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Le blé made in Mauritius bientôt à portée de bouche

7 septembre 2008, 00:00

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Véritable branle-bas de combat au restaurant Chez Aka Devi de Cassis, réputé pour la qualité de ses dholl puris, et à la boulangerie Première de Camp-Levieux. Pour la première fois, ils font face à une pénurie. Mais ce n?est pas de leur faute. Ils sont en fait, victimes de la réussite des tous premiers produits fabriqués avec de la farine de blé entièrement made in Mauritius. Les organisateurs d?une campagne de promotion, qui les ont choisis comme sujets d?expérience, ne s?attendaient pas non plus à un tel succès. Et maintenant, il faut faire face à la demande?

Que les opérateurs et consommateurs se rassurent. Ce scénario ne s?est jamais produit, mais il pourrait bien avoir lieu dans un proche avenir. En effet, le gouvernement par le biais de sa branche de recherche agricole, l?Agricultural Research and Extension Unit (AREU), de la Mauritius Agricultural Marketing Cooperative Federation, des Moulins de la Concorde Ltée (LMLC), la seule minoterie de l?île, et avec l?aide de la State Trading Corporation (STC) et du Mauritius Sugar Industry Research Institute, s?est donné pour mission de commercialiser une farine à partir d?un blé cultivé localement. Cependant, pour y arriver, beaucoup d?étapes doivent encore être franchies.

La première : croire dans la capacité du pays de se lancer dans la culture du blé. Et face à une menace potentielle de pénurie de denrées alimentaires sur le plan international, le gouvernement n?a eu d?autre choix que d?inviter l?AREU à relever le défi de produire du blé à Maurice.

Et il faut dire que cette organisation ne s?est pas fait prier pour agir. C?est auprès du Centre de recherche pour le maïs et le blé du Mexique (CIMMYT) que l?AREU a trouvé les variétés susceptibles d?être cultivées à Maurice. « Ce centre dispose de la plus grande collection de variétés de blé qui peuvent être adaptées à différents types de climats », soutient Mala Gungadurdoss, chef de département de la division d?Agronomie au ministère de l?Agro-industrie.

Quarante-neuf variétés ont donc été importées. Et c?est sur un terrain de 1 500 mètres carrés, coincés entre des plantations expérimentales de maïs et d?oignon Bella Rose, à Réduit, que les nouveaux venus ont été plantés. 110 jours après la mise en terre des semences, qui a eu lieu vers fin avril début mai, les résultats sont à la hauteur des espérances. L?AREU effectue l?une des premières récoltes de blé de son histoire.

Le rendement à l?hectare est également de bon augure. Les projections permettent d?estimer que la production pourrait atteindre entre quatre et cinq tonnes de blé par hectare. Ce qui est nettement supérieur à la moyenne mondiale qui se situe entre les 2,8 tonnes et 3 tonnes à l?hectare. Il reste maintenant à l?AREU de mener des tests pour identifier les régions les mieux adaptées aux différentes variétés.

« Nous sommes emballés par le projet »</B>

La deuxième étape consiste à repérer des opérateurs déterminés à s?investir dans un tel projet. C?est du côté de la Mauritius Agricultural Marketing Cooperative Federation que vient la réponse. « Nous sommes emballés par le projet. Grâce à notre intermédiaire, nous sommes capables de mobiliser les petits planteurs. La fédération compte quelque 2 500 membres qui possèdent à eux seuls pas moins de 7 000 hectares », explique Amarjeet Beegoo, secrétaire de la fédération. C?est sans aucune difficulté donc, que des petits planteurs ont consacré deux portions de terre à St-Pierre et à Richelieu pour le lancement d?un projet pilote de culture de blé.

Toutefois, l?ambition de la fédération ne s?arrête pas là. Elle envisage aussi la mise en place d?un vaste programme de mécanisation, au cas où les résultats du projet pilote ouvrirait la voie à la culture du blé sur une grande échelle. « Nous obtiendrons l?appui financier de la STC », soutient Amarjeet Beegoo. L?intérêt de la STC pour un tel projet est plus qu?évident. Cette compagnie privée de l?Etat est chargée de l?importation des produits de base dont le riz, la farine, de même que des produits pétroliers. La production du blé à Maurice contribuera donc à réduire, en partie, la dépendance de l?île par rapport aux pays étrangers pour ce qui est de la farine.

Par ailleurs, pour que la farine made in Mauritius atteigne le consommateur, il lui faut passer l?épreuve la plus éprouvante de son cheminement : l?évaluation de la qualité du grain de blé. C?est là que LMCL, qui possède le savoir-faire pour ce genre d?exercice, devrait entrer en scène. Même si pour effectuer ce test, il lui faudra entre 40 et 50 tonnes de farine, ce qui sera loin d?être le cas. « Il est possible de rechercher l?aide d?une minoterie de capacité inférieure », explique André Bégat, Technical Manager de LMLC.

Si LMLC est choisie, elle fera moudre les grains de blé, procédera à une analyse chimique et physique de la farine pour, entre autres, déterminer sa teneur en protéine et en cendre. Les techniciens de la minoterie devront également évaluer l?intérêt de la clientèle pour les divers produits alimentaires (pains, gâteaux, dholl puris, faratas) fabriqués avec de la farine made in Mauritius.

La dernière étape à franchir sera sans doute la plus difficile. Elle consiste à déterminer si le coût de production d?une farine made in Mauritius est abordable. « S?il est exorbitant, nos travaux de recherche auront le mérite de nous avoir offert une porte de sortie que nous pourrions éventuellement utiliser en période de crise alimentaire extrême », soutient Shyama Parsad Bisnauthsing, Business Development Manager de l?AREU.

<B>Le riz aussi?</B>

L?appétit vient en mangeant.

Après le blé, la Mauritius Agricultural Marketing Cooperative Federation se propose de lancer un projet de culture du riz. 77 variétés de riz ont été obtenues auprès de l?International Research Rice Institute. Si les tests sont concluants, la culture de cette denrée de base pourrait revoir le jour à Mare d?Australia, là où elle était pratiquée dans le passé.

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