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Le Dr Sungkur contraint à une retraite prématurée

24 août 2006, 00:00

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Une alternative : être interdit de fonction ou remettre sa démission. C?est le choix qui aurait été proposé, mardi, au chief medical officer (cmo) du ministère de la Santé, Shyam Sungkur. Ce dernier a opté pour une retraite prématurée après 38 ans de service. La raison officielle avancée : il a divulgué des informations à la presse. La décision, prise à un très haut niveau, a pris au dépourvu les fonctionnaires du ministère de la Santé.

Le ministre de la Santé, Satish Faugoo, aurait même essayé de voler à la rescousse de son fonctionnaire, mais en vain. D?autres proches ont essayé de convaincre certains hauts dirigeants dans la soirée de mardi, mais la décision était irréversible.

Les milieux proches du fonctionnaire récusent le fait que ce dernier ait divulgué des informations à des journalistes. Shyam Sungkur n?a toutefois pas souhaité faire de commentaires à la presse : ?J?ai pris ma retraite quelques mois avant. C?est un choix personnel.? Mais il a été très irrité par l?attitude de ses supérieurs sur la question.

Le haut fonctionnaire devait quitter le service l?année prochaine. C?est le principal medical officer, Romesh Munbodh, qui assure la suppléance avant qu?un nouveau cmo soit nommé.

?Ce reproche est une banalité?

Pour certains dans le milieu de la Santé, même si cette raison tient quelque part la route, elle ne serait qu?un ?prétexte?. Ils avancent que ?d?autres facteurs? auraient poussé ce gynécologue de formation à prendre la porte.

Le ministre de la Santé, Satish Faugoo, reste avare de commentaires sur la question. ?Il a décidé de son propre gré de prendre une retraite prématurée. Il lui restait encore quelques mois dans le service.?

Au fait, c?est en août de l?année prochaine que le haut fonctionnaire devait avoir 60 ans. Et s?il n?était pas confronté aux ?multiples pressions?, il serait resté dans le service, jusqu?à sa retraite.

?Depuis le temps qu?il parle à la presse, ce reproche est une banalité. Sur des questions de santé publique, il est même essentiel, que, lorsque sollicité, il clarifie la situation. C?est son devoir. C?est sa responsabilité d?expliquer les enjeux aux journalistes. Evidemment, tant qu?il fait bien la différence entre la confidentialité et les explications techniques. Cette ligne de démarcation, il l?a toujours respectée?, commente un proche au ministère de la Santé.

Il est aussi question qu?il aurait donné un document, relatif à un rapport des experts étrangers sur le chikungunya à un journaliste. Or, des proches du milieu affirment qu?il n?a donné aucun rapport à la presse. Les seuls rapports qui circulent sont ceux distribués dans des conférences de presse de ces experts.

En mars dernier, le cabinet ministériel avait critiqué sa gestion du chikungunya au ministère de la Santé. Déjà, l?idée de partir lui trottait dans la tête. Jusqu?à mardi dernier. Les rivalités constantes entre les ministères sur le dossier chikungunya, ont, entre autres, finalement eu raison de lui.

En revanche, un autre proche collaborateur de Shyam Sungkur vient, lui, soutenir que ?sa performance générale? ces derniers mois était quelque peu en dents de scie. Certains évoquent ses relations difficiles avec son chef de cabinet, Jaya Veerapen. ?C?est la perception qu?on a voulu faire croire. Il n?y avait absolument rien. Ces différences étaient inventées par d?autres qui voulaient semer la zizanie?¸ rétorquent d?autres sources proches des deux fonctionnaires.

Des allégations sur sa proximité avec certaines personnes de l?ancien régime était aussi au centre des discussions, hier, au ministère de la Santé. Un spécialiste estime pour sa part que Shyam Sungkur est ?avant tout un professionnel. Il est au-dessus de ces considérations et c?est très dommage qu?on lui cherche querelle pour des peccadilles?.

Ce médecin rappelle que c?est le même gouvernement travailliste qu?il l?avait nommé et qui l?a aujourd?hui ?mis à la retraire prématurée?. La candidature de Shyama Sungkur avait été soutenue par le Premier ministre, Navin Ramgoolam. ?C?est une grande perte pour la Santé. Ce technicien, qui a été au centre de plusieurs innovations dans ce secteur, n?avait pas droit à une telle fin de carrière.?

PARCOURS PROFESSIONNEL

38 ans de service en un clin d??il

■ Il est entré dans la fonction publique en 1968. Shyam Sungkur travaille pendant quelque temps à l?hôpital Victoria aux services de gynécologie. Il sera par la suite directeur du Mauritius Institute Of Health dans les années 80 avant d?être promu ?Principal Medical Officer? au ministère de la Santé. Depuis une dizaine d?années, il a été nommé ?chief medical officer?.

Les dossiers qui l?ont marqué : le ?primary health care? et la formation des spécialistes. Il aurait souhaité que ce ministère ait plus d?argent pour investir dans la formation, la médecine préventive et pour acheter, entre autres, un vaccin très cher contre la diarrhée chez les enfants.

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