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L?Association c?ur pour tous à la rescousse des enfants

28 mars 2005, 00:00

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Le c?ur a ses raisons que la raison ne connaît pas. L?adage colle malheureusement trop bien aux enfants souffrant de maladies cardiaques. En effet, si le taux élevé de ces dernières dans la population adulte peut s?expliquer par un bon nombre de facteurs de risque ? manque d?exercice et régime alimentaire inapproprié ? les malformations congénitales et les pathologies valvulaires qui frappent les petits sont difficiles à expliquer.

C?est d?autant plus inquiétant que plus de 30 000 enfants dans la région de l?océan Indien en seraient victimes. Une lueur d?espoir existe toutefois avec l?Association c?ur pour tous (ACPT) qui a pour président le Dr Afksendiyos Kalangos.

Si l?ACPT est active dans une dizaine de pays au monde, le Dr Kalangos qualifie Maurice de ?bel exemple?. Le président de l?ACPT est bien placé pour en parler. En effet, ce chirurgien cardiaque pédiatrique est actuellement à sa huitième mission à Maurice où il a déjà opéré 87 enfants. Inopérables ici, chaque cas aurait coûté près de Rs 200 000 à l?étranger.

De plus le Dr Kalangos souhaite contribuer à mettre sur pied ?un centre d?excellence? chez nous qui puisse ?prendre en charge tous les enfants de l?océan Indien?. Le

Dr Gunness forme déjà le personnel du Cardiac Centre de l?hôpital SSR à Pamplemousses et certains équipements sont à la disposition du centre. Un deuxième centre devrait être érigé bientôt. Un accord de partenariat a été signé, à cet effet, entre Maurice et Genève.

?Les objectifs de la première étape, c?est-à-dire la création d?un centre d?excellence pour Maurice et l?océan Indien sont presque atteints?, explique le Dr Kalangos, ?et la prochaine étape, soit l?ouverture régionale, est en cours.? Des contacts préliminaires ont en ce sens été établis avec Madagascar, les Comores et les Seychelles.

En bonne voie

Le chemin sera long, ajoute-t-il. Sa récente visite aux Comores avec le Dr Gunness a permis l?arrivée de trois enfants comoriens à Pamplemousses pour être opérés, grâce à leur prise en charge par le Rotary Club de Phoenix. Il espère aussi démarrer un centre de dépistage de maladies cardiaques aux Comores.

Les contributions, tant matérielles que pédagogiques du Dr Kalangos, ainsi que ?le savoir-faire mauricien? indiquent que Maurice est en bonne voie de devenir un centre international de chirurgie cardiaque. L?initiative comporte aussi l?avantage de renforcer ?la coopération régionale?.

QUESTIONS AU DR AFKSENDIYOS KALANGOS

?Maurice a de la compétence?

● Parlez-nous de votre association.

? J?ai fondé l?Association c?ur pour tous en 1998 afin de promouvoir la cardiologie et la chirurgie cardiaque dans les pays en développement. Nous formons le personnel des hôpitaux, nous créons des lieux d?intervention et nous partons en mission dans une dizaine de pays.

● Pourquoi avez-vous choisi Maurice ?

? A Genève, j?ai fait la connaissance de Jaynarain Meetoo, l?ambassadeur mauricien aux Nations unies, et tout est parti de là. J?en profite pour lui rendre hommage car sans sa collaboration, nous n?aurions rien pu faire.

● De quelles maladies cardiaques souffrent les enfants mauriciens ?

? Ces enfants ont des malformations congénitales dès la naissance. En plus rares, il y a aussi les pathologies valvulaires. Pour une population d?un peu plus d?un million, il y a environ 1 000 enfants qui doivent être opérés. C?est un nombre assez élevé.

● Quelles en sont les raisons ?

? A vrai dire, nous n?en savons rien. On évoque des origines métaboliques et parfois virales mais on ne connaît pas la cause de ces malformations.

● Peuvent-elles être traitées ?

? Dans des pays développés, il y a des échographies f?tales qui se font dans le ventre de la mère pour détecter les malformations. Certaines familles choisissent ensuite d?interrompre la grossesse. Il y a des pathologies qui sont traitables mais cela doit être fait tout de suite après la naissance.

● Et l?avenir de la cardiologie à Maurice ?

? Il s?annonce très bien. Le Dr Reebye, cardiologue, a été formé, et le Dr Gunness fait un excellent travail. Il s?agit maintenant de transférer ce savoir-faire à d?autres pays de la région, qui comptent une population d?environ 17 millions dont 30 000 à 40 000 souffrent de maladies cardiaques. Le but est de faire de Maurice un leading centre qui partagera son savoir-faire et qui formera des médecins de la région. C?est dans l?esprit du développement durable. J?en appelle à la collaboration et à l?enseignement collatéraux.

● Quels sont les atouts de Maurice dans ce domaine ?

? Les autorités soutiennent le projet. Cela facilite déjà son avancement. Et puis il y a la motivation, le sérieux, la sensibilité et la compétence des équipes locales.

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