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Leçons de dévouement
Un peu parent, un peu psy. Prof avant tout. Armés d?une patience, «innée» qui «s?améliore avec l?expérience». Pour traverser les jours où, «tout va de travers». Aurore Perraud, 32 ans, enseignante de langue et de littérature française au Collège Père Laval est de ceux qui «ont du mal à ne pas ramener le travail à la maison». Les enfants, elle y pense tout le temps. A tel point que son conjoint lui lance parfois, «kolez pas avan moi». «C?est cela la vocation», explique-t-elle. Le Teachers? Day, journée mondiale de l?Unesco, est célébrée le 5 octobre.
A écouter Aurore, on comprend qu?elle n?est pas avare de son temps, quand il faut gérer les traumatismes de chacun. Ceux de l?élève dont le père est prison, de celui qu?elle a accompagné au centre de solidarité à Terre-Rouge, le week-end, ou encore celui venu lui confier que sa copine est enceinte. Malgré ses dix ans d?expérience, elle ne sait pas faire autrement que s?engager. Contrairement à son collègue Wesley Jean-Marie, prof de maths, qui arrivé à «tout oublier une fois que je passe la porte du collège».
Mélissa Levantard, 28 ans, enseignante de maths et de science depuis sept mois au collège, affirme avoir «trouvé l?équilibre» depuis qu?elle a choisi cette profession. Consciente de travailler dans une institution qui accueille des élèves pas toujours gâtés par la vie, Mélissa Levantard insiste sur «la différence entre la localité et le collège. Il est faux de dire que tous les enfants qui sont au Collège Père Laval sont défavorisés». Wesley Jean-Marie, lui, en tire pas mal d?orgueil. «On fait ce que d?autres n?ont pas voulu faire : prendre des recalés du système et les faire progresser. Il y a plus de fierté à faire réussir un élève moins brillant qu?à faire briller un classé.»
Aurore Perraud l?a su pas plus tard que cette semaine. «Dans la rue, quelqu?un m?a appelé et j?ai reconnu dans le policier devant moi l?un de mes anciens élèves. Cela m?a beaucoup émue.»
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