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Le Christ de Mel Gibson déchaîne toutes les passions
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Le Christ de Mel Gibson déchaîne toutes les passions
Bruit et fureur autour de La Passion du Christ. Le film controversé de Mel Gibson, qui est sorti le 25 février aux Etats-Unis, jour du mercredi des Cendres, s?annonce d?ores et déjà comme un phénomène international et l?un des films les plus controversés de ces derniers temps.
Racontant les dernières heures de la vie de Jésus, le film décrit avec un réalisme sanglant le calvaire du Christ, des scènes pouvant choquer. Mais c?est un autre point qui cristallise la polémique. Les détracteurs du film lui reprochent de présenter les juifs comme les seuls responsables de la mort de Jésus.
La polémique fait rage outre-atlantique autour du dernier film de Mel Gibson, La Passion, qui relate les dernières heures de la vie de Jésus de Nazareth. Script à l?appui, certains universitaires catholiques et organisations juives américaines jugent l?oeuvre diffamatoire à l?encontre des juifs. Et Mel Gibson, catholique ultra-conservateur avéré, de s?en défendre.
Reste que dans le débat qui l?oppose aux détracteurs de son film, le producteur-réalisateur a su rallier à sa cause un partenaire de choix. En effet, La Passion peut aujourd?hui se targuer d?avoir reçu la bénédiction la plus totale du Vatican dont les officiels ont assisté ce week end à une petite projection privée.
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La Passion du Christ fait figure d?ovni dans le monde du Septième art. Semblant à l?origine promis à une diffusion confidentielle, le film, dont les dialogues en latin et en araméen sont sous-titrés, est bien parti pour devenir un succès. «C?est un des événements cinématographiques de l?année, simplement parce que c?est sans précédent», affirme Brandon Gray, propriétaire du site Internet spécialisé BoxOfficeMojo.com.
«Il est difficile d?imaginer qu?un film dans deux langues anciennes, qui est tellement religieux et axé sur la souffrance et les tortures de quelqu?un, soit un succès.» Tous les grands studios avaient rejeté le projet. Et durant le tournage début 2003, Mel Gibson a déclaré, en plaisantant, que le film pourrait «briser sa carrière».
Catholique traditionaliste, Gibson a produit, réalisé et co-écrit La Passion, y investissant 25 millions de dollars sur ses propres deniers. L?envie de ce film lui était venue après avoir connu une crise spirituelle il y a une dizaine d?années et avoir «médité sur les souffrances du Christ», a-t-il raconté.
Ce film très controversé ne sera probablement pas visible en France. Selon, une enquête d?Europe 1, les distributeurs de films (Pathé, UGC, Gaumont et MK2) sont réticents. Ils redoutent que naisse une polémique autour de ce film et préfère attendre les réactions des spectateurs, aux Etats-Unis. L?ancien interprète de Mad Max et réalisateur de Braveheart, a réfuté les accusations d?antisémitisme portées contre lui, sa famille et son film, qui, dit-il, a pour but «d?inspirer et non d?offenser».
VIOLENT ET BOULEVERSANT
Reste qu?en 2003, le père de Mel Gibson, Hutton, 85 ans, s?était illustré par des propos minimisant la Shoah et décrivant le concile Vatican II ? qui précisa dans les années 60 que les juifs ne portaient pas la responsabilité de la mort du Christ ? de «complot maçonnique soutenu par les juifs».
Et le père de l?acteur-réalisateur récidive ces derniers jours, estimant notamment que l?Holocauste est en partie «de la fiction».De nombreux observateurs et critiques de cinéma affirment que Gibson a refusé de leur dévoiler son film jusqu?au 23 février, ce qui ne leur a laissé qu?une journée pour écrire leurs critiques. «J?ai lu que Gibson travaillait encore dessus. C?est évidemment une raison légitime pour ne pas le montrer, mais je doute que ce soit la vraie raison», a déclaré Jean Oppenheimer, présidente de l?Association des critiques de Los Angeles.
Certains experts estiment que le film pourrait rapporter bien l?équivalent de son budget total ? 25 millions de dollars ? dès le premier week-end après sa sortie dans 2 000 salles américaines. Ce qui serait un départ tonitruant pour un film sous-titré sans star au générique...
A noter enfin que, dans cette nouvelle super-production, Monica Bellucci fait Marie Madeleine. «Violent» et «bouleversant» aux dires des rares privilégiés qui ont été admis à voir un montage provisoire de l?oeuvre. Pour les autres, si l?aventure vous en dit, la première bande-annonce est visible sur le site officiel du film.
Un film éprouvant pour l?interprète de Jésus de Nazareth
Interpréter Jésus dans La Passion du Christ, aura été un vrai chemin de croix pour Jim Caviezel. L?acteur s?est ainsi démis l?épaule en portant la croix, a attrapé une pneumonie, a enduré coupures et égratignures et a même été frappé par la foudre.
Catholique pratiquant, Jim Caviezel, 35 ans, a adhéré totalement au choix de Gibson de tourner des scènes d?un réalisme sanglant. Pour la crucifixion, Caviezel est resté accroché à la croix presque nu dans un vent glacial, pendant plusieurs semaines de tournage. Un acteur jouant un soldat romain lui a ouvert une entaille de 36 centimètres sur le dos lors de la scène de la flagellation du Christ. Il s?est également fait mal au dos en portant des chaînes et a même été frappé par... un éclair, dans la scène du Sermon sur la montagne.
Caviezel avait précédemment refusé de jouer le rôle de Jésus dans une pièce de théâtre et deux téléfilms, mais il a cette fois accepté en raison de la volonté de Mel Gibson à raconter l?histoire sans retenue. «Les autres fois, j?ai dit non, parce que cela n?allait pas vraiment au bout des choses. Nous nous sommes retrouvés là-dessus avec Mel. Je veux toute la vérité, ou je ne veux pas jouer le rôle du tout.» Mel Gibson a fait le choix de montrer les tourments de Jésus avec un réalisme sanglant pouvant heurter : la longue séquence de la flagellation est aussi éprouvante à regarder que la crucifixion. Pendant des jours, Caviezel s?est donc levé à deux heures du matin et a subi huit heures de maquillage pour simuler des blessures: oeil gonflé, traces de coups, plaies de la tête aux pieds. Il a reçu accidentellement deux véritables coups de fouet et en garde un souvenir cuisant. «La douleur est si horrible qu?elle coupe le souffle», dit-il. «Je me suis tourné vers (l?acteur responsable, NDLR) et je lui ai lancé quelques jurons.» Caviezel défend la violence du film, estimant qu?elle était nécessaire pour décrire les souffrances du Christ. Pour lui, le fait de tourner les dialogues en araméen et en latin participe de cette volonté de réalisme.
L?acteur à la voix douce soutient également Mel Gibson face aux accusations selon lesquelles le film attiserait l?antisémitisme et soutiendrait l?idée que les juifs sont collectivement responsables de la mort du Christ. La Passion montre des responsables juifs, soutenus par une foule en colère, demandant au gouverneur romain Ponce Pilate de crucifier le Christ.
Pour préparer le rôle de Jésus, il s?est inspiré de son éducation catholique, a relu les Evangiles, étudié les écrits de mystiques chrétiens ainsi que d?autres documents sur les dernières heures du Christ. Et il a aussi prié, notamment durant les pénibles scènes de la crucifixion, des prières qui l?ont aidé à jouer...
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