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Le fantôme de Lady Di hante le prince Charles

9 janvier 2004, 20:00

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Costume et cravate noirs, comme la tribune ou la tenture dressée sur le mur. Pour ouvrir son enquête sur la mort de Diana, la première sur le sol anglais, l?officier de justice Michael Burgess a choisi comme décor la pénombre d?une salle de conférence située en face de l?abbaye de Westminster.

Le coroner promet pourtant de faire la lumière sur les circonstances d?un drame vieux de plus de six ans. Une tâche indispensable face à la persistance des rumeurs de meurtres de Lady Di et de son amant, Dodi al-Fayed.

«Je sais qu?il existe des spéculations selon lesquelles ces décès ne résultent pas d?un triste mais relativement banal accident de la route à Paris», reconnaît Michael Burgess dans son bref discours introductif. Une hypothèse qu?il n?écarte pas d?emblée.

«J?ai demandé à la police métropolitaine de Londres de faire des recherches, annonce-t-il. Le résultat aidera à déterminer si de telles questions entrent dans le cadre de l?enquête». Mais d?ajouter : «Je dois séparer les faits de la fiction. Conjectures et nouvelles de caractère spéculatif ne constituent pas en elles-mêmes des preuves.»

Car les théories du complot font florès en Grande-Bretagne. L?un des principaux tabloïds anglais a même relancé une polémique déclenchée par l?ancien majordome de la princesse de Galles, Paul Burrell.

Dans son livre publié en octobre, l?ex-serviteur avait révélé l?existence d?une lettre rédigée par sa patronne dix mois avant son accident du pont de l?Alma dans laquelle elle disait craindre pour sa vie. Quelqu?un «est en train de préparer un «accident» de voiture dont je serais victime, écrivait-elle. Une panne du système de freinage qui m?occasionnerait de graves blessures à la tête. Ainsi, Charles aurait la voie libre pour se remarier».

Paul Burrell n?avait pas osé divulguer le nom de la personne désignée par Diana dans sa missive comme son assassin potentiel. Le Daily Mirror, dont les scoops font depuis des mois trembler les Windsor, n?a pas eu ses scrupules: «C?était Charles!» a-t-il titré en une, avec à l?appui une photo de la lettre écarlate. Une nouvelle reprise après quelques hésitations par tous les autres médias de Grande-Bretagne, BBC comprise.

La justice française a pourtant conclu à un accident et incriminé l?état d?ivresse du chauffeur, Henri Paul, qui tentait de semer les paparazzi lancés à la poursuite de Lady Di et de son amant.

Mais la discrétion observée par le magistrat instructeur, Hervé Stephan, et l?absence de prolongement judiciaire en France n?ont fait qu?accroître les doutes des Britanniques. 27 %, selon un sondage, croient à un complot. En Angleterre et au pays de Galles ? mais pas en Ecosse ? la loi stipule qu?une enquête doit être ouverte dès qu?un ressortissant meurt à l?étranger.

Pour justifier six ans de retard, Michael Burgess a expliqué qu?il ne pouvait pas se saisir du dossier tant que l?ensemble des procédures engagées en France, notamment par Mohammed al-Fayed, le père de Dodi, n?étaient pas terminées. «Il aurait été préférable que ces enquêtes aient été menées depuis longtemps, mais ce n?était pas possible car les preuves n?étaient pas disponibles.» Il est le «Coroner de la Maison royale» dont faisait partie Diana malgré son divorce, mais aussi celui du comté de Surrey où résidait Dodi al-Fayed. Cette «coïncidence» lui permet de s?occuper des deux affaires.

De par ses fonctions, il devrait se contenter d?examiner les causes immédiates des décès. Il ne s?agit pas, a-t-il précisé, d?une enquête publique ou d?une instruction criminelle. Ses concitoyens attendent des réponses à de nombreuses interrogations et veulent savoir si Lady Diana était ou non enceinte au moment de l?accident.

A peine ouvertes, les deux enquêtes ont été suspendues pour permettre à Burgess de digérer les 6000 pages de procès-verbaux provenant de la justice française. Le coroner entend prendre son temps et ne compte pas être à pied d?oeuvre avant «douze à quinze mois».

par Christophe BOLTANSKI

Le prince Charles seul contre tous

Les médias britanniques lâchent le prince Charles. Le quotidien populaire londonien Daily Mirror a révélé que la princesse Diana soupçonnait son époux le prince Charles d?intentions meurtrières.

«Lettre de Diana: c?était Charles», titrait le Daily Mirror, à propos d?une lettre que la princesse avait confiée à son ex-majordome Paul Burrell, qui a récemment publié son autobiographie chez la maison d?édition Penguin.

«Il s?agit de la phase de ma vie la plus dangereuse, mon mari planifie un accident sur ma voiture, une panne de freins et une blessure sérieuse à la tête qui lui laisseraient la voie libre pour se marier» avec Camilla Parker Bowles, selon cette lettre publiée par le Daily Mirror.

Les mots «mon mari» avaient été biffés par la maison d?édition Penguin. Un autre quotidien, Evening Standard a repris l?information en titrant : «Diana a affirmé que Charles complotait sa mort». Les chaînes d?informations Sky News et ITV ont à leur tour identifié le prince de Galles, ainsi que la BBC.

L?agence de presse britannique Press Association, qui avait dans un premier temps évité de nommer le prince Charles, a elle aussi révélé son identité par le biais d?un entretien avec le majordome Paul Burrell.

Time : «Diana n?était pas enceinte»

Les rumeurs selon lesquelles la princesse de Galles était enceinte lors de son accident sont fausses selon le Time.

Le Dr John Burton qui l?a examinée après son décès confirme qu?elle n?attendait pas de bébé. «J?étais présent lorsqu?elle a été examinée. Je peux dire sans me tromper que la princesse n?était pas enceinte,» révèle-t-il au Time. Le père de Dodi, Mohamed al- Fayed est à l?origine de cette rumeur. Pour lui, c?était un motif suffisant pour éliminer la princesse Diana et son fils. Il affirme que les autorités ont étouffé l?affaire car aucune prise de sang a été faite pour savoir si Lady Di était enceinte ou non. «Aucune prise de sang est nécessaire quand on a vu l?utérus d?une femme. Et j?ai vu celui de la princesse. Elle n?était pas enceinte,» rétorque le Dr Burton.

Mohammed al-Fayed : «C?est un meurtre horrible»

La mort de Diana et de Dodi al-Fayed est «un meurtre horrible, cela ne fait aucun doute», a affirmé Mohammed al-Fayed, le père de Dodi, après l?ouverture officielle de deux enquêtes sur la mort de la princesse de Galles et de son amant.

S?exprimant aussitôt après l?ouverture de l?enquête sur la mort de son fils, le milliardaire égyptien a «espéré que la vérité éclaterait enfin». Depuis le 31 août 1997, jour du drame, le propriétaire du magasin de luxe londonien Harrod?s a toujours dit que la mort de son fils n?était pas accidentelle.

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