Publicité
Le contrôle des marchandises imposé par Madagascar irrite Port-Louis
Par
Partager cet article
Le contrôle des marchandises imposé par Madagascar irrite Port-Louis
Le ton monte entre Port-Louis et Tana sur la question des barrières non tarifaires. L?énoncé du problème est simple. Depuis le 1er janvier 2005, la Société générale de surveillance (SGS), mandatée par les autorités malgaches, applique une nouvelle procédure qui consiste à assister à l?empotage des conteneurs et à l?apposition des scellés sur les conteneurs en partance pour la Grande île.
Cette nouvelle procédure, très contraignante, pénalise davantage les exportateurs mauriciens en termes de coûts additionnels. Une réunion cruciale qui devait se tenir à Tana au début de ce mois, aura lieu finalement à Port-Louis le 8 février prochain. Cette réunion comprendra des hauts fonctionnaires mauriciens du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, des opérateurs exportant vers le Grande Ile, ainsi que des hauts responsables malgaches.
Ce problème avait été discuté de manière urgente lors de la dernière réunion du comité conjoint de coordination et de suivi, qui a eu lieu à Maurice en novembre 2004. Plusieurs réunion ont ensuite suivis.
La partie mauricienne a transmis trois Notes verbaux à la partie malgache pour arrêter une date à la mission. Les dates n?étaient pas encore fixées par la partie malgache jusqu?à ce que le ministre des Affaires étrangères et la Coopération régionale ait adressé une lettre à son homologue malgache le 19 janvier dernier.
Des nouvelles procédures
La partie mauricienne suit cette affaire de très près. Dans une lettre adressée en date du 20 janvier 2005 au ministère des affaires étrangères malgache, Ranjeva Sem Marcel, Jayen Cuttaree fait part de son inquiétude par rapports à ces nouvelles procédures. ?Les opérateurs du port franc se sont plaints à plusieurs reprises, car ces procédures d?inspections sont appliquées uniquement à l?Ile Maurice alors que dans d?autres pays les procédures sont plus souples.?
Cette affirmation du ministre Cuttaree est à l?opposé de ce qu?avait avancé le conseiller économique de Madagascar à Maurice Vola Razafindramiandra, qui avait soutenu que ce contrôle était pareillement appliqué dans tous pays.
En effet selon nos sources ces mesures imposées par la Grande Ile sont beaucoup plus contraignantes à Maurice que dans d?autres pays.
Le ministre des Affaires étrangères mauricien va même plus loin et souligne que ?cette réunion est d?une importance capitale car le commerce avec Madagascar devient très difficile et la coopération entre nos deux Iles en souffre.?
Selon lui, les opérateurs du port-franc, loin de remettre en cause le bien-fondé de ladite inspection, voudraient discuter avec les Autorités malgaches et les hauts responsables de la SGS de la manière la plus efficace, la plus rapide et la moins onéreuse de régler cette question. ?Compte tenu de la gravité du problème qui léserait grandement le Port franc mauricien, cette rencontre ne pourrait venir qu?à point nommé.?
Vérification par les inspecteurs
La partie mauricienne explique que le dépotage et le rempotage d?un conteneur de 20 pieds coûtent environ Rs 2000 additionnels à l?opérateur alors que pour un conteneur de 40 pieds il est le double.
De plus, les opérateurs doivent ouvrir au moins 5 % des cartons pour la vérification par les inspecteurs, ce qui fait les emballages originaux sont endommagés. Les opérateurs doivent remballer les produits dans des emballages semblables.
L?inspection a souvent pour conséquence un retard pour l?expédition des marchandises et les conteneurs de transbordements affectant les opérateurs du Port-Franc. ? Depuis l?application de cette mesure, nous ne transbordons plus nos marchandises par le Port-Franc mauricien. Nous les expédions directement du lieu d?embarquement?, affirme un opérateur.
L?Ile Maurice à des échanges commerciaux très importants avec la Grande île. La lettre adressé au ministre des affaires étrangères malgache précise que Madagascar est le marché d?exportation principale du port franc mauricien avec un volume d?exportation de 49 000 tonnes et une valeur d?exportation de plus des Rs 2 milliards.
Ce qui représente 29 % du chiffre d?affaires d?exportation totale pendant l?année financière 2003-2004. La majorité des petits opérateurs du port franc exportent principalement vers Madagascar, et font face à la concurrence féroce de la Chine, de Singapour, de la Malaisie et de l?Afrique du Sud. La réunion du 8 février est capitale. L?avenir de notre Port-franc en dépend.
Publicité
Publicité
Les plus récents