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Le courtier est libre de circuler au bazar

17 février 2004, 20:00

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LES COURTIERS font du tort aux commerçants du bazar central en incitant les touristes à acheter les produits de certains propriétaires d?étals. Toutefois la justice ne peut intervenir. Amené à décider s?il fallait contrôler les déplacements de Yousouf Aboobakar Ibrahim, courtier, le juge Bushan Domah a déclaré qu?il enfreindrait la loi s?il privait ce dernier de libre circulation. L?article 15 de la Constitution stipule qu?aucune personne ne peut être privée de sa liberté de mouvement et qu?elle a le droit de circuler librement dans les endroits publics du pays.

Selon la municipalité de Port-Louis, Yousouf Aboobakar Ibrahim est un courtier qui fait de la concurrence déloyale aux maraîchers. Ces derniers avaient exprimé leur irritation devant cette pratique irrégulière. Ils ont même protesté auprès de la municipalité et de la Tourism Authority. La mairie avait donc réclamé un ordre perpétuel pour interdire au courtier de circuler au marché ainsi qu?une amende de Rs 50 000.

Considérant les antécédents de Yousouf Aboobakar Ibrahim, le juge Domah écrit : ?One would be excused for concluding that in some cases, fines far from being a deterrent in law paradoxically becomes an incentive for an offender?. Pour lui, ?l?individu est une source de nuisances pour les touristes, les propriétaires d?étals, les inspecteurs de marché et les membres du public en général et qu?il est devenu, comme il était, a law unto himself?.

En vertu du Local Government Act, la municipalité de Port-Louis a la responsabilité de gérer les marchés publics. Si Me Mooloo Gujadhur, qui représente la mairie, pense que celle-ci a aussi le pouvoir de contrôler ceux qui vont au marché, le juge soutient le contraire. ?It would be stretching thelaw too far to say so : market regulations could not be interpreted such way.? Il ajoute : ?The municipality needs not regard its pains at bringing this case lost in the process. For one thing, it seems to be a matter of mere technicality that an injunction may not be granted in this matter.?

Yousouf Aboobakar Ibrahim a été condamné pour la première fois en 1995 et à 32 reprises par le tribunal de Port-Louis pour avoir notamment agi comme intermédiaire illégal au marché central. D?autres contraventions attendent d?être réglées.

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