le développement de Tianli. C?est dans cette niche que nous voulons nous positionner.»</I>
Le partenariat qu?il a conclu avec Mike Ng, restaurateur et directeur de First Restaurant et du restaurant City Orient à Port-Louis, lui a fourni d?autres opportunités sur un plateau. En effet, leur compagnie baptisée Imperial Dragon Ltd a pu ouvrir en décembre dernier un deuxième Black Steers de taille plus modeste au complexe Pasadena à Flic-en-Flac et cette semaine le majestueux Imperial China à Trianon.
Et ce n?est qu?un début car dans un mois, les partenaires ouvriront un coffee lounge et un troisième Black Steers sur le même palier que le restaurant cantonais à Trianon. Charles ne craint pas que ces restaurants se court-circuitent. «Imperial China s?adresse aux Mauriciens voulant découvrir une authentique cuisine cantonaise, aux propriétaires des villas IRS et aux Chinois qui viendront s?installer avec le développement de Tianli. C?est dans cette niche que nous voulons nous positionner. La clientèle du Black Steers à Flic-en-Flac est plus touristique. Celle de Port-Louis est plus locale. Le Black Steers que nous ouvrirons dans un mois pourra intéresser les habitants des hautes Plaines-Wilhems.»
Charles, qui est marié à Patricia, qui l?épaule à Albert Trading Ltd, est heureux. «La restauration me donne l?occasion de m?amuser et d?améliorer nos prestations en permanence.» Il y a pris goût et est en quête d?autres occasions à saisir. «Je crois qu?il y a encore de la place pour rehausser la qualité.»
Et quid de son rêve de discothèque ? Ce membre fondateur de la Chambre de commerce chinoise qu?il a présidée en 2005 et 2006 pense que cela pourrait bien être du ressort de ses filles. Aurélie, son aînée, a pris de l?emploi à Londres après avoir complété ses études en business et Mélanie, sa cadette, s?apprête à aller étudier la décoration intérieure à New York. «Et puis, si la discothèque ne se matérialise pas, tant pis. Cela fait du bien de rêver .»
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