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Le divorce est consommé
Paul Bérenger ne nie plus l?évidence. « Il est clair que nous nous acheminons vers un retrait de Sylvio Michel du gouvernement », déclarait-il, hier, à la presse. Le long et mauvais feuilleton autour du départ du ministre de la Pêche s?achève. Le sujet de discorde sera resté le même depuis environ deux ans : la compensation des descendants d?esclaves et des travailleurs engagés indiens.
Paul Bérenger prend bien soin de démontrer sa volonté de conciliation. Il associe son partenaire d?alliance, Pravind Jugnauth, à cet effort. « Nous avons essayé de faire évoluer la situation positivement. Pravind et moi, nous finn go out of our way pou propose en comité pour régler la question. » Mais le comité proposé par Bérenger, une énième tentative de trouver un début de terrain d?entente avec les Verts, est récusé par ce dernier et son parti. Bérenger en tire les conséquences. Les menaces de démission de Sylvio Michel et de Jean Claude Armance, l?autre parlementaire de son parti, perdent de leur gravité.
Pas de révocation en vue
Le Premier ministre laisse même entendre qu?il préférerait qu?on en finisse au plus vite. Comme pour aider Sylvio Michel et Jean-Claude Armance à se décider, il explique que rien ne pourrait faire le gouvernement changer d?avis d?ici le 1er décembre. Et que l?ultimatum des Verts expirant à cette date n?a donc plus lieu d?être. Sans manquer de diplomatie, Bérenger semble même vouloir encourager Sylvio Michel à soumettre sa démission au plus tôt. « Est-ce bon pour la santé de mon gouvernement et pour la santé de la démocratie, en général, qu?il reste jusqu?au 1er décembre ? »
Mais Sylvio Michel ne sera pas révoqué pour autant. Bien qu?il ait démontré, à certaines occasions des signes évidents de mécontentement vis-à-vis de ses partenaires. Il avait effectué un walk-out du Parlement en décembre dernier. Il a préféré ne pas assister à certaines sessions du cabinet, dont la dernière.
« Mo leker fer mal pour revok li. Puisqu?il souhaite se retirer, je préfère lui donner l?occasion de le faire », dit Paul Bérenger, pince-sans-rire. C?est effectivement un divorce à l?amiable. Le leader de l?alliance MMM/MSM/Les Verts FTS se dit triste de la situation mais réserve quelques compliments au démissionnaire. Il est d?ailleurs « totalement satisfait» du travail de Sylvio Michel. « C?est un ami. »
Le leader des Verts peut ne pas avoir encore soumis sa démission mais le Premier ministre pense déjà à l?après- Sylvio Michel. « Nous avons des idées en tête sur celui qui va le remplacer », dit-il, tout en balayant l?idée de la nomination d?un nouveau ministre. Le portefeuille de la pêche sera vraisemblablement attribué à un ministre déjà en fonction. Le PMSD devra repasser...
Pendant que Bérenger prépare l?après-Michel, celui-ci demeure introuvable. Nous avons, en vain, essayé d?obtenir un commentaire jusqu?à hier après midi. Il était sans doute, lui, occupé à préparer l?après-Bérenger.
Texel : l?impatience
Le Premier ministre a réitéré hier la promesse faite cette semaine aux 1 300 employés de Texel qu?ils recevront salaires et compensation. Mais, depuis un an, qu?ils attendent, ils sont impatients. Ils veulent une garantie que la première tranche sera payée avant fin novembre. Ils ont manifesté hier au jardin de la Compagnie. Texel, ex-Bonair, a été mise en « receivership » en 2003. Elle doit Rs 76 millions aux banques. Mais les travailleurs seront payés avant, assure le Premier ministre. L?épisode n?est pas clos pour les syndicats. Ils demandent une commission d?enquête sur la gestion de la compagnie. Celle-ci n?aurait pas cotisé au fonds de pension.
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