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Le déficit budgétaire et la dette publique sont gérables
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Le déficit budgétaire et la dette publique sont gérables
Le niveau élevé du déficit budgétaire et le gonflement de la dette publique sont des sources de préoccupation constantes depuis que le gouvernement s?est engagé dans un ambitieux programme d?investissement pour transformer l?économie. Le secteur privé s?en inquiète. Le déficit et la dette publique justifient une révision de la stratégie économique du pays de l?avis même du ministre des Finances sortant et actuel Premier ministre, Paul Bérenger. Dans ce contexte, l?ECA apporte un nouvel éclairage sur ce débat. Elle analyse la transition économique de Maurice dans un dossier de plusieurs pages qu?elle consacre au pays dans son Economic Report in Africa 2003 qui vient de paraître.
?Certains bailleurs de fonds estiment que les déficits élevés menaceront la viabilité fiscale. Jusqu?ici, les faits ont prouvé le contraire?, soutient l?ECA. Malgré la hausse substantielle des investissements en infrastructure, les dépenses globales de l?Etat demeurent proches du standard fiscal international qui est de 25 % du Produit intérieur brut (PIB), estime l?ECA. De plus, les déficits budgétaires ont été financés à partir de sources locales et non inflationnistes.
La dette publique ? entreprises d?Etat incluses ? représente 62 % du PIB et 69 % de cette dette a été contractée localement. ?La dette du gouvernement central qui représente 6 % du PIB et 15 % des recettes d?exportation reste gérable?, soutient l?ECA.
?Le déficit n?a pas affecté la crédibilité du gouvernement ni la confiance du secteur privé?, ajoute l?analyse. Les obligations à long terme du gouvernement libellées en devises étrangères sont créditées d?une note Baa2 par l?agence internationale de notation de crédit-risque, Moody?s. Cette note est la même que pour la Malaisie et la Corée. Les obligations à long terme libellées en roupies obtiennent, elles, une note A2 soit la même que la Grèce et la Pologne.
Diversification économique
Le gouvernement compte réduire le niveau des investissements dans les infrastructures ? Paul Bérenger l?a confirmé lors de sa dernière conférence de presse en tant que ministre des Finances ? et cela devrait permettre de ramener le déficit à 3 % du PIB vers 2005-2006, poursuit l?ECA. ?Si cet objectif est atteint la viabilité fiscale ne sera pas un gros problème?, ajoute l?institution panafricaine.
L?ECA attribue correctement les raisons du gonflement du déficit budgétaire et de la dette à la nécessaire diversification de l?économie. Les piliers traditionnels de l?économie ? sucre, textile et tourisme ? sont confrontés à des contraintes majeures. Le sucre et le textile souffrent de l?érosion des préférences commerciales tandis que le tourisme a peut-être déjà atteint ses limites en termes de capacité.
Face à ce constat, Maurice s?est embarquée dans un ambitieux programme de restructuration pour créer de nouveaux moteurs de croissance tels que les services financiers et les technologies de l?information et de la communication (Tic). Parallèlement, le sucre et le textile se restructurent également pour atteindre des niveaux de productivité supérieurs grâce à la technologie et une capitalisation plus appropriée.
Cette nouvelle orientation économique requiert une main-d?oeuvre qualifiée plus abondante. Hélas, le niveau de compétence de la main-d?oeuvre est inadapté pour satisfaire les besoins d?une knowledge-based economy, estime l?ECA. C?est justement pour s?attaquer à ce problème que le gouvernement investit massivement dans l?éducation et les infrastructures, d?où la croissance du budget d?investissement qui a atteint 5 % du PIB.
Outre l?impact de cette stratégie sur les finances publiques, l?ECA trouve qu?elle a aussi des implications sociales importantes. La diversification de l?économie risque d?exacerber le problème du chômage qui est déjà de 9 % ? 10% selon les derniers chiffres disponibles. ?En effet, la diversification peut créer une période de jobless growth en mettant plus d?accent sur les compétences supérieures dans les services financiers et les Tic qui exigent des qualifications élevées mais qui ne créent pas beaucoup d?emplois?, met en garde l?ECA.
La majorité des chômeurs ont un faible niveau d?éducation et les emplois qui seront créés dans la nouvelle économie ne leur sont pas destinés. Pour corser le tout, la modernisation dans le sucre et le textile en feront des secteurs à haute densité de capitaux nécessitant de moins en moins de main-d?oeuvre non qualifiée. Les salariés sans compétences particulières perdront leur emploi.
?Le gouvernement a donc besoin d?étendre les filets de protection pour prendre en compte les besoins de ceux qui se retrouvent au chômage. Les faits démontrent que le gouvernement gère ces pressions correctement comme l?illustre le programme de compression du personnel dans l?industrie sucrière?, poursuit l?ECA.
La manière dont le gouvernement aborde et gère la réorientation de l?économie témoigne du fait que c?est dans l?élaboration même des stratégies de développement du pays que réside une des clés du succès économique de Maurice.
?Les stratégies ne sont jamais développées en réaction à une crise économique telle que la détérioration de la balance des paiements et des équilibres fiscaux. Au contraire, elles sont pensées pour satisfaire les besoins de l?économie et pour évoluer vers des courbes de croissance supérieures. La nouvelle stratégie de diversification pour se hisser vers une chaîne de valeurs plus élevée s?inscrit dans cette mouvance. Une fois de plus, Maurice est sur la bonne trajectoire?, soutient l?ECA.
FINANCES PUBLIQUES
Stabilisation macroéconomique
Après des années de rigoureuse discipline fiscale, le déficit budgétaire est en hausse depuis 2000-2001 et est demeuré autour de 6,5 % du PIB en raison des investissements dans l?éducation et la formation principalement. Le gouvernement tente de renforcer la collecte des revenus et d?améliorer l?efficience des dépenses. Néanmoins, l?expansion des dépenses coïncide avec une réduction des revenus fiscaux relativement au PIB. Le gouvernement s?attaque à ce problème en réduisant plusieurs exemptions fiscales et en introduisant des mesures pour agrandir l?assiette imposable. Le budget courant a été contenu autour de 20 %. Les salaires ont augmenté de 8 % en 2002-2003 contre 10-15 % au cours des années précédentes. Les dépenses sur les biens et services ont été ramenées à 9 % par rapport aux 13-15 % des années passées. La dette publique décroît graduellement depuis 1998 et demeure gérable à 62 % du PIB, soutient l?ECA. Elle souligne que 69 % de cette dette ont été contractés localement et 31 % financés de l?étranger. Les ratios de la dette et du service de la dette sont inférieurs aux paramètres fixés par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale concernant les pays pauvres lourdement endettés. Malgré ce constat non alarmiste, l?ECA met en exergue quelques risques. La création d?une économie du savoir nécessite des investissements massifs pendant cinq à huit années et il reste donc entre deux et cinq années d?efforts devant nous. ?Il reste à voir si le gouvernement pourra réduire ses dépenses pour atteindre ses objectifs en 2005-2006?, note l?ECA. De plus, une importante proportion de la dette est à courte maturité, ce qui implique des risques de renouvellement à des taux d?intérêts supérieurs. Actuellement toutefois, le taux de rendement et le niveau élevé de sécurité sur les papiers à court terme les rendent encore attrayants. Par ailleurs, la dette externe des entreprises d?Etat, qui n?a cessé de croître ces dernières années, peut représenter un problème. La dette externe des entreprises publiques qui est garantie par l?Etat est difficile à surveiller.
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