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Le chantage

21 avril 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les pourparlers entre les propriétaires de stations-service et le gouvernement ont franchi une nouvelle étape cette semaine. La Petrol Retailers Association (PRA) a maintenu son assemblée générale jeudi. Une seule résolution prise : les stations-service ne vont plus travailler au-delà des heures normales à partir du dimanche 13 mai. Elles vont respecter les horaires comme le prescrit la loi.

Le ministre du Commerce, Rajesh Jeetah, ne souhaite pas faire de commentaires à ce sujet, mais il donne une conférence de presse aujourd?hui.

Les automobilistes devront donc s?adapter aux nouveaux horaires d?ouverture, entre7 heures et 20 heures la semaine et entre 7 heures et midi les dimanches et jours féries.

Une telle proposition obéit à des impératifs économiques, soutiennent Bhanoo Seegobin et Ashok Rujhooputh, respectivement président et secrétaire de la PRA. «Les profits sur la vente des carburants sont si dérisoires (2,8 % sur l?essence) qu?ils ne devraient pas inciter les gérants des stations de service continuer à travailler jusqu?à fort tard dans la nuit», plaident-ils à l?unisson.

Ils expliquent qu?il faut prendre en compte les dépenses additionnelles que représentent les heures supplémentaires et la consommation d?électricité.

Ils évoquent également les risques du métier. Les stations service situées dans certaines régions ne sont pas à l?abri des braquages.

C?est la raison pour laquelle les gérants voient en l?utilisation des cartes bancaires un moyen de dissuader les vols. Pour l?heure, ils refusent les cartes en raison de la taxe imposée par les banques. Seul un relèvement de leur marge les inciterait à revenir sur cette décision.

<B>Mot d?ordre observé</B>

Dans quelle mesure la résolution prise par l?assemblée générale sera-t-elle suivie ? Ashok Rujhooputh est confiant : «Les représentants de 76 stations ont voté en faveur de cette résolution qu?ils sont donc tenus de respecter. Il y avait 25 stations absentes. Aucune inquiétude à avoir car ces stations ferment généralement très tôt.»

Le mot d?ordre sera scrupuleusement observé, estime le secrétaire de l?association. Les dirigeants de la PRA précisent que les horaires de fermeture recommandés n?ont rien à voir avec la principale revendication de l?association, c?est-à-dire, une marge de profit de 6 % sur les ventes du carburant.

La PRA fait de l?arrêt de la vente du gaz ménager son principal cheval de bataille. «Si notre marge n?est pas revue, nous allons arrêter de vendre le gaz ménager après avoir donné un préavis aux consommateurs.»

<B>L?ICP invite le gouvernement à ne pas céder</B>

Le directeur de l?Institut pour la protection des consommateurs, Mossadeq Sahebdin, est catégorique. Si le gouvernement cédait à la pression des gérants des stations-service et leur accordait une augmentation de leur marge de profit, ce sont les consommateurs qui en subiront les conséquences. Il s?explique : l?Automatic Pricing Mechanism (APM), dans son ajustement, tiendrait compte du montant qui aura été accordé aux distributeurs, donc augmenterait le prix. Il récuse la thèse selon laquelle les profits des stations sont en baisse et avance que1 434 734 tonnes métriques de diesel ont été écoulées sur le marché au cours du dernier trimestre. Or, le profit est calculé par rapport au volume d?un produit vendu.

DU CÔTÉ DES PéTROLIERS

<B>Inquiétude de Total</B>

Le directeur général de Total Mauritius Ltd., Murizio Libutti ne cache pas certaines appréhensions quant à l?incidence que pourrait avoir la décision des stations-service sur les consommateurs. «De manière générale les stations-service sont ouvertes de 6 heures à 22 heures. Si les gérants des stations-service ont décidé de limiter leurs heures d?ouverture, tout en restant dans les paramètres légaux, c?est tout simplement pour réduire leurs coûts d?opération qui n?ont cessé de s?accroître au fil des années. C?est le même cas d?ailleurs pour les sociétés pétrolières. Pour Total, qui axe sa politique sur le service clientèle, cette décision, dictée par une nécessité financière, ne va pas dans le bon sens car, «in fine, c?est le consommateur qui sera pénalisé. Nous exprimons le souhait que les négociations avec l?administration pour réajuster les marges se poursuivent dans le dialogue constructif et sommes confiants qu?une solution acceptable par toutes les parties concernées sera trouvée.»

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