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Le corps à l?ouvrage

7 mai 2005, 00:00

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Ils ont la danse dans le sang, de l?enthousiasme et la curiosité nécessaires au projet de Sanedhip de créer un laboratoire chorégraphique de l?océan Indien. Les jeunes danseurs, Toky, Njiva, Hery et Frank, vont apprendre à Maurice les bases de la danse, classique avec Thérésa David, contemporaine avec Jean Renat Anamah, le modern jazz et le khatak. Des styles à 100 lieues de leur formation mais qu?ils veulent maîtriser. « Le tout c?est de créer un nouveau langage chorégraphique», explique Sanedhip Bhimjee. Les corps et les rythmes se mélangent pour apprendre toutes les danses.

Chacun est spécialisé dans une danse, cela se voit dans leur manière d?être. Toky fait du hip hop, paraît très relâché, cool, Njiva, beaucoup plus calme apprend la danse contemporaine, Hery, le dos droit et la tête haute typique des danseurs de salon, enfin, Frank tout en muscle semble inspiré par le rythme des danses traditionnelles.

Deux d?entre eux travaillent avec le danseur professionnel malgache Rary, les autres sont plus ou moins autodidactes. Mais ils ont tous une même passion. Leur enthousiasme, Sanedhip l?a remarqué.

S?ils parlent peu, ils sourient davantage et semblent toujours prêts à apprendre de nouvelles choses, avec les «professeurs», comme entre eux. «Comme je suis d?origine malgache, j?ai pris sur moi d?aller là-bas donner un stage de deux jours. J?ai choisi quatre danseurs et je leur ai offert une sorte de bourse d?étude», explique Sanedhip.

Séduit par l?idée d?un tel échange culturel, le ministère de la Culture re malgache l?invite déjà cordialement à revenir faire des stages, plus longtemps et en plusieurs endroits de la Grande Ile. «Là-bas, ils veulent vraiment progresser. Il y a très peu d?écoles, mais ils ont la danse dans le sang».

Pour cette première expérience, seulement quatre ont été choisis. Et les autres postulants ne manquaient pas de talent, «si j?avais pu en faire venir 40 je l?aurais fait». Un jour peut-être.

En attendant, la formation a déjà commencé, dans le studio de Art Academy, à Sodnac, Quatre-Bornes. Dans une pièce située en contre bas de la maison, des bruits secs résonnent. Anna Patten, danseuse, dirige les Malgaches dans l?apprentissage du khatak. Les talons claquent sur le parquet.

Très studieux et disciplinés, les élèves s?adaptent facilement à la danse indienne. « Même si ça fait un peu mal aux pieds», plaisante Frank. On sent dans leur groupe une véritable soif d?apprendre et de partager.

La salle de répétition donne une liberté de création. Quasi vide, jouant sur des tons noirs et blancs, la salle ne laisse place qu?aux couleurs des corps et des mouvements.

Ils apprennent pour l?instant les bases de chaque danse, pour maîtriser la technicité de chaque style. «Après, ils pourront danser n?importe quoi», avance Sanedhip, mais avec la connaissance. «Le but est de créer quelque chose d?unique à Maurice, voir au monde. On en a les capacités puisque nous avons grandit avec toutes les cultures. C?est quelque chose qui coule dans nos veines », poursuit le chorégraphe. «Notre philosophie est qu?il n?y a qu?une seule culture à Maurice, la culture mauricienne». Et maintenant la cutlure indo-océanienne.

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