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Le 1er mai sous haute surveillance
Toliara n?est pas prête de retrouver le calme suite à l?arrestation des têtes pensantes de l?opposition locale. Après les pillages de vendredi dernier, les propriétaires des 80 établissements commerciaux victimes ont déposé plainte contre X. C?est ainsi que les autorités ont procédé à l?arrestation de quatre personnalités considérées comme des figures de proue de l?opposition locale. Il s?agit de deux parlementaires qui ont dirigé la manifestation de la semaine passée : le Sénateur Robert Razaka et le député de Toliara I, Dimby Benaria.
Deux autres dirigeants de l?opposition ont été également arrêtés: Tsimarivo Railala, membre du Parti socialiste et Démocratique de l?union démocratique pour Madagascar (PSDUM) de Jean Lahiniriko, et Luc Vital, président du conseil municipal de la ville.
Toliara était donc une ville sous haute surveillance, avant-hier, le 1er mai, et la manifestation prévue n?a pu se tenir. Elle avait été programmée par les différents clans de la région pour demander la libération des personnes arrêtées à la suite de l?affrontement entre forces de l?ordre et manifestants et des pillages des ?Mpihavy?.
Cela aurait dû traduire un ultimatum lancé par les Antandroy, les Vezo, les Tanalagna, au PDS de la province, Roland Randriamampionona, et au maire de la ville, Dimby Vaovolo. Des éléments d?élites venant d?autres villes sont arrivés sur place pour renforcer les forces locales. Ce sont, entre autres, des agents de l?Emmo-Nat, des FIP d?Antananarivo, de la gendarmerie d?Ihosy et de la police de Sakaraha. Ils ont contrôlé les moindres parcelles de la ville pour empêcher tout rassemblement.
En même temps, les perquisitions ont continué aux domiciles des principaux leaders du mouvement de contestation interpellés depuis le weekend ainsi qu?au campus de Maninday. Une source rapporte que, durant la journée de lundi, Marcel Eongobelo, membre du PSDUM qui a pris la fuite la veille, s?est rendu aux autorités. Trois autres personnes ont été arrêtées. Avant-hier après-midi, 15 étudiants sur les 25 mis en examen ont toujours été gardés à vue au camp de la gendarmerie.
Parailleurs, se manifester devient ardu pour les syndicalistes. C?est le constat qu?ont fait ces derniers, venus défiler, eux aussi avant- hier, à Mahamasina, dans le cadre des célébrations du 1er mai. Malgré les contraintes, les syndicalistes sont venus nombreux pour revendiquer pacifiquement leurs droits.
?Nous exigeons un salaire minimum 250 000 ariary, car actuellement, dans cetains secteurs, le Smig est encore à Ar 48 000, ce qui n?est pas convenable à la conjoncture actuelle?, explique Ange Zafinarivomanana, soulignant que la route est encore longue pour les syndicalistes pour acquérir leurs droits.
Mais un problème mine les efforts. Selon Solofonirina Andrianarijaona, délégué du personnel au sein d?une entreprise franche de la capitale, ?il est difficile de sensibiliser les travailleurs à devenir syndicalistes?.
Et d?ajouter que nombreux ignorent leur existence et d?autres ne sont pas autorisés à devenir membres, alors que seul le syndicat peut défendre l'intérêt des employés.
?L?inspection n?est plus très fiable?, constate-t-il encore.
Irène RAZANAMPARANY
© L?Express de Madagascar
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