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?Le budget doit redonner confiance au monde des affaires?

6 juin 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

● <B>Dans quelle mesure les dérapages entre le gouvernement et l?establishment du secteur privé ont-ils influencé le marché boursier ? </B>

La Bourse a effectivement connu des perturbations lors des tirs croisés entre le gouvernement et le Joint Economic Council (JEC). Ces tensions ont créé une certaine nervosité sur le marché.

La confiance est un élément essentiel chez les investisseurs. Ces derniers deviennent nerveux lorsqu?ils commencent à entrevoir des éléments d?incertitude et de perte de visibilité dans l?économie. Les marchés financiers sont très sensibles aux facteurs politiques, surtout s?il s?agit d?événements susceptibles de compromettre la performance des entreprises.

Il y a eu des déclarations assez graves de la part des dirigeants du gouvernement contre le secteur privé. Les investisseurs ont interprété ces remarques comme des signes selon lesquels les autorités pourraient venir changer les règles du jeu et remettre en question certains gros projets des compagnies dans lesquelles ils ont placé leur argent. En tout cas, c?est la perception qui prédomine, même si la réalité est peut-être tout autre.

● <B>Quels sont les contentieux qui inquiètent le plus les investisseurs ? </B>

Les critiques de certains membres du gouvernement contre les integrated resort schemes (IRS) sont une source d?inquiétudes. Une aile radicale du gouvernement a décrié ces projets en disant qu?ils représentent une manne pour les promoteurs et que le pays dans son ensemble n?en tire pas suffisamment de bénéfices. Ces commentaires font tiquer ceux qui ont investi dans les compagnies qui ont des projets IRS. Des rumeurs selon lesquelles le gouvernement viendra imposer de nouvelles taxes sur les IRS entretiennent ces appréhensions. En effet, les actions des sociétés sucrières à la Bourse avaient beaucoup progressé en raison de ces opportunités de développement foncier et immobilier. Ces titres ont été touchés par les incertitudes autour de la politique des IRS.

Le Competition Bill est également un dossier qui suscite des doutes chez les compagnies cotées en Bourse et chez leurs actionnaires. Certaines informations parues dans la presse sur ce texte de loi ne sont guère rassurantes. Les limites aux parts de marché qu?occupent les opérateurs de la distribution, par exemple, en sont une.

Le marché domestique est très restreint. On ne peut pas prendre des normes européennes et les appliquer au contexte mauricien. Il y a des activités qui ont besoin d?être d?une taille suffisamment grande pour être rentable.

● <B>Certains analystes attribuent les perturbations à la Bourse comme une correction du marché après une forte croissance?</B>

Il est vrai que le marché a connu une forte progression et que certains titres montraient des signes de surchauffe. Une correction était certes attendue, car le marché était devenu cher. Il est vrai aussi que les tensions entre le JEC et le gouvernement sont venues accentuer la nervosité des investisseurs. Le marché était devenu vendeur et a chuté lourdement par la suite.

Je constate que les investisseurs individuels ont pris panique et ont vendu leurs actions. Les investisseurs institutionnels, par contre, ont adopté un certain attentisme.

● <B>Qu?attendent-ils exactement ? </B>

Ils attendent des signaux clairs du prochain budget. Le budget doit redonner confiance au monde des affaires. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, doit donner l?assurance que les réformes enclenchées ne vont pas s?arrêter et que le gouvernement n?est pas anti secteur privé.

Les gens ont tendance à penser que le gouvernement n?est pas business-friendly. Le ministre des Finances aura un rôle clé à jouer pour réconforter les opérateurs.

Il est vrai aussi que le JEC n?aurait pas dû aborder certains problèmes de la manière dont il l?a fait. Il ne fallait pas taper sur le gouvernement de la sorte en public. Il faut savoir que les étrangers qui investissent à Maurice suivent de près ce qui se passe chez nous.

Propos recueillis par A.R

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