Publicité
Le charme de la découverte
La Grande-Rivière-Nord-Ouest n?est pas uniquement cette rivière polluée que les usagers de la route traversent pour ga-gner Port-Louis ou Coromandel. Un peu plus loin, en amont, loin des bruits de moteur ou du monoxyde de carbone, c?est un autre univers, dont l?existence même est peu connue des Mauriciens.
Une cinquantaine de jeunes, attachés au centre de jeunesse de Bambous, ont découvert ce coin magnifique la semaine dernière. Il n?est pas étonnant que cet endroit reste méconnu. Le cortège de jeunes, ayant à leur tête Steve Gungadeen, le guide, quitte la route à Pailles pour emprunter un sentier pentu, bordé de buissons et d?herbe folle.
Sur la droite, c?est pratiquement le vide. Au loin, se dresse un ancien pont rouillé par l?épreuve du temps, traversé par des drains. Des maisons à Borstal surplombent la rivière. La marche est longue et la chaleur torride. Au fil du temps, le bruit de la civilisation se dissipe peu à peu. Le gazouillement des oiseaux prend la relève.
Les jeunes s?enfoncent davantage dans le bois. Les acacias et les eucalyptus cèdent la place aux lianes filantes dans lesquelles sont suspendues des fleurs blanches et mauves. Soudain le murmure d?une rivière. Il devient de plus en plus fort. Et voilà le premier obstacle ! L?eau traverse le sentier pour se déverser dans un bassin. Un petit nénuphar flotte dans l?eau limpide où nagent de petits poissons.
?Il y a des tilapia énormes plus loin?, annonce le guide. Mais les jeunes semblent plus préoccupés par la traversée du sentier. Heureusement, il y a un pont un peu plus haut. Et après, c?est une pause de quelques minutes pour s?essouffler.
Des tilapia
Un coup de sifflet. Le repos est terminé. La marche continue. Il faut traverser le canyon. Le sentier semble avoir été creusé dans la falaise par une machine géante. Des pieds d?aloès se dressent orgueilleusement sur les parois. Bizarrement, l?air devient plus chaud. Trois pailles-en-queue survolent le canyon alors que les pigeons qui ont élu domicile dans des trous dans la falaise roucoulent discrètement.
Soudain un courant d?air frais balaie l?atmosphère. On sort de la vallée étroite et on débouche sur une plaine où l?eau ruisselle entre des roches polies et des galets. Un radier sépare le cours d?eau et un étang qui est alimenté par une nappe souterraine. Le groupe s?arrête pour admirer la beauté du lieu. Des libellules rasent la surface de l?eau verte. De gros rochers ont été sculptés par la force de l?eau.
?Et voilà les tilapia?, annonce le guide. La destination de l?expédition est à côté d?un barrage de la Water Management Unit. On y arrive.Tout laisse croire que l?eau est profonde. La discipline et la sécurité sont de mise. Thierry Soopaul, animateur du centre de jeunesse, veille au grain. Il assure aussi la bonne ambiance.
Des plantes aquatiques ont envahi une partie de la surface de l?eau qui déborde d?un barrage en cascade. En levant la tête, on voit des maisons au bord d?une falaise surplombant toute la vue. C?est Mare-Gravier, explique Steeve Gungadeen.
Elodie Rabeau n?en revient pas. Elle ne s?était jamais doutée que cet endroit était aussi magnifque. Elle ne regrette pas sa première sortie avec les jeunes de Bambous.
ENVIRONNEMENT
Comme un cheveu sur la soupe
■ Des personnes sans scrupules n?hésitent pas à se débarrasser de leurs ordures aux abords des sentiers accessibles aux véhicules. C?est ainsi qu?on trouve des pneus usagés, de vieux réfrigérateurs et de la vielle ferraille. D?autres se mettent aussi de la partie du haut des falaises. Elles jettent des chaises en plastique et des sacs-poubelles qui restent accrochés aux arbres. Pourtant, c?est un endroit qui mérite d?être préservé.
Publicité
Publicité
Les plus récents