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?L?autonomie est le point principal à l?agenda?

12 mars 2006, 20:00

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● Votre nom était déjà cité avec persistance après le limogeage de Marcel Poinen du poste de président de la Mauritius Society of Authors (MASA) en juillet 2005. Votre nomination est tombée vendredi. Comment l?accueillez-vous ?

Honnêtement, ce n?est pas une surprise car on m?avait demandé mon CV depuis quelque temps déjà. J?ai accepté cette nomination avec l?accord de Marcel Poinen, qui est un ami. Les artistes ont fait appel à moi. Ils m?ont demandé d?accepter ce poste. Ils gardent aussi une grande liberté. Celle de me dire ?lev pake ale?. (Sourire). Bann artist se mo bann kamarad. Nou pou gagn zafer ant ami.

● Quelles sont vos priorités ?

Pour le moment, je ne peux pas dire que je sois pour ou contre l?autonomie de la MASA. Pour la simple et bonne raison que je ne connais pas encore les implications d?une telle décision.

La seule chose que je sache, c?est que les sociétés de droits d?auteur sont autonomes de part le monde. Pour moi, l?autonomie est le point principal à l?agenda car j?ai l?impression que c?est ce que souhaite une majorité d?artistes. Et si cela se confirme, je ferai tout pour aller dans ce sens. Je suis membre de la MASA depuis sa création en 1986 et j?ai été élu membre de son comité Musique lors des dernières élections. J?ai toujours fonctionné ponctuellement à la MASA, c?est-à-dire, que l?on m?appelait pour les réunions et j?y assistais. C?est maintenant que je vais prendre connaissance des divers dossiers.

● Et le piratage ?

La lutte continue. Je compte soutenir le bon travail effectué par l?équipe qui est en place. Je n?ai pas d?objectif précis. Ce sera la continuité.

● Vous avez participé à la cérémonie protocolaire du 12 mars. Expliquez-nous votre démarche.

Je suis le coordinateur d?un numéro de danse et de musique fusion avec Armand Landinaff. Nous avons monté un item d?une quinzaine de minutes, dont le critère principal est d?être accessible au public.

L?élément nouveau s?inscrit dans un souci d?esthétisme. Un seul groupe de musiciens accompagnera tous les groupes, sauf ceux avec des particularités. Je pense notamment au groupe de qawali ou à Evoloziq, qui chantera en play-back.

● Est-ce que vos nouvelles attributions signifient que vous allez mettre votre carrière en veilleuse ?

Je n?ai pas l?impression qu?il y ait lieu de faire cela. Il paraît qu?assumer la présidence de la MASA n?empêche pas de s?impliquer dans d?autres projets. C?est sûr que j?aurais sans doute un peu moins de temps. J?ai un album en préparation.

● Et à quand la sortie ?

Encore une fois, je n?ai pas fixé de date précise. Il faut trouver des sponsors. Je voulais que ce soit pour le 12 mars, mais avec tout ce qui se passe actuellement, je ne crois pas que ce sera possible. Vous savez, j?ai contacté Gérard Louise (Ndlr : directeur de la MASA) pour lui demander des précisions. Gérard Louise m?a fait comprendre que c?est un projet qui date et qu?il n?y a aucun problème à le sortir maintenant. Il n?y a pas de conflits d?intérêts.

Propos recueillis par Aline GROËME

DROITS D?AUTEUR EN FRANCE

Bug légal pour le téléchargement à usage personnel

■ Un sujet divise depuis une semaine l?Assemblée nationale française. Il s?agit de l?article 1 du projet de loi portant sur le Droit d?auteur et droits voisins dans la société de l?information. En clair, cet article présenté par le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres ouvre la voie à la légalisation du téléchargement sur Internet pour usage privé (échanges ?peer-to-peer ? (P2P), c?est-à-dire d?un ordinateur à l?autre et gratuitement), moyennant une redevance prélevée sur les abonnements au Net. Un mécanisme baptisé ?licence globale?. Objectif du projet de loi : rabattre des millions d?adeptes du P2P vers les plate-formes de téléchargement payantes. Parmi les mesures préconisées : la réduction de l?amende. Jusque-là, les contrevenants encouraient théoriquement un maximum de trois ans de prison et 300 000 euros (Rs 11 millions) d?amende pour contrefaçon. Désormais, le téléchargement serait puni d?une contravention de 38 euros (Rs 1 400). Si elle a été mise à disposition, c?est 150 euros (Rs 5 520) d?amende. Pour sa part, toute personne diffusant un logiciel permettant de ?cracker? un CD ou DVD protégé s?exposerait lui à six mois d?emprisonnement et 30 000 euros (Rs 1,1 million) d?amende. Le ?hacker? à l?origine du programme et l?utilisateur risqueraient 3 750 euros (Rs 138 000) et 750 euros (Rs 27 600) respectivement.

Le projet de loi a été accueilli par une levée de boucliers des sociétés d?auteurs-compositeurs et de producteurs. Certaines stars se sont mobilisées contre la ?licence globale?. Jean-Jacques Goldman et Calogero ont participé à des réunions chez le ministre de l?Intérieur Nicolas Sarkozy. On a aussi vu Zazie et Julien Clerc avec le Premier ministre Dominique de Villepin. Mais d?autre part, l?Alliance public-artistes, collectif composé de sociétés d?artistes-interprètes et d?associations de consommateurs s?est réjoui de la proposition de loi. L?affaire remonte en fait au 21 décembre 2005. Contre l?avis du gouvernement, les députés avaient voté en faveur de deux amendements légalisant le téléchargement pour usage privé. Lundi, le gouvernement, par la voix du ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres retirait l?article concerné par ces amendements du projet de loi. Coup de théâtre mercredi. Il apparaît que l?usage du règlement permettant de retirer des ?projets de loi à tout moment jusqu?à leur adoption définitive par le Parlement? présente un risque d?inconstitutionnalité. Vendredi, les députés de la majorité ont rejeté l?article 1. Les débats de poursuivent. Mais la fragilité des industries culturelles face au numérique demeure.

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