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Le calvaire de Marie-Ange
D?intenses douleurs dans la jambe droite et dans le bas du dos. Les activités les plus banales, comme faire ses courses, cuisiner, lui sont devenues insupportables. Tel est le martyre que subit Marie-Ange Agathe une Rodriguaise de 47 ans. Elle affirme être devenue invalide après s?être fait opérer des varices à l?hôpital de Crève-C?ur.
Marie-Ange était une femme active, mais depuis, sa vie a basculé. Pourtant, le ministère de la Santé maintient qu?il n?y a pas eu négligence médicale.
« Mo ti a kontan konné ki fine arriv moi. Mo la vie ine baskilé, mo ine bien désorienté et li pas facile ditou pou moi. Mo ti ene dimounn ki ti pe trace pou gaign mo la vi et ene kout mo inn vinn invalid. Mo pa kapav fer mo louvraz, kui mo manzé, mo pa capav repran mo travay », confie-t-elle la gorge nouée.
Cela faisait plus d?un an qu?elle était soignée pour ses varices par un médecin mauricien. Le 5 janvier 2004, elle reçoit une lettre l?informant qu?elle devra subir une opération? la veille. Malgré le retard, elle va à l?hôpital. Là-bas, elle apprend que la salle d?opération est déjà réservée. De plus, son médecin traitant a pris d?autres engagements.
Le 12 février, elle est opérée une première fois par un autre médecin. « Après lopérasion mo gagne dimal la haut mo la cuisse et sirtou li brilé derier cot mo coccyx. » Trois jours plus tard, elle passe à nouveau sur la table d?opération.
« Dokter ine koup ene bout dans mo la zam pour fer ene réparation la haut mo la kuiss. So lendemin, mo ti bien feb, mo trouv noir, mo pa capav cozé. » Elle est alors transportée d?urgence à l?hôpital du Nord à Maurice.
Après avoir nettoyé sa plaie, le médecin lui affirme qu?elle ira mieux. Rassurée par cette nouvelle, elle reprend espoir. Mais la plaie s?infecte de nouveau et il faut l?opérer. Mais grâce à la gentillesse des infirmiers, ses craintes se dissipent.
Le 12 mars, après avoir passé quatre semaines à l?hôpital du Nord, elle peut enfin rentrer chez elle à Bigarade.
À condition qu?elle aille régulièrement à l?hôpital pour faire des pansements. Le médecin lui conseille de se reposer et lui fournit un certificat médical pour qu?elle puisse faire une demande de pension d?invalidité à la sécurité sociale.
Passer d?une vie active à celle d?une infirme
Les questions se bousculent alors dans sa tête. Elle ne comprend pas comment elle a pu passer d?une vie active à celle d?une infirme. Marie-Ange explique qu?elle a demandé à sa mère de l?accompagner à son rendez-vous à l?hôpital. « Mo ti envi konné ki finn fer moi pendan lopérasion et ki fer mo fine ale Moris. Mo pa fine assez compran pou explik mo fami. » Elle ajoute que personne ne l?a informée des risques qu?elle pourrait courir.
Pressé de questions, son médecin l?informe que sa santé s?est dégradée après la première opération à Rodrigues. « Li dir fin bizin avoye moi Moris parski fine gagne infeksion dans mo la venn et ki péna lappareil Rodrigues pou get sa. » Elle affirme que le praticien a tenté de la rassurer en lui expliquant que tous les détails concernant son cas avaient été communiqués à la sécurité sociale. « Dokter là dir moi al pran ene fotokopi sékirité sosial. Mais li ékrir en anglé et nou bizin fer dimoun tradir? »
Le flou persiste quatre mois après la première opération. Mais ce n?est pas le cas pour le ministère de la Santé. « Une plainte de Mme Agathe a été déposée au Medical Council. Une enquête menée au niveau du ministère révèle qu?il n?y a pas eu de négligence médicale et que la patiente n?est pas devenue invalide », affirme-t-on au ministère. Entre-temps, Marie-Ange lutte seule contre la douleur et l?incompréhension.
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