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L?assurance automobile, le créneau à la traîne

17 février 2004, 20:00

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Les difficultés rencontrées par Ceylincostella, telles que le démontre son rapport d?audit de 2002, sont-elles symptomatiques de la santé financière des compagnies opérant dans le low-end du marché des assurances ? Le bilan financier de 2002 fait en effet état de pertes cumulées s?élevant à Rs 63,8 millions. Mais la direction de Ceylincostella affirme que la compagnie était de nouveau sur la voie des bénéfices en 2003.

?Nous avons pris la barre de la société vers le mois d?octobre 2002, soit deux mois avant que l?auditeur ne boucle son travail. Nous ne pouvons pas faire des miracles en si peu de temps. Je peux néanmoins vous donner la garantie que la situation de 2002 dont fait état le rapport de l?audit est chose du passé?, explique le Chief Executive Officer (CEO) de la compagnie, Duminda Bandara.

L?intensité de la concurrence pousse certains assureurs à se livrer à des pratiques qui contribuent à fragiliser leur solidité financière. L?industrie compte 19 prestataires dont onze offrent à la fois l?assurance vie et des produits nonlife. La compétition s?est accentuée au fil des années et le marché, déjà restreint, a vu l?arrivée de cinq nouveaux participants durant la dernière décennie. Il y a eu également eu quelques départs : Leadway, Secura, Sparrow et Prime Insurance sont ceux qui ont dû cesser leurs activités.

<B>Marché oligopole</B>

La structure du marché est la source de plusieurs failles structurelles de l?industrie. La Banque mondiale avait, dans un récent audit du secteur des assurances, constaté que, malgré la présence de plusieurs compagnies, l?industrie reste un marché oligopole.

?Il y a trop d?opérateurs pour un marché comme le nôtre. Cela incite certains assureurs à pratiquer des prix ridiculement bas?, commente Abdel Ruhoomutally, Deputy Managing Director de GFA Insurance Ltd.

Cette guerre sans merci se pratique surtout au niveau de l?assurance automobile, la seule couverture qui soit obligatoire selon la loi (le Road Trafic Act). Les sociétés d?assurances de taille inférieure se concentrent essentiellement sur la vente de polices d?assurance automobile pour pouvoir survivre.

<B>Vente agressive</B>

Pour se faire une place dans les autres créneaux il faut batailler dur contre les grosses compagnies qui, elles, sont très présentes dans des segments tels que l?assurance vie ou les autres catégories de l?assurance générale. Plusieurs de ces puissants opérateurs font partie de conglomérats et ont ainsi accès à un marché captif pour les prestations non obligatoires principalement. ?80 % du marché des produits d?assurance sont détenus par les cinq plus importantes firmes. Une vingtaine d?opérateurs se battent pour les 20 % restant?, constate Abdel Ruhoomutally.

L?assurance automobile est la seule voie qui puisse assurer un business stable à ceux qui ne font pas partie des grands. D?ailleurs, le marché pour l?assurance automobile est bien moins concentré que les autres classes de business. A titre indicatif, les quatre plus grosses sociétés ont encaissé 43 % de la totalité des motor premiums en 2001. Les sept plus petites compagnies se partagent 15 % des primes, contre 6 % à peine des revenus que leurs rapportent les autres types d?assurances.

Si les consommateurs peuvent se réjouir des effets de la concurrence, il n?empêche des polices achetées à moins cher n?équivalent pas nécessairement à une meilleure garantie. Les stratégies de vente agressive que les assureurs les plus fragiles sont souvent obligés d?utiliser risquent d?aggraver davantage leur vulnérabilité.

En effet, plus une société vend de polices (surtout s?il s?agit d?une clientèle à risque), plus elle doit débourser pour honorer ses engagements auprès des clients. Elle prend de ce fait davantage de risques tout en acceptant moins de revenus. Cette voie dangereuse a mené plusieurs compagnies d?assurances à la banqueroute. D?autres opérateurs risquent de connaître le même sort.

Les compagnies qui ont des problèmes de liquidités retardent délibérément le paiement des indemnités aux clients. Il faut reconnaître aussi que le consommateur est toujours le plus grand perdant si son assureur met la clé sous le paillasson.

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