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L?autre aide européenne...
À Bruxelles, Rama Sithanen et Arvin Boolell, ministres des Finances et de l?Agro-industrie respectivement, se sont parés cette semaine de l?auréole d?élève modèle des pays Afrique Caraïbes et Pacifique (ACP) dont fait partie Maurice. Leur mission : négocier une aide supplémentaire au siège de la Commission européenne.
La ligne à tenir est claire:« nous méritons plus. » Rama Sithanen explique que « les discussions ont été intéressantes et que nous avons été entendus ». Mais il ne précise pas si Maurice obtiendra satisfaction.
Notre grief est simple : le pays produit 40 % du sucre que les ACP exportent vers l?Europe, mais ne recevra que 15 % des 40 millions d?euros, soit Rs 1,5 milliard, en termes de mesures d?accompagnement que l?Union européenne compte verser à ces pays en 2006. «Nous leur avons bien fait comprendre que l?aide supplémentaire nous permettra d?augmenter la compétitivité de notre filière sucre, consolider notre industrie de la canne et son volet génération d?énergie mais aussi diversifier l?économie », confie Rama Sithanen.
Mais l?aide supplémentaire paraît impossible à obtenir. Car la Commission européenne demeure inflexible. Selon les dernières indications, Maurice devrait continuer à ne bénéficier que de 15% des Rs 7 milliards annuelles qui seraient versées aux ACP jusqu?en 2013.
C?est connu que lors des négociations commerciales, ce sont parfois les réunions informelles qui font apparaître les voies les plus intéressantes à suivre.
Les aides dans le cadre du dixième Fonds européen de développement (Fed) en sont une. « Le prochain Fed que nous commençons à négocier en ce moment contient un volet sucre », confirme Rama Sithanen.
Ce dernier évite toutefois de dire si un « package spécial » sera alloué à Maurice à partir de ce fonds.
Le 9e Fed expire fin 2007 et dès 2008, Maurice pourrait être « aidée » autrement par l?Union européenne à travers une dotation spéciale et beaucoup plus importante que les années précédentes. Une manière « déguisée », dit-on, de donner un coup de pouce au pays.
Mais en attendant cette hypothétique bonne nouvelle, l?opposition se contente de critiquer. Lors de sa conférence de presse hebdomadaire hier, le leader du Mouvement socialiste militant (MSM), Pravind Jugnauth, n?y est pas allé de main morte en torpillant le gouvernement.
Il considère que celui-ci a traité le dossier sucre avec « légèreté et amateurisme ».
À en croire l?ancien porte-parole des ACP, cette attitude explique « pourquoi nous sommes en train de récolter des miettes ».
Il accuse d?ailleurs le Premier ministre, Navin Ramgoolam, d?être « totalement responsable » de ce fiasco.
Dès le début, déplore Pravind Jugnauth, Navin Ramgoolam, Arvin Boolell et Madan Dulloo « ne se sont pas souciés » du travail diplomatique à abattre pour obtenir une compensation adéquate.
Le leader du MSM rappelle comment Navin Ramgoolam a essayé de faire croire à tout le monde que ses « relations privilégiées » avec le président français, Jacques Chirac, et le Premier ministre anglais, Tony Blair, allaient faire pencher la balance en notre faveur. En fin de compte, dit-il, « tout n?était que du bluff » et à trop se concentrer sur ces deux-là, il a « oublié » les autres chefs d?État et de gouvernement de l?Union européenne qui auraient pu nous être d?un secours.
De Haïti, le leader de l?opposition, Paul Bérenger, indique que les récentes déclarations de Sithanen montrent « que la partie a été perdue. La manière dont Navin Ramgoolam a traité le dossier a été une catastrophe et du pur amateurisme. »
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