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Le dossier CPE au Conseil des ministres

8 avril 2004, 20:00

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LA comptabilisation des langues orientales au CPE est à l?agenda du cabinet des ministres ce matin. Selon des sources internes, aucune décision ne devrait cependant être prise aujourd?hui. La journée d?hier a été marquée par des consultations entre le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, et les deux principaux groupes de pression.

Il en ressort que le Front commun des associations socioculturelles maintient la ligne dure en s?opposant à tout changement dans la formule adoptée par le cabinet en janvier. Celle-ci comptabiliserait les cinq meilleurs résultats sur les six matières prises à l?examen, dont les langues orientales. ?Pour le moment, nous sommes solidaires du gouvernement. Pour cette année, aucun changement ne peut être adopté d?autant que nous sommes qu?à quelques mois des examens du CPE. Nous acceptons toutefois le dialogue, mais pour trouver une solution pour l?année prochaine?, a déclaré Saeed Thupsee, président de l?Aaleemee Society, qui a rencontré la presse après la réunion avec le vice-Premier ministre.

Pour Rajnarain Guttee, principal porte-parole du front commun, la formule actuelle ?n?est pas une injustice?. Si le gouvernement change la formule, les associations socioculturelles du front vont accentuer la pression. ?Nous n?incitons pas à la haine et à la violence, mais nous devrons faire une campagne d?explications auprès de nos membres.?

Le message est très clair. Si le gouvernement cède à la pression des milieux catholiques, il devra rendre des comptes. ?S?ils veulent prendre une décision politique, qu?ils le fassent en faveur des enfants qui apprennent les langues orientales?, soutient Haniff Peerun, président de la Governement Urdu Teachers? Union (GUTU).

Insultes proférées

Le walk-out de Suttyhudeo Tengur, président de la Government Hindi Teachers? Union (GHTU) de la réunion est relativisé par les membres du front commun. ? Il n?y a aucune dissension. Nous sommes solidaires. Un petit incident peut toujours arriver?, commente Anand Neewoor, vice-président de l?Arya Sabha.

Des témoins de la scène soulignent cependant que des insultes ont été proférées à l?encontre d?un conseiller du Premier ministre, qui assistait à la réunion. Le président de la GHTU a fait son walk-out après cette prise de bec. Intervenant à la conférence de presse, Dhundev Bahadoor, président du Human Service Trust, a pour sa part tenu un langage outrancier et nullement pertinent au débat sur la comptabilisation des langues orientales au CPE.

De son côté, Pravind Jugnauth se déclare satisfait de la réunion. Il a donné la garantie que la comptabilisation des langues orientales ne sera pas remise en question. ?Je veillerai à ce que les mêmes opportunités et chances soient données à tous les enfants mauriciens ?, a-t-il déclaré après la réunion, en ajoutant que l?intérêt des enfants sera préservé.

Ce front commun se compose de l?Arya Sabha, la Mauritius Arya Ravived Pracharini Sabha, la Mauritius Dharma Temples Federation, la GHTU, le Hindutva Movement, le Human Service Trust, l?Urdu Speaking Union, l?Aaleemee Society, l?Hindu Maha Sabha, l?Hindi Pracharini Sabha, la Mauritius Marathi Mandali Federation, la Mauritius Tamil Temples Federation, la GUTU, le Tamil Cultural Centre et la Hindi-Speaking Union.

Changement radical

Lors d?une autre conférence de presse, le Front commun des principaux syndicats du primaire, s?est également prononcé contre tout changement à la formule cette année.

Plus tôt dans la matinée, la Plate-forme pour la comptabilisation des langues orientales au CPE sans injustice, composée de prêtres catholiques et de travailleurs sociaux, a rencontré le vice-Premier ministre pendant plus d?une heure. Les animateurs de la plate-forme ont souligné la nécessité de revoir la formule de comptabilisation des langues orientales. Ils proposent un changement radical.

L?idéal, pour cette plate-forme, serait de garder deux matières obligatoires, l?anglais et les mathématiques, ainsi que deux autres optionnelles. A défaut, une autre proposition serait de rendre trois matières obligatoires et une seule optionnelle. Ainsi, l?anglais, le français et les mathématiques seraient obligatoires.

Une des propositions, qui retient d?ailleurs l?attention du gouvernement, sera discutée ce matin. Le gouvernement pourrait accéder à la demande de calculer le grading sur la base de quatre matières au lieu de cinq comme prévu. Le principe de comptabilisation des langues orientales sera ainsi maintenu cette année. Cette formule aurait l?avantage de donner une chance égale à tous les candidats de se rattraper s?ils flanchent dans une discipline.

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