Publicité

Le feu détruit la campagne Larcher (Hôtel Oasis)

16 novembre 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Au début de novembre 1982, le feu détruit une des plus belles maisons créoles de Rose-Hill, la campagne Larcher. Située à la rue Malartic, elle possédait une des plus belles devantures vitrées de l?île. L?immeuble était connu pour être entièrement en teck. Au début du XXe siècle, cela était relativement courant. Il abrite, par la suite, l?Ecole d?Administration publique de l?université de Maurice, alors naissante. Celle-ci s?installe plus tard au Réduit, autour du Collège d?Agriculture. La campagne Larcher se transforme alors en hôtel Oasis avec restaurant et caves disco. Les gérants et directeurs sont MM. Anil et Chand Sookhee. L?emplacement est occupé, en 2007, par un lieu de culte chrétien, flambant neuf, ne manquant guère de splendeur, même s?il peine à retrouver la prééminence qui fut, jadis, celle de la campagne Louis Larcher.

Le feu y éclate le samedi 6 novembre 1982 à 22 heures, alors que quelques clients se trouvent au restaurant et dans le night-club. Sur les lieux du drame, on attribue le sinistre à un court-circuit, en attendant les conclusions du Forensic Office de la police. Ce court-circuit aurait pris naissance dans la chambre No 5, située au-dessus de la discothèque. Les propriétaires ne sont guère satisfaits de la performance des sapeurs-pompiers de Quatre-Bornes. Ils parviennent sur les lieux du sinistre avec un retard difficilement justifiable. Ils seront rejoints, par la suite, par ceux de Curepipe. La pression d?eau est insuffisante. N?était le courage de quelques témoins particulièrement entreprenants, le feu se serait communiqué à une maison voisine. Les proprios de l?hôtel Oasis déplorent aussi des actes de pillage. Au fur et à mesure que des objets de valeur sont retirés de la maison en flammes, des petits malins les font passer par-dessus une muraille où d?autres petits malins les réceptionnent et les font disparaître dans la nature. Anil Sookhee s?interpose. Il en est quitte pour une vilaine blessure à l??il gauche.

Le bilan du sinistre est particulièrement attristant : sont totalement détruits quinze chambres, deux salles à manger de 200 couverts, le mobilier complet, les appareils électroménagers, deux bars, les équipements acoustiques et d?éclairage de la discothèque. Il ne s?agit que d?un bilan provisoire. Au moment du sinistre, l?hôtel Oasis accueille quelques touristes russes. Il attendait un nombre important de visiteurs pour le mois de décembre. D?importants investissements partent ainsi en flammes, pour ne rien dire de la perte inestimable d?une des plus belles maisons créoles de notre patrimoine architectural.

Un malheur venant rarement seul, on enregistre un autre drame, cette fois-ci de la mer, en ce premier week-end de novembre 1982. Il coûte la vie au pêcheur et père de famille Gilmée Joson et à ses deux fils, Michel et Franck. Leur cousin, Noël Joson, témoin oculaire ou presque, raconte. En ce samedi matin, il prend la mer vers sept heures. Un Allemand et deux Français l?accompagnent. La mer entre le Cap plus Malheureux que jamais et le Coin de Mire n?est pas particulièrement agitée. On ne peut jamais exclure cependant une houle plus forte que les autres au milieu du Canal Charpentier. Ils aperçoivent au loin la pirogue de Gilmée Joson et de ses fils.

Noël Joson attribue, à son passager allemand, la chance d?avoir découvert la pirogue en détresse de son cousin. A six reprises, celui-ci lui indique la direction de la... « montagne » (comprenez le Coin de Mire). Par six fois, Noël Joson n?y voit rien d?anormal. L?insistance allemande l?intrigue toutefois. Il finit par apercevoir, entre deux houles, la pirogue chavirée de Gilmée Joson. Avec l?aide de ses passagers, il parvient à la remettre à flot et à écoper l?eau qui s?y trouve. Il retrouvera aussi le corps de Gilmée et de son fils Michel. Celui de France demeure introuvable.

Publicité