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Le choc des sensibilités
Quand les créateurs cogitent, l?industrie artistique s?agite. Doléances, défis, défauts. Règne de la piraterie, méconnaisance des droits, gestion efficace d?événements populaires. L?heure était à la réflexion mardi dernier à l?Ecole hôtelière, à Ebène. Profitant du Southern African Development Community (SADC) Creators and Performers Day, célébré le 14 octobre, le ministère des Arts et de la Culture s?est associé à la Mauritius Society of Authors (MASA) pour convier les créateurs à un séminaire d?une journée autour du thème Creators and Performers-New Challenges. Quatre interventions ont ponctué la session de réflexion.
Nouveaux défis ? Pour Naushad Ramoly, légiste spécialisé dans le droit d?auteur, les artistes doivent jongler avec les contradictions du Copyright Act et les faiblesses dans l?application effective de la loi. Citant la récente déclaration de l?inspecteur Govindareddi, responsable de l?Anti-Piracy Unit (APU), qui avouait ses difficultés à prouver l?authenticité de CD saisis, Naushad Ramoly devait insister sur l?importance des actes notariés entre artiste et producteur. ?Il faut bien avouer que la gestion des droits de l?artiste et de ceux du producteur sont parfois contradictoires, d?où la question fondamentale qui revient souvent : Qui est l?auteur ?? Enchaînant avec les droits économiques et les droits moraux qui régissent l?industrie du disque, le légiste s?est appesanti sur les implications de la licence d?exploitation exclusive et des situations motivant les ruptures de contrat.
En réponse aux interrogations sur ce sujet, Marcel Poinen, président du conseil d?administration de la MASA, a révélé que cet organisme envisage d?organiser une réunion avec les cinq maisons d?édition locales afin d?établir un contrat standard pour lier les artistes aux producteurs. Poursuivant son intervention, Marcel Poinen devait partager son point de vue sur le rôle des créateurs dans le développement économique de Maurice. Il a abordé la question des Rs 28 millions qui sont sur le compte bancaire de la MASA. La quête de la provenance de la somme a été confiée au Management Audit Bureau. Le rapport de cette institution est toujours attendu. Le président du conseil d?administration de la MASA a signifié l?intention de la société de protection et de gestion des droits d?auteurs de réclamer des droits dans cinquante nouvelles disciplines, incluant les salons de coiffure et les salons de massage. En somme tous les lieux publics où la musique est diffusée. ?Arrête dire ki bann artistes pé zoué. Non, nou pas là pou zoué mais pou travail.?
Le thème de la perception misérabiliste des artistes locaux a été repris par Jean Jacques Arjoon, conseiller au ministère des Arts et de la Culture. Après avoir évoqué les nombreux talents locaux qui ont préféré chercher des débouchés sous d?autres cieux faute d?en trouver à Maurice, le conseiller-chanteur s?est élevé contre le public formaté par le système éducatif et les médias. ?Tout est prescrit. On dit aux gens ce qu?ils doivent aimer et on n?encourage pas la capacité plurielle d?écoute. Rien ne surprend plus le public. Et quand rien ne nous surprend, cela veut dire que nous sommes vieux. La sensibilité a cédé le pas aux automatismes.?
Abordant un plan plus prosaïque, Gaëtan Abel a donné des pistes quant à l?organisation d?événements : spectacles, concerts? Il est cependant dommage de constater que l?assistance était composée en majorité de vétérans de la musique locale : Serge Lebrasse, Marclaine Antoine, Claudio Veeraragoo, Mario Armel entre autres. Où était la nouvelle génération et ses propres défis ?
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