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Le bilan du séisme pourrait atteindre 50 000 morts

30 décembre 2003, 20:00

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<B>Les</B> autorités iraniennes craignent que le bilan du séisme qui a rayé, vendredi, 80 % de la cité historique de Bam, dans le sud-est du pays, n?atteigne 50 000 morts.

Quatre jours après la catastrophe, les secouristes étrangers ont commencé hier à plier bagages tout en lancant un appel pour l?envoi de vêtements, couvertures et médicaments supplémentaires pour les très nombreux sans-abri.

L?espoir de retrouver de nouveaux rescapés étant pratiquement épuisé, priorité est donc accordée aux civils qui ont échappé au tremblement de terre dévastateur qui a surpris une bonne partie de la population dans son sommeil.

Le séisme, d?une magnitude de 6,3 sur l?échelle de Richter, a fait plus de 30 000 victimes, des milliers de blessés et environ 100 000 sans-abri dans cette cité-étape de l?ancienne Route de la soie. Environ 28 000 corps ont déjà été retrouvés et inhumés à la hâte dans des fosses communes creusées par des bulldozers dans le cadre d?un ballet macabre ininterrompu.

?Nous nous attendons à ce que le bilan atteigne les 50 000 morts?, a confié hier à Reuters un haut responsable du ministère de l?Intérieur. ?Etant donné que chaque habitation compte en moyenne cinq occupants, on peut en déduire que le nombre des victimes atteindra 50 000 morts.?

Un autre important responsable gouvernemental a confirmé cette projection. ?C?est également le chiffre qui circule?, a-t-il dit.

Si ce chiffre est confirmé, le séisme de Bam, à un millier de km au sud-est de Téhéran, deviendrait la catastrophe naturelle la plus meurtrière depuis le tremblement de terre de 1976 qui a fait environ 250 000 victimes en Chine.

<B>Armée de balayeurs à pied d??uvre</B>

Hier pourtant, l?affluence a nettement diminué au cimetière de Bam où, selon un colonel des ?pasdaran? (gardiens de la révolution), trois inhumations seulement ont eu lieu dans la matinée.

Pour les sauveteurs, les opérations de secours sont désormais entrées dans une nouvelle phase.

?Nous passons du stade des recherches et des secours à celui de l?assistance humanitaire?, explique Jesper Lund, de l?Office de coordonation des affaires humanitaires de l?Onu.

Une armée de balayeurs armés de pelles et de brouettes a commencé hier à nettoyer les débris dans les rues quasi-désertes de Bam.

Assad Najafi, 24 ans, charge ce qu?il a pu sauver de son magasin d?accessoires automobiles. ?Cette ville a été anéantie. Je pars à Téhéran avec ce qu?il me reste de possessions?, explique-t-il. L?ampleur de la catastrophe a déclenché une mobilisation sans précédent de la communauté internationale, y compris des Etats-Unis, encore récemment qualifiés de ?Grand satan? par le régime des ayatollahs, en faveur de l?Iran.

Ce week-end, un avion de l?US Air Force ? le premier à se poser en Iran depuis la Révolution islamique de 1979 ? a été accueilli en Iran avec, à bord, de l?aide humanitaire destinée, au départ, à l?Irak voisin.

Lundi soir, six pays voisins arabes du Golfe ont décidé d?accorder une aide de 400 millions de dollars à Téhéran pour secourir les populations sinistrées de Bam et reconstruire la région.

<B>Canaris miraculeux</B>

Malgré cette assistance étrangère massive, les humanitaires estiment qu?il faudrait multiplier cette aide pour secourir les quelque 100 000 personnes privées de toit et les milliers de blessés.

?L?aide, certes, afflue mais n?est pas suffisante. Il y a encore beaucoup de failles?, estime sur place Rob MacGillivray, de l?ONG britannique Save the Children Fund.

?Il y a encore beaucoup, beaucoup de gens sans-abri, notamment dans les secteurs les moins accessibles. Et trop de réfugiés se pressent sous une seule tente. Il faudrait réduire ce chiffre pour rendre les conditions de vie relativement plus acceptables.?

Pour cet humanitaire, priorité doit être accordée au rétablissement des soins de santé de base après la destruction des deux principaux hôpitaux de la ville, victimes de la secousse.

Couvertures, vêtements d?enfants, barres de savon, ustensiles de cuisine et grandes bassines destinées au stockage de l?eau potable manquent ainsi encore cruellement.

Le président Mohamad Khatami devait réunir hier à Kerman, siège du gouvernorat dont dépend Bam, un conseil des ministres extraordinaire consacré aux efforts de secours et de reconstruction.

Hier matin, une bonne partie des équipes de sauveteurs accourus de 28 pays a commencé à ranger leurs matériels, faute de pouvoir retrouver de nouveaux survivants. ?Nous rentrons à Vienne?, annonce ainsi l?Autrichien René Nobis, dont l?équipe n?a retrouvé ?que? 40 corps depuis son arrivée en Iran.

D?autres secouristes ont décidé de donner une dernière chance aux recherches, mais sans trop y croire.

Lundi, au milieu de ce spectacle de mort et de désolation, les sauveteurs ont suscité une petite lueur d?espoir en ramenant à l?air libre un bébé de six mois miraculeusement sauvé par l?étreinte de sa mère, décédée sous les décombres de sa maison en ruine.

Enfin, à en croire l?agence de presse iranienne Irna, deux enfants enfouis sous les décombres de leur maison écroulée ont été secourus grâce au chant de leurs canaris en cage.

Parisa Hafezi et Edmund Blair.

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