Publicité
Le dialogue inter religieux promu par de jeunes talents
Par
Partager cet article
Le dialogue inter religieux promu par de jeunes talents
Des couleurs franches et belles, un regard émerveillé? Non, ce n?est pas le fruit de la quête inlassable de l?artiste arrivé à sa dernière manière, mais l??uvre spontanée d?enfants porteurs d?avenir de notre pays. Ils s?appellent Suhayl, Sheanil, Akina, Agnès, Yeshika, Mégane, Jérémie, Vansh, Hector, Dristy, Rayhan et Nabiha. Ils ont entre quatre et 10 ans et ont contribué, par leurs propres peintures, au calendrier-planner du Groupe Mosaïque, Souhaits d?enfants, lancé samedi.
Le Groupe Mosaïque est composé de personnes de confessions chrétienne, hindoue, mulsulmane, réunies par le désir de valoriser le vivre ensemble mauricien. Fondé par Nina Gopaul et d?autres, comme Harold Julie, à la veille des événements de février 1999, il bénéficie notamment du travail de réflexion du père Raymond Zimmermann, l?accompagnateur du groupe, et de rencontres autour du thème du partage dans le christianisme, l?hindouisme et l?islam. Plutôt sages au moment du lancement officiel, les enfants ont aussi contribué à ce partage, leurs peintures sur le calendrier étant associées à un concept, une vertu ou une valeur, déclinés dans les trois religions précitées.
«La création» (janvier), vécue avec espièglerie par Suhayl, qui la représente par un gentil et dodu reptile préhistorique à l?écaille vert émeraude, est ainsi illustrée de passages du Bhagavad Gita, du Coran et du Cantique des trois enfants. Des passages qui veulent aussi être des passerelles. Dans le même esprit, en ce samedi après-midi, les enfants-artistes, trop occupés à voir la vie du bon côté, profitent de l?occasion et s?amusent. Ils seront peu diserts sur ce qu?ils ressentent comme le vivre ensemble : parfois la perplexité du silence suffit à résumer l?incongruité de la question, puisque l?harmonie se vit au quotidien et que les casse-tête sont réservés à la leçon de mathématiques.
Courant entre les grandes personnes, Vansh, 10 ans, et guère gêné par son élégant kurta de circonstance, se dit heureux de se sentir «libre» avec ses amis. Sa peinture à l?eau «liberté» s?accommode d?ailleurs de l?éclat des tons les plus intenses sur un fond bleu ciel : légère, elle ne manque pas d?énergie, non plus. «Energie» qu?on retrouve aussi dans la palette d?Akina, mais qui ne dépasse pas son cadre, puisqu?elle intitule ainsi l??uvre qui illumine le mois de mars. Très sûre de son coup de crayon et à l?aise avec la composition, la petite Akina, six ans, dans un anglais à faire pâlir d?envie la reine Elizabeth, est tout aussi économe en déclarations face à la presse. Mais, nous confie Clément, son porte-parole de père, «il lui arrive de décrire des personnes qu?elle aperçoit par leurs ressemblances physiques» : de quoi inspirer la Constitution.
Yeshika, sept ans, en jeune fille bien élevée, nous gratifie d?un sourire qui n?appartient qu?à ceux qui ont le sentiment de l?excellent devoir accompli : sa table d?«abondance» (mai) est un merveilleux antidote à la morosité des scénarios catastrophes de nos prédicateurs économiques.
Publicité
Publicité
Les plus récents