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Le e-government a deux mois pour être à la page
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Le e-government a deux mois pour être à la page
Comment pouvoir prétendre vendre les dernières technologies si les guichets donnent sur de vieilles machines à écrire ? C?est en gros la situation dans laquelle se trouve Maurice en ce moment. Avec pour toile de fond l?ambition d?être une cyber-île, Maurice veut montrer qu?elle est moderne et totalement en phase avec l?évolution technologique. Malheureusement son administration et ses portails Internet, vitrines officielles du pays, ne reflètent pas tout à fait cette volonté. D?ici deux mois, les choses devraient commencer à changer avec l?entrée en service du Government Online Centre (GOC) grâce auquel l?administration sera gérée par le courrier et les méthodes électroniques. Les relations entre l?Etat, le citoyen et les étrangers seront ainsi déclinées sur le mode interactif.
Très probablement inauguré le 27 mars prochain, possiblement par le Premier ministre indien, Manmohan Singh, lors de sa visite officielle à Maurice, le projet s?est vu attacher comme mission de révolutionner l?administration publique pour rendre la vie du citoyen plus agréable.
En chantier depuis fin août dernier, le GOC, qui sera piloté depuis la Cybertour d?Ebène, est sur la voie rapide. Il s?agit d?être prêt à temps. Aussi, les deux compagnies qui ont eu pour tâche de mettre sur pied ce centre, Satyam Computers Services (India) et Blanche Birger, carburent à plein régime.?Nous avançons comme prévu et déployons toutes les ressources nécessaires?, affirme une source travaillant sur le projet.
Dans un premier temps, le citoyen pourra accéder, à travers la nouvelle version du portail du gouvernement, www.gov.mu, à une multitude de services sans se déplacer. Déjà le site Internet vient d?être habillé d?un nouveau look. Il en va de même de ceux de plusieurs ministères et d?organismes parapublics. Leur accès a également été facilité. Depuis quelques mois, un nombre grandissant de données, de statistiques et de renseignements sur le pays sont disponibles en ligne. Dès fin mars, si tout se déroule comme prévu, l?Internaute pourra déjà, sans quitter sa maison, effectuer cinq tâches qui nécessitaient un déplacement et qui coûtaient du temps inutilement.
Dorénavant, l?inscription aux bourses d?études, les demandes de permis de conduire, de permis de travail et la consultation d?offres d?emploi dans le secteur public devraient pouvoir se faire à partir de chez soi. Seule ombre au tableau, la Public Key Infrastructure (PKI) ne sera très probablement pas encore mise en place lors du lancement du GOC. C?est cette infrastructure qui garantira l?authentification de l?utilisateur et la confidentialité des échanges. C?est également lui qui authentifiera les utilisateurs en leur octroyant une signature numérique visant à empêcher toute maldonne.
Une fois la PKI fonctionnelle, le but sera de permettre l?échange de tous les documents, y compris les plus confidentiels notamment les fiches de l?income tax, entre le citoyen et les services d?Etat. La fonction publique est probablement la plus concernée par ce système de sécurité au niveau du réseau privé du gouvernement. Ce réseau sera également géré par le GOC. En cours d?installation, ce réseau permettra notamment aux fonctionnaires d?échanger ou d?accéder plus facilement à des informations et des documents internes.Ce faisant, le rêve du gouvernement est de limiter les déplacements des fonctionnaires et réduire ainsi la lenteur bureaucratique, si néfaste au pays.
L?accessibilité du service est un point déterminant de la réussite du projet. Si le GOC devient un outil sous-utilisé, le projet se transformera en échec total. C?est pour cette raison que la mise sur pied des Community Access Points dans 93 bureaux de poste a été placée sur la voie rapide. Dessinés pour permettre au plus grand nombre de Mauriciens d?avoir accès à l?internet, ces mini-cybercafés ont, entre autres, comme vocation d?habituer tout un chacun à l?utilisation du GOC.
Alors que l?appel d?offres pour le projet prend fin le 14 février prochain, les autorités espèrent pouvoir mettre en place ces mini-cybercafés d?ici le 27 mars prochain. Un pari difficile, dit-on au niveau du National Computer Board.
D?autre part, c?est cet organisme, qui s?était vu confier la mission de piloter le GOC, qui a enregistré un retard conséquent. Attaché au projet par le gouvernement en août 2001, ce n?est qu?en mars 2002 que l?Indien Tata Consultancy Services a été nommé pour la préparation du projet et pour les documents de l?appel d?offres. Lequel a été finalement lancé en octobre 2003, pour être clos deux mois plus tard ! La désignation des deux firmes a pris dix mois.
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