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L?attention portée à la campagne de Clinton s?étiole

24 mai 2008, 00:00

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Les marchands de souvenirs installés aux endroits où passe la campagne d?Hillary Clinton ont introduit parmi leurs articles un nouveau badge qui proclame «Chelsea en 2016» et s?orne d?une photo de la fille de l?ancienne First Lady.

Qu?il s?agisse des vendeurs de produits dérivés ou des médias nationaux, l?attention tend à se détourner de la candidature de la sénatrice de New York, l?ex-favorite de la course à l?investiture démocrate faisant face à une tâche que la plupart jugent désormais insurmontable.

Celui qui attire les projecteurs, son adversaire Barack Obama, se concentre quant à lui sur John McCain, le candidat républicain à l?élection présidentielle du 4 novembre.

Lourdes dettes

Obama et McCain commencent à se mesurer : ils se sont opposés cette semaine sur le point de savoir si Washington devait ou non dialoguer avec les dirigeants de pays qui lui sont hostiles. Et pendant ce temps, les efforts de Clinton pour recueillir en Floride des suffrages exprimés il y a plusieurs mois mais invalidés ensuite, font figure d?attraction secondaire.

Les journaux américains ont consacré leurs premières pages à la victoire remportée récemment par Obama dans l?Oregon, qui lui assure d?obtenir la majorité des délégués «simples» ou «élus».

La victoire simultanée de Clinton au Kentucky, qui ne réduit guère son retard sur Obama, occupe beaucoup moins d?espace. «La candidature déclinante de la sénatrice Hillary Rodham Clinton a presque disparu des écrans de télévision», commente le New York Times.

Même les appels adressés à Clinton pour qu?elle jette l?éponge se font moins pressants, soit parce qu?elle semble de moins en moins pouvoir gêner Obama, soit parce qu?elle n?en a tenu aucun compte. Malgré ses lourdes dettes de campagne, elle compte rester en lice jusqu?aux dernières primaires du 3 juin.

Hillary Clinton poursuit en Floride pour tenter de récupérer le bénéfice des primaires qu?elle y a remportées mais dont les résultats ont été invalidés ? de même qu?au Michigan ? par la direction de son parti. Celle-ci a fait valoir que les scrutins avaient eu lieu plus tôt que ne l?autorisait le règlement démocrate.

Clinton, qui avait gagné les deux scrutins, affirme qu?elle repasserait devant Obama si un recomptage avait lieu dans les deux Etats. En réalité, si elle parvient à récupérer leurs délégués, son retard sur Obama en serait réduit, mais pas compensé. Elle compte par dessus tout sur le ralliement de super-délégués qui sont libres de voter comme bon leur semble.

«A la casse»

Mais la plupart de ceux qui ne font pas partie de la campagne de Clinton estiment qu?Obama dispose d?un avantage mathématique à peu près insurmontable pour ce qui est du nombre de délégués acquis. Plus d?un observateur politique a de ce fait déjà mis la sénatrice-candidate «à la casse».

«La course à l?investiture démocrate ? si ?course? est encore le mot juste ? ressemble maintenant à un problème de physique quantique : combien de temps un corps peut-il se maintenir dans un état frisant l?immobilité sans cesser d?être ?», écrit Jon Dickerson sur le site politique Slate.

Pour des partisans comme Nora Blake, retraitée de 85 ans qui a écouté un discours de Clinton à Sunrise (Floride), c?est aux médias et au Parti démocrate lui-même qu?il y a lieu d?imputer une attitude injuste envers la sénatrice : «Je ne comprends pas pourquoi ils sont aussi anti-Hillary. Le Parti démocrate la rejette, le Comité national démocrate la rejette. J?estime qu?on devrait tous les jeter.»

L?équipe de campagne de Clinton a tenté de ranimer l?intérêt d?un groupe de journalistes épuisés pour sa campagne en Floride.

«Je ne perçois pas d?enthousiasme», a déclaré un membre de son équipe tandis que l?avion de la candidate se posait à Palm Beach et qu?un de ses collègues se livrait à un exposé bien peaufiné de la stratégie de campagne de Clinton.

«Vous avez entendu ça ?», a lancé un autre membre de l?équipe à un reporter. «Un petit peu», a répondu ce dernier.

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