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Le Dodo dit adieu au football raciste
Fin mai 1980, le club du Dodo prend la décision de se retirer du championnat de football de première division. Son président, M. René Noël, confirme qu’il ne participera plus aux tournois de football organisés par la Mauritius Sports Association (MSA), l’organisme qui dirige alors la pratique du sport à Maurice. Le Dodo maintient en revanche sa participation dans des compétitions sportives autres que le football.René Noël tient une conférence de presse le 27 mai 1980 pour justifier le retrait du Dodo. Les raisons sont multiples, explique-t-il. Il ne s’agit pas d’une décision spontanée prise à l’improviste. C’est la conclusion d’une longue réflexion face à une dégradation constante du niveau d’arbitrage et du climat dans lequel se pratique le football au stade George V (il y a donc pire que le climat curepipien). René Noël ajoute qu’il s’agit d’une décision claire, immédiate, irrévocable bien que prise à regret.
Il précise encore qu’il ne faut pas y voir le refus d’un cas isolé de mauvais arbitrage ayant lésé le Dodo. Il s’agit plus exactement de l’aboutissement d’une succession de faits inacceptables dans un contexte sportif, dans lequel le meilleur a droit à sa victoire si aucune faute ne peut lui être imputée.
Il regrette l’époque où les rencontres de football se déroulaient dans un climat sain et en toute sécurité. Le Dodo a toujours entretenu des relations cordiales avec toutes les autres équipes sans distinction aucune. Il a contribué davantage peut-être qu’aucun autre club existant au développement de la pratique du sport, au cours de ses 52 ans d’existence. En 1980, le stade George V est devenu un chaudron, observe-t-il. Des spectateurs se tiennent mal. Ils se permettent des propos injurieux et déplacés. Ils lancent des projectiles, blessant à l’occasion des joueurs et même des arbitres. Ils se réjouissent des blessures ainsi occasionnées. Des spectateurs potentiels préfèrent ne plus s’y aventurer afin de ne pas s’exposer à des avanies de toutes sortes, multipliées en raison justement de leur présence.
Le Dodo doit aussi tenir compte de la réticence de plus en plus grande de ses joueurs, découragés qu’ils sont à l’idée que leur efforts de vaincre à la loyale seront annihilés par un arbitrage partial et injuste à leur égard.
Dans ces conditions, il ne peut y avoir de compétitions saines ni de plaisir à pratiquer le football. Quand le racisme lève la tête, le foot n’a plus sa place. Il souhaite que ce retrait du Dodo provoque une prise de conscience et une réflexion pouvant améliorer une situation devenue intolérable et dangereuse. Le Dodo peut revenir sur sa décision s’il constate une amélioration durable de la situation grâce à l’éradication des fléaux qui déshonorent le football à Maurice. Il demeure membre de la MSA, estimant pouvoir aider cet organisme à assainir la pratique du foot à Maurice.
René Noël se prononce nettement en faveur de la décommunalisation du sport. Celle-ci est déjà en vigueur et avec succès au niveau du sport inter-collèges, inter-firmes du secteur privé et inter-propriétés sucrières. Il n’y a pas de raison que la régionalisation du football bien structurée ne devienne aussi populaire que le sport communaliste hélas pratiqué à Maurice. MM. Bernard Vallet, Denis Hardy, Robert de Marroussem, Michel Rousset et Gilbert Bathfield tiennent à entourer René Noël à cette occasion.
Fort heureusement il n’y a pas que les plaies racistes, défigurant la pratique du football à Maurice, en cette fin de mai 1980. En matière d’animation culturelle, il est question d’événements intéressants à noter. On annonce ainsi le prochain déménagement du Centre Culturel Français de Roches-Brunes à la rue Gordon à Rose Hill. Le nouveau centre portera le nom du poète Charles Baudelaire. Il ouvrira ses portes en juin 1980. Il compte trois bâtiments séparés, situés dans deux cours annexées. Il se prépare à recevoir Sophie Desmarets et Daniel Ceccaldi en juin dans Peau de vache, un vaudeville de Barillet et Grédy. Parmi les autres invités prévus, notons, José Todaro, Guy Béart, Graham Allright et un violoncelliste indien très populaire en France.
La Sanathan Dharma Temples Federation annonce, de son côté, la création d’un auditorium à la rue Justice, dans les hauteurs du Ward IV au Port Louis. Les travaux sont confiés à la DWC. Le coût du projet s’élève à Rs 1,4 million. Le bâtiment s’élève sur un terrain de 2A50, loué à bail à l’Etat pour 90 ans. Les principaux dirigeants en sont entre autres le ministre Dayanand Basant Rai, Balram Beeharry, Basdeo Joynatsingh, D. Toolsy, B. Jomadar.
Il est aussi question des expositions de peinture de Hassam Wachill et de Monique de la Vallée-Poussin. Le Mtius Drama League présente Jules Cesar de Shakespeare avec entre autres Deepak Bhookhun, Raj Makoon, Quisnarajoo Ramana et Gaston Valayden.
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