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Le cinéma passe au salon

31 décembre 2004, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Une légère pression sur la télécommande suffit pour faire vibrer la maison. Une simple touche qui déclenche une orgie de sons et d?images. La pièce se transforme littéralement en cinéma. Grand amateur de films, le Mauricien s?équipe en matériel. Son dernier engouement : le Digital Versatile Disc (DVD).

Pour le mois de décembre seulement, plus de 12 000 lecteurs DVD ont été vendus. Le rush était prévisible, en raison de la dégringolade des prix de ces appareils sur le marché mondial. Armés de leur bonus de fin d?année, les Mauriciens se sont précipités vers les boutiques d?électroménager.

?La baisse des prix a permis aux Mauriciens d?évoluer au niveau des équipements. C?est un processus logique. Ils sont passés de la cassette VHS au Videodisc, et maintenant au DVD?, explique Ian Sullivan de la maison J. M. Goupille, concessionnaire des marques ?Panasonic? et ?Samsung?. Environ 120 000 foyers mauriciens sont déjà équipés en lecteurs DVD.

Le marché mauricien a découvert le DVD en 2001. La technologie connaît déjà un véritable boom dans les pays développés mais, à Maurice, elle n?arrive pas à convaincre. Le prix des lecteurs est élevé alors que les rares films disponibles sont des originaux vendus à prix d?or.

Faibles coûts de production

La situation change au début de l?année dernière. ?Les prix ont baissé car la majorité des appareils sont maintenant fabriqués en Chine, un pays qui produit des volumes conséquents avec des coûts de production très faibles?, explique-t-on chez Courts. La pression sur les prix est forte. On trouve maintenant un lecteur DVD à Rs 2 000 (toutes taxes comprises).

La vente de ces appareils croît également grâce au piratage. La disponibilité de copies illicites encourage les Mauriciens à acheter les appareils, certains qu?ils sont de trouver les films qu?ils désirent. Aujourd?hui, des milliers de titres sont vendus à même le trottoir. Le prix d?un DVD piraté varie entre Rs 75 et Rs 250, alors que la location d?un original en vidéoclub est d?environ Rs 50.

Le marché des lecteurs DVD se partage en deux segments. Le premier concerne une clientèle privilégiant le prix à la qualité. Le deuxième, bien plus avisé, cherche du high-tech et de nombreuses options tant pour le son que pour l?image. Mais le marché reste extrêmement sensible aux prix, et les marques chinoises le dominent de la tête et des épaules.

Hamza Ghoorun, directeur de Whiteline confirme : ?Nos ventes ont augmenté de 30 % par rapport à l?année dernière. Nous avons vendu 3 000 lecteurs DVD rien qu?en décembre.?

Paradis pour cinéphile

Le choix de l?entrée de gamme, fait en guise d?initiation au DVD, confine cependant à certaines limites. Par exemple, toutes les zones DVD ne peuvent être lues, ni les copies pirates. Divers types de son surround ne peuvent être reproduits. Mais ces appareils trouvent néanmoins preneurs, ceux-ci se souciant peu de la qualité.

?L?acheteur inexpérimenté opte pour un produit bon marché mais au fil des mois, il voudra monter en gamme car il exigera la perfection?, fait ressortir Eric Lo, directeur de Lo Thiap Hing, représentant de la marque Toshiba à Maurice.

Le nec plus ultra demeure le Home Cinema qui peut transformer son salon en un véritable paradis pour cinéphile. Le système comprend un lecteur DVD, un amplificateur et six enceintes dont un subwoofer. Le marché local pri-vilégie le home theatre in a box, soit un combiné lecteur-ampli mince assorti d?enceintes très discrètes. Un tel package trouve preneur à partir de Rs 12 000.

?Ce marché est en hausse constante et cela ne s?arrêtera pas de sitôt car le client recherche le son et l?image parfaits?, déclare Nuvin Deerpalsingh de IBL Domestic Appliances, agent local de la marque Philips.

Mini-boom des téléviseurs

L?engouement pour les DVD provoque d?ailleurs un mini-boom au niveau de la vente des téléviseurs. Equipé de lecteur ou de Home Cinema, le Mauricien aspire maintenant à un téléviseur grand écran. Les ventes de postes de 29 et 34 pouces ont également grimpé au cours des derniers mois. Certains importateurs vont même jusqu?à offrir un lecteur DVD en cadeau à l?achat d?un grand téléviseur, prouvant que les deux produits sont presque indissociables.

Les ventes auraient explosé davantage sans les taxes imposées sur les lecteurs DVD et les téléviseurs : les droits de douane sont de 40 % pour le lecteur, et peuvent atteindre 80% pour les téléviseurs. Ce qui explique l?achat de produits électroniques au retour des voyages des Mauriciens en Asie et au Moyen-Orient.

Le phénomène de croissance dans les ventes de lecteurs DVD est mondial. Le marché global est estimé à $ 15 milliards annuellement. L?explosion est telle que la bonne vieille cassette VHS est maintenant condamnée à disparaître. Certains grands magasins européens ont d?ailleurs cessé de stocker les lecteurs VHS. Les ventes mondiales de lecteurs DVD sont 40 fois supérieures à celles de VHS. D?ici 2008, plus de 450 millions de foyers seront équipés de lecteurs DVD.

?Le marché mauricien est loin d?être saturé. Il reste une bonne moitié des foyers mauriciens à équiper?, confie Nuvin Deerpalsingh.

Les importateurs se frottent les mains. Le bruit, en dolby stéréo, des roupies tombant dans les caisses devrait perdurer.

LES ÉTAPES D?UNE ÉVOLUTION

De la Betamax au Blu-Ray

■ L?histoire d?amour entre les Mauriciens et la vidéo dure depuis 25 ans. La Bétamax est le premier format à débarquer sur nos côtes au début des années 80. Malgré une qualité supérieure, elle disparaît au profit de la cassette VHS. Les seuls appareils Betamax encore en utilisation à Maurice se trouvent à la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC).

La VHS règne alors en maître sur le marché local. Les ventes explosent dans les années 80 à la suite de la suspension de taxes sur les lecteurs VHS. La disponibilité de copies pirates sur cassettes vidéo convainc presque chaque foyer à s?équiper d?un appareil. La popularité de la VHS lui permet même de résister à l?arrivée du Laserdisc, un format qui a d?ailleurs été un échec mondial.

Le Video Compact Disc (VCD) est une autre paire de manches. Réputé pour sa mauvaise qualité d?image et boudé par les pays développés, ce format est un franc succès en Asie. Il séduit également les Mauriciens en raison de son prix peu élevé. Importés de Malaisie, les films pirates pullulent alors dans tous les coins de rue.

L?arrivée du DVD change les donnes. Elle signe l?arrêt de mort de la VHS. Cette année, seulement 3 000 lecteurs de ce type ont été importés. Le DVD stoppe aussi la fulgurante progression du VCD. Le lecteur DVD coûte Rs 500 de plus que le VCD, mais il peut également lire les VCD.

La révolution de la vidéo est loin d?être terminée. Deux formats s?affrontent désormais pour succéder au DVD. Toshiba propose le DVD-High Definition alors que Sony offre le Blu-Ray. Les premiers lecteurs et films sont déjà en vente au Japon. Le DVD-HD et Blu-Ray liront les DVD actuels.

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