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Le coup de pouce
Les quotas s?appliquent toujours au détriment du mérite. Car, c?est le moins compétent ou le plus faible qui a besoin d?un coup de pouce pour obtenir une récompense qu?il n?aurait pas eue sur la base de ses compétences. Ainsi quand l?Etat intervient pour donner un avantage à tel groupe ou tel individu, son parrainage est perçu comme une entorse à la méritocratie. Cette question s?est posée avec la tentative du ministère de l?Education de rendre «obligatoire» le manuel de français écrit par James Burty David.
Mardi, un nouvel éclairage a été apporté sur cette affaire à travers une réponse donnée au Parlement par le ministre Gokhool. Il confirme qu?il y a bien eu un choix délibéré qui ne repose pas sur des critères pédagogiques : «The decision was taken on the one hand by the need to ensure a fair distribution among different authors whose books are of acceptable pedagogical standards and on the other by reason of affordability?». Ainsi, le livre de Burty David a été recommandé par le ministère, contre l?avis d?un comité de techniciens, parce qu?il fallait d?abord assurer une bonne répartition du gâteau entre les auteurs en lice. Le ministre laisse comprendre que si le choix du panel des spécialistes avait prévalu, l?auteur Burty David aurait eu moins de chance.
L?affaire a éclaté le mois dernier quand le ministère a annoncé sa décision de classifier un ouvrage de James Burty David dans la catégorie des manuels «obligatoires» pour les classes de «Form» lV et V. L?ouvrage le plus couramment utilisé, celui de Lindley Couronne, était relégué à la liste de manuels de référence. Cette décision était en contradiction avec les conclusions de la commission de sélection des manuels. Les membres de cette instance ont réagi en démissionnant en bloc. Par la suite, la pression s?est intensifiée sur le ministère. Il y a eu des protestations de la part des enseignants et des directeurs de collèges. Finalement, le ministère s?est rétracté et a annulé la décision privilégiant l?auteur David.
L?on retiendra dans le libellé de la réponse communiquée par le ministre Gokhool mardi que son souci principal était le partage équitable des recettes de vente entre auteurs. Il suffisait, pour être éligible à cette manne, que leurs manuels aient un niveau «acceptable». Si le ministre voulait être plus clair, il aurait pu emprunter au jargon politique l?expression «saken so boute» à la place des termes «fair distribution». En tout cas, il est maintenant clair que ce n?est pas la qualité des ouvrages qui était la préoccupation première de l?Etat.
Pour les techniciens, la sélection des manuels devait obéir à un certain nombre de critères scolaires. Le ministère, lui, a considéré qu?il fallait pratiquer une action affirmative en faveur des moins cotés. Ces positions étaient inconciliables.
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