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Le comité des sages veut donner une plus-value à la régionalisation

14 janvier 2004, 20:00

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LES nouvelles orientations stratégiques de la Commission de l?océan Indien (COI) seront bientôt connues. Le comité des sages qui y travaille a pratiquement complété sa réflexion. Il se réunit ces jours-ci une réunion à Maurice pour arrêter ses propositions. Au cours d?une prochaine rencontre à la Réunion les 24 et 25 janvier, il bouclera son rapport.

Les recommandations du comité comportent des volets institutionnels, financiers, politiques, diplomatiques et économiques. Elles concernent les implications financières des restructurations proposées, l?intégration économique régionale, les droits de l?Homme, la bonne gouvernance, la formation, la pérennisation de l?Université de l?océan Indien et l?introduction d?une deuxième langue de travail pour favoriser une plus grande ouverture de la COI auprès des organisations africaines.

Le rapport final sera soumis au secrétaire général de la COI. Celui- ci se chargera de le présenter au conseil des ministres, prévu fin février aux Comores. Le rapport sera examiné au prochain sommet des chefs d?Etat et de gouvernement de la COI, qui aura lieu d?ici la fin de l?année.

Pour un développement durable

?Le rapport est presque prêt. Une fois que nous l?aurons soumis, il appartiendra aux gouvernements des états concernés de prendre leurs responsabilités pour permettre à la région et à la COI de jouer un rôle de premier plan. Mais pour cela, Il faudra une volonté politique?, dit Shirin Aumeeruddy-Cziffra, qui représente Maurice à ce comité.

Son point de vue est partagé par Emile Ralaisoa Rakotomahanina, le représentant de Madagascar. ?C?est en alliant les nouvelles orientations stratégiques avec une bonne dose de volonté politique, dit-il, que la COI pourra repartir sur de nouvelles bases.? Telle est, selon lui, la condition sine qua non pour que la commission connaisse un véritable développement durable.

?Nous voulons, dit Shirin Aumeeruddy-Cziffra, être créatifs et innover et ainsi apporter une plus-value dans la régionalisation. Pour ce faire, la COI aura besoin de plus de moyens, notamment financiers. C?est notre pragmatisme qui a dominé nos réflexions.?

Elle poursuit : ?La COI a eu beaucoup de mal à fonctionner en raison du niveau différent de développement des Etats membres. Nous en faisons d?ailleurs état dans notre rapport car nous sommes conscients de ce problème et du fait qu?il existe des pays moins avancés au sein de la commission. Il y a un rattrapage à faire du côté des Etats membres qui sont en retard. Une plus grande solidarité entre les Etats membres est nécessaire. Ils doivent pouvoir avancer en bloc.?

La COI, ajoute Shirin Aumeeruddy-Cziffra, ?ne doit pas rater le coche? car il y a une évolution sur le plan politique dans l?océan Indien, à Madagascar et aux Comores. ?Nous avions déjà préconisé dans notre rapport intermédiaire que la COI a un grand rôle à jouer pour trouver une solution à toute crise politique dans la région. Nous sommes heureux de contribuer à l?évolution positive de la situation politique aux Comores et de faire partie du comité de suivi sur cette question?, dit-elle.

La COI a été mandatée par les Nations unies pour coordonner la position des Etats membres de la région océan Indien, des îles des Caraïbes, ainsi que de la région méditerranéenne et de l?Atlantique, pour la conférence sur les Small Islands Developing States. Cette conférence se tiendra à Maurice en septembre. ?C?est la preuve que la COI est reconnue par les Nations Unies. Et c?est important?, ajoute Shirin Aumeeruddy-Cziffra.

Un travail ?passionnant? et ?délicat?

Caabi Elyachroutu Mohamed, ex-secrétaire général de la COI et représentant des Comores, ajoute que la COI a toujours plaidé en faveur du rapprochement des Etats insulaires des différentes régions du globe et fait valoir les spécificités de celles-ci auprès des organisations internationales. ?La commission, qui a aujourd?hui 20 ans, a besoin de s?adapter à la nouvelle donne internationale dans un contexte marqué par la globalisation et l?existence de blocs régionaux. Elle a fait du chemin. Nous pensons que les nouvelles orientations stratégiques sur lesquelles nous avons travaillé aideront à lui donner beaucoup plus de vigueur et davantage de tonus, de manière à ce qu?elle puisse prendre un nouveau départ?, dit-il.

Ce travail, selon lui, a été ?passionnant et délicat?. ?Nous espérons avoir été à la hauteur de la confiance qui nous a été donnée et que nous ne décevrons pas le Conseil des ministres de la COI.?

Jean-Raymond Mondon, qui représente La Réunion, a abondé dans le même sens. Albert Payet, des Seychelles, affirme, lui, que ?le développement des relations économiques est essentiel à la pérennisation de la COI?.

Le comité des sages a été créé en février 2003 par le conseil des ministres de la COI, réuni pour l?occasion aux Seychelles. Il a ensuite soumis un premier rapport d?étape à la réunion extraordinaire du conseil des ministres de la commission, aux Comores à la fin de l?année dernière.

Les trois précédentes réunions du comité ont eu lieu aux Comores, à la Réunion et à Madagascar.

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