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Le dossier métayers s?active
Les démarches s?enchaînent sur le dossier sucre. Accord Etat-sucriers et obtention de fonds de l?Union européenne obligent, les partenaires de l?industrie s?affairent. Hier Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie, a eu une première réunion informelle avec quatre représentants des métayers. La première rencontre du comité qui siégera sur la question de métayers est prévue pour mardi prochain.
A l?issue de la réunion avec le ministre Boolell, Bhoonesswur Ramkishire, négociateur et porte-parole de la Sugar cane metayers & Small Planters Association fait ressortir que «les métayers ont apprécié l?intervention du ministre Boolell et du gouvernement. Ces derniers ont reconnu l?un des groupes les plus vulnérables de l?industrie. Nous pensons qu?ils sont en train de prendre des mesures appropriées pour que les métayers continuent d?exister et pour qu?ils puissent continuer à contribuer à l?économie».
Arvin Boolell a expliqué, lors d?une Private Notice Question à l?Assemblée vendredi dernier, que le comité considérera «la possibilité de la vente de terres non stratégiques aux métayers et la révision positive de la formule de location». Il a aussi confirmé que les métayers seront représentés au niveau du comité.
Suite à une question du leader de l?opposition, Paul Bérenger, Arvin Boolell n?a cependant pas spécifié le nombre de métayers. Il n?a pas non plus indiqué si le comité se penchera sur la révision de l?obligation des métayers de cultiver la canne.
● <B>Actionnariat</B>
Cependant, Arvin Boolell a tenu à souligner la volonté du gouvernement d?inclure toutes les parties prenantes de l?industrie sucrière dans la réforme. A ce propos, le ministre de l?Agro-industrie fait, entre autres, référence à l?actionnariat. «Aujourd?hui, sous le leadership du Premier ministre, nous avons à nouveau l?opportunité de participer aux négociations pour augmenter et élargir le direct ownership des petits planteurs et des travailleurs dans une industrie qui est structurée et globalement compétitive», a soutenu Arvin Boolell.
Cette déclaration donnait suite à une question ayant trait aux modalités de l?actionnariat. Paul Bérenger voulait en effet avoir des détails quant à «l?actionnariat des petits planteurs, laboureurs et artisans qui sont déjà, à travers le SIT, des actionnaires de vieilles ferrailles, comme cela a été dit dans le passé». Une question qui a d?ailleurs provoqué un certain remue-ménage avec des commentaires fusant dans l?hémicycle. L?actionnariat des usines, raffineries et distilleries passera des 20 % maximaux actuels à 35 %. Arvin Boolell a aussi annoncé qu?un Valuation Officer indépendant sera désigné afin d?évaluer la valeur actuelle des actions de l?industrie sucrière.
«Nous n?avons pas encore finalisé ce nouveau partenariat mais nous devons penser à la meilleure façon de financer une telle acquisition d?actions par les planteurs et les travailleurs. Une partie de l?investissement sera effectuée par les actionnaires éventuels», a confirmé Arvin Boolell. Il a aussi précisé que des prêts seront accordés aux planteurs et aux ouvriers et qu?il travaille sur la création d?un plan budgétaire à hauteur de Rs 300 millions, comportant une allocation initiale de Rs 50 millions pour l?année 2007-2008.
● <B>Aide de l?UE</B>
Arvin Boolell a rappelé que les mesures d?accompagnement de l?UE seront utilisées pour financer 75 % des coûts de la fermeture d?usines et 70 % du Early Retirement Scheme (ERS) et du Voluntary Retirement Scheme (VRS) 2. L?Etat va donc garantir le bridging loan de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA). Arvin Boolell a aussi expliqué que l?Etat veut «s?assurer que l?UE fasse preuve de flexibilité, tout comme l?a souligné la représentante de l?UE à Maurice, Mme Claudia Wiedey».
En réponse à la députée Maya Hanoomanjee qui souhaitait connaître «le montant réservé des fonds reçus de l?Union européenne pour le secteur privé par rapport au VRS, blueprint et ERS? non pas en pourcentage mais en termes absolus», Arvin Boolell a répliqué qu?il fallait consulter les documents pertinents. «Comme je l?ai affirmé, l?argent est destiné aux travailleurs. C?est une enveloppe sociale. Si la MSPA veut de l?argent pour investir dans ces entreprises, elle doit se tourner vers la Banque européenne d?investissement et emprunter de l?argent», a soutenu Arvin Boolell.
● <B>Energie</B>
Paul Bérenger a voulu savoir comment la sélection d?experts internationaux sera effectuée et si Maurice fera appel à la Banque mondiale sur le dossier énergie. «Puis-je demander si le gouvernement va être d?accord qu?il faut geler le projet de 110 mégawatts de CT Power, dans lequel planteurs, laboureurs et artisans ne seront pas actionnaires et considérer l?argument que Belle-Vue vend de l?électricité à plus cher, parce qu?en 1998 le gouvernement a lié le prix de la bagasse à celui du charbon qui a été délié par le gouvernement précédent ?» La réflexion a causé du chahut. Réponse du ministre de l?Agro-industrie : il s?agit de veiller à la transparence de tout projet énergétique. Il a aussi rappelé que l?Etat a déjà émis l?Outline of Energy Policy.
● <B> Terres</B>
Par rapport aux terres, il a évoqué la soumission de 2 000 arpents par les sucriers à travers l?Empowerment Programme pour des projets sociaux et la diversification agricole. Ces 2 000 arpents seront «livrés as and when». Arvin Boolell n?a cependant pas défini de manière claire si les terres seront utilisées pour la construction de logements sociaux du type Firinga. Il a simplement insisté sur la «politique du gouvernement d?assurer que chaque Mauricien ait droit à un toit au-dessus de sa tête».
● <B>Fermetures d?usines</B>
Les fermetures de St.-Félix, de Riche-en-Eau et de Mon-Désert-Mon-Trésor ont été confirmées. «Nous attendons que Mon-Loisir, FUEL et Belle-Vue résolvent des problèmes internes. Même si nous avons clairement défini le quantum par rapport à l?allocation de la canne, ils doivent encore trouver un accord», a souligné Arvin Boolell.
Paul Bérenger a demandé que le cas de St-Félix soit traité en tant que propriété, ce qui a été renforcé par les propos d?Arvin Boolell. Il est d?ailleurs prévu que les employés reçoivent leurs salaires de novembre, décembre et leur boni de fin d?année demain.
<B>Les engagements aupres de l?ue</B>
● L?Union européenne se propose de décaisser des fonds d?un montant total de 58 millions d?euros (Rs 2,6 milliards) pour aider le pays à transformer son industrie sucrière. Plusieurs critères doivent être respectés pour être éligible à la totalité de ce fonds. Parmi les principales conditions figurent la stabilité macro-économique et une bonne gestion financière des ressources publiques. Ensuite, des progrès significatifs doivent être enregistrés sur le plan des réformes économiques et de l?application de la «Multi-Annual Adaptation Strategy Action Plan» (MAAS). Avant la fin de l?année, trois usines, (Riche-en-Eau, Mon-Désert-Mon-Trésor et Mon-Loisir) doivent fermer et 3 500 employés doivent bénéficier d?un des différents plans de retraite, le VRS, l?ERS ou le «Blueprint». Une formation doit être dispensée à 1 500 employés et 500 autres doivent être placés dans une entreprise comme stagiaires. De plus, l?industrie doit procéder à l?épierrage d?environ 750 hectares de terres appartenant aux planteurs. Des critères précis sont fixés pour la réduction des dépenses publique.
Une stratégie à long terme doit être dégagée pour le secteur énergétique. L?absentéisme dans les écoles ZEP doit baisser et le taux de réussite augmenter.
● Ce qui a été fait</B>
Deux usines, Mon-Désert-Mon-Trésor et Riche-en-Eau ont reçu l?autorisation de fermer. Le cas de Mon Loisir reste en suspens. Celle-ci doit encore régler avec FUEL et Belle-Vue quelques problèmes concernant la répartition de leurs cannes. Les procédures ont été enclenchées pour le départ à la retraite anticipée de 3 500 à 3 800 employés à brève échéance. Le profil de chacun d?entre eux a été établi et un programme de formation sur mesure sera proposé à 1500 travailleurs. Des personnes qualifiées ont été identifiées pour assurer les cours de formation qui seront coordonnés par le «Robert Antoine Training Centre». Des firmes ont été contactées pour offrir un stage rémunéré, et éventuellement un emploi, à environ 500 ex-employés de l?industrie sucrière. Trois conventions de financement portant sur un montant global de 36 millions d?euros (Rs 1,6 milliard) ont déjà été signées.
● Ce qu?il reste à faire</B>
Sur les 58 millions d?euros proposés par l?UE, il reste à signer une convention de financement portant sur l?octroi de 22 millions d?euros (Rs 1 milliard). Deux critères d?évaluation posent problème. Ils concernent la mise à la retraite des 3 500 employés et l?épierrage de 750 hectares de terres des petits planteurs.
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