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Le coup de tonnerre de Lyon

24 février 2005, 20:00

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En assommant d?une magistrale leçon de réalisme le Werder de Brême, le champion d?Allemagne (0-3), son homologue français, l?Olympique Lyonnais a abattu clairement ses cartes sur l?échiquier européen. A tel point que Paul Le Guen, l?entraîneur se lâche même: ?Je suis comblé ! Nous avons fait fort et frappé les esprits !?

Il y a de quoi, avec un score rare à ce niveau de compétition. Même si sur la balance, Brême pèse beaucoup plus que Lyon au niveau statistique: 13 corners, 14 tirs lors de la seule première période contre cinq occasions en 90 minutes et deux modestes coups de pied de coin.

?Notre résultat est bonifié par un peu de réussite, note Jean-Michel Aulas, le président. Mais, avant tout, il y a cette assise qui vient de la qualité de l?équipe dans son ensemble.?

Car au final, là où l?OL avait trébuché 4-0 le 7 décembre 1999 en 16e de finale de la Coupe de l?UEFA, le triple champion de France sort un match référence.

L?hommage est signé du vaincu : ?Ils sont très solides, résume Johan Micoud, le meneur du Werder. En contre, ils jouent de manière impressionnante en justesse et en vitesse. ?Et ce n?est pas fini : Ils se trouvent super bien sur le terrain et en plus, ils sont super solides derrière.?

L?OL aurait donc tout pour plaire. Ou au moins pour passer : ?En principe, c?est fini, consent Klaus Allofs, le directeur sportif allemand. Il faut rester réaliste. Face à Lyon, ce n?est pas possible de marquer quatre buts à Gerland. A moins d?un miracle...?, souffle l?ex-Marseillais et Bordelais.

Si les Allemands sortent abasourdis de cette claque reçue à domicile mercredi, leurs adversaires semblent tout aussi interloqués : ?Même à la mi-temps, quand nous menions 0-1, jamais on n?aurait pu imaginer un tel scénario?, en sourit Sidney Govou, le capitaine lyonnais.

?C?est presque inespéré, s?excuserait même Paul Le Guen, l?entraîneur. Il faut savoir aussi reconnaître que c?est sévère pour Brême.? Car ce score ne doit pas éclipser le fait que Lyon n?a jamais été aussi ?brassé? par une formation cette saison qu?en fin de première période: ?Nous avons concédé trop d?occasions, peste Paul Le Guen. Nous avons souffert, mais ensemble et de façon très solidaire.?

Et tel un maître tacticien, Lyon a su placer ses banderilles au bon moment par Sylvain Wiltord (8e) puis Mahamadou Diarra (77e) et Juninho, sur son 18e coup franc victorieux depuis qu?il est arrivé en France il y a quatre ans : ?Tous les joueurs ont eu le sens du sacrifice?, conclut un coach ravi.

Car paradoxalement, si l?OL joue les habitués en Ligue des Champions avec une 5e participation consécutive, la plupart de ses joueurs restent des débutants à ce niveau : Pierre-Alain Frau, Lamine Diatta, Cris, Eric Abidal débutent dans la compétition tandis que Florent Malouda et Michael Essien en sont seulement à leur 2e saison à ce niveau.

Mais ils ont déjà cette prudence des anciens et refusent de parler des quarts de finale: ?Dire que dans 15 jours sera une formalité n?est pas exact, coupe Paul Le Guen. Brême est capable de marquer beaucoup de buts et partout. Alors prudence. Mais cette équipe a montré de la qualité. Ils ont été malchanceux ou sont tombés sur un excellent Grégory Coupet.?

La statistique UEFA est pourtant claire : 100% des équipes qui ont gagné à l?extérieur 0-3 à l?aller se qualifient. ?On est un peu dans le confort, admet Eric Abidal, mais ils vont être revanchards au match retour.?

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