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Le calvaire d?une femme battue
?Si ban voisin pas ti vine kalme li en decam dernier, li ti pou eclate sa bonbonn gaz ki ti dan la cuisine pou touye nou? raconte Dorine, pour dire à quel point son époux lui en veut ainsi qu?à sa fille Aurélie, 14 ans et son fils Clarel, 11 ans.
Les vitres brisées sur le seuil de la porte et l?odeur de fumée qui émanent de la maison, donnent une idée de l?atmosphère oppressante dans laquelle elle vit avec ses deux enfants.
Dorine raconte que, lorsqu?elle a épousé J.M il y a quinze ans, tout marchait à merveille. Mais sa vie a basculé le jour où il a commencé à avoir un penchant pour la bouteille. ?Il s?absentait souvent de son travail et passait tout son temps à consommer de l?alcool de manière excessive . Il perdait souvent son self control?, explique son épouse.
Ne pouvant supporter plus longtemps le comportement de son époux, Dorine décide un matin d?aller consigner une déposition au poste de police de Plaine-Magnien, et va au centre des femmes de Mare -Tabac pour dénoncer la violence qu?elle doit subir.
Malgré les avertissements répétés de la police et un Protection Order du tribunal, J.M ne change guère ses mauvaises habitudes. Il continue à proférer des injures à haute voix matin et soir, à chaque fois qu?il prend quelques verres de trop, jusqu?au jour où il met le feu à la maison brûlant les vêtements et le mobilier.
Des voisins, qui ont été témoins de ces scènes de violence, racontent que l?homme était souvent agressif : ?Li ti vinn incontrolab?.
Pour se protéger, Dorine ne se rappelle plus combien de fois ellea dû se présenter au poste de police de la localité pour ramener à l?ordre son mari. ?Mo faire appel la police pou zot prend nou cas au sérieux?.
Craignant pour sa vie et pour celle de ses deux enfants, elle a dû quitter le toit familial pour aller habiter chez ses parents, qui dépendent largement de leur pension de vieillesse pour faire bouillir la marmite.
Dorine travaille actuellement comme femme de ménage dans la région à chaque fois qu?elle est sollicitée.
Essayer de s?en sortir
?Larzent-lapas suffi. Li bien difficile pu zoine les deux bouts?.
Conscients que l?éducation est le seul moyen de s?en sortir, Aurélie et Clarel n?ont pas laissé ces conflits familiaux affecter leurs études. Leur mère suit de près leurs progrès.
?Tous les deux appran sérieusement malgré ki la situation difficil?. Pour preuve, Aurélie qui fréquente le collège de d?Etat France Boyer de la Giroday, à Plaine-Magnien, et Clarel l?école primaire de la localité, ont tous deux réussi à leurs examens.
?Je me battrai jusqu?au bout pour qu?ils réussissent aussi dans la vie?
Dorine lance un appel aux ministère de la Femme et du développement de l?enfant, aux organisations-non gouvernementales qui sont concernées par la violence domestique pour que son calvaire prenne fin.
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