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Le BOI se positionne
Rama Sithanen l?a dit, le Board of Investment (BOI) l?a fait. Alors que le Finance Bill fait l?objet de débats parlementaires depuis le début de la semaine, le BOI a profité de l?occasion pour présenter sa nouvelle orientation à la suite de la réforme économique prônée par le dernier exercice budgétaire.
« Comme dans tout business, le BOI a un produit que les investisseurs veulent acheteret ce produit est Maurice. Nous voulons améliorer ce produit et l?environnement des affaires dans l?île. » Ces propos de Maurice Lam, président du BOI, lors d?une conférence de presse vendredi, annoncent le nouveau visage et la nouvelle direction dans laquelle s?oriente l?organisme chargé d?encourager et de favoriser l?investissement local et étranger. Et pour ce faire, le BOI amorce une nouvelle ère à partir du 1er octobre, date à laquelle les nouvelles mesures prendront effet.
« C?est un moment déterminant pour le BOI. Nous ne serons jamais comme l?Inde, la Chine, Dubayy ou encore l?Afrique du Sud. Il nous faut donc trouver comment optimiser ce que nous avons », a souligné Raju Jaddoo, directeur du BOI. C?est dans ce sens que, désormais, tout nouvel investisseur sera considéré comme « responsable » par le BOI et ne nécessitera plus l?aval de l?organisme pour se lancer dans un business particulier, jusqu?ici incarné par le certificat d?investissement.
Autre mesure qui sera appliquée aussitôt le Finance Bill approuvé : l?élimination des lourdeurs administratives entourant l?octroi de tous les permis d?opération, ramenant ainsi la durée des démarches
à trois jours seulement. Ainsi, l?on assistera alors à une première dans la législation mauricienne selon Sudesh Ghurburrun, directeur de l?Investment Facilitation. Le concept du « silent agreement » entrera alors en vigueur. Il permettra à l?investisseur d?aller de l?avant avec son projet, même sans la finalisation de son dossier auprès du BOI.
Se voulant rassurant, Maurice Lam a aussi parlé de la crainte de l?arrivée d?investisseurs étrangers sur le territoire national. « Il ne faut pas oublier que l?investisseur est un animal économique. Il est seulement orienté vers le profit. Louer les services de quelqu?un de son pays d?origine s?avérera plus que coûteux. Il se tournera vers les compétences mauriciennes, si celles-ci sont disponibles bien sûr. Il ne faut pas voir en cela une menace », a-t-il ajouté.
« Utiliser Mauricecomme une plate-forme »
Vendre les opportunités d?affaires qu?offre Maurice est aussi le but de la mission du ministre des Finances, Rama Sithanen, qui entreprend de rencontrer des investisseurs à travers le monde pour les convaincre de s?implanter à Maurice.
Dans cette optique, le BOI a identifié trois arguments de vente qu?a expliqués Maurice Lam. « Nous voulons convaincre les investisseurs d?utiliser Maurice comme une plate-forme pour leurs opérations globales. Maurice sera aussi une plaque tournante vers l?Afrique dans les deux sens, pour les investisseurs voulant sortir les matières premières ou d?autres services d?Afrique vers le marché global ou les hommes d?affaires africains voulant entrer dans le marché international. »
Les responsables des divers créneaux du BOI ont également présenté un bref aperçu des grands chantiers dans leur domaine respectif. C?est ainsi que plusieurs projets ont été mis en avant, dont l?implantation d?une nouvelle école de médecine, le Shri Ramachandra Medical College and Research Institute ou encore l?école d?ingénierie JSS Academy, tous deux basés en Inde.
L?application pratique de ces nouvelles mesures dépend cependant de la collaboration interne de nombreuses autres institutions ou organismes. « Il y aura toujours des gens qui feront de la résistance, mais maintenant, avec l?approbation du Finance Bill, ça sera la loi », prévient Raju Jaddoo.
Malgré les récentes critiques portant sur le manque de dynamisme de l?organisme, notamment après le récent épisode de la nouvelle équipe en place depuis neuf mois, des jours meilleurs sont à venir.
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